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La créativité de la classe de madame Maïa (secondaire 4)

Une flore aux multiples effets

 

Par Alex Boudreault, Aurélie Boudreault et Maxime Pelletier

Dans la nature, certaines plantes peuvent être aussi nocives que bienveillantes d’une espèce à l’autre. C’est le cas par exemple de l’Asclépiade incarnate, une fleur mauve pâle poussant dans les milieux humides. Celle-ci peut être retrouvée dans toutes les régions du Québec.

Tout d’abord, cette plante indigène attire les papillons et plus spécialement les monarques, puisque la chenille de celle-ci se nourrit exclusivement de feuilles d’asclépiades. Mais, cette plante peut aussi avoir des aspects négatifs, parfois, certaines vaches peuvent avorter après en avoir brouté en grande quantité telle que cela a déjà été vécu sur la Ferme d’élevage de Mme Maïa.

De plus, cette plante servait à l’époque, de vermifuge en infusion aux Premières Nations. Nous pouvons aussi en manger, une fois cuits, les jeunes pousses, les jeunes feuilles, les boutons floraux et les jeunes fruits. Mais attention, ces fleurs en général contiennent une molécule, un glucoside, qui est toxique à forte dose. Il faut donc en consommer avec précaution.

Pour conclure, il faut retenir que certaines plantes peuvent être parfois utiles et à la fois néfastes. On doit donc être prudent avec la flore qui nous entoure, mais ne pas pour autant s’empêcher de profiter de sa beauté et de ses bienfaits.

Le pouvoir des racines

Par Alicia Lavoie, Nathan Tremblay et Rosalie Boudreault

Dans notre enfance, j’ai le souvenir que nous avions récolté avec l’école de petites racines orange. C’était en fait de la savoyane. La savoyane est une plante aux racines médicinales. Elle croît en milieux humides, dans les forêts, on la retrouve principalement en Amérique du Nord. Les pousses de savoyane laissent percevoir à la surface trois petites feuilles à l’allure semblable à celles d’un fraisier. Masquées sous la terre et la mousse, ses racines ont l’apparence de petits fils jaunes/orangés. Ses rhizomes sont utilisés comme antiseptique, antibactérien, antifongique. Ceux-ci sont aussi bons contre les infections staphylocoques, streptocoques, les maux de tête et les pneumonies. Ces derniers ont un effet de guérison pour la grande majorité des infections en général. Les racines de savoyane sont également une excellente alternative pour atténuer les plaies buccales telles que les ulcères, abcès, aphtes ainsi que la gingivite. Les racines permettent une nombreuse diversité de bienfaits sur la santé. Vous pouvez bénéficier de cette plante, peu importe votre âge, on peut donc en cueillir, mais attention avec modération, car cette plante est longue à pousser.

La cueillette sauvage

Depuis quelques temps, une nouvelle passion m’anime. Depuis je vois les plantes, les arbres et les fleurs sauvages comme une vraie richesse. Il faut dire que les plantes sont à la base de tout ce qui nous entoure, autant les vêtements, la nourriture, les médicaments et même nos habitations. Elles nous ont permis jadis de nous abriter, de nous réchauffer, de nous nourrir, de nous guérir, de purifier l’eau ou encore de fabriquer des outils. On s’en rend moins compte de nos jours, mais lorsqu’on peaufine nos connaissances sur le sujet de la flore qui parsème le magnifique territoire québécois, on constate rapidement tous ses bienfaits et sa nécessité.

Lorsqu’on en prend conscience, on devient littéralement accro à la nature et à tout ce qu’elle a à nous offrir. C’est comme entrer dans un univers vraiment particulier où la forêt n’apparait plus de la même façon. Pour ma part, je la vois désormais comme un refuge et un champ d’étude qui ne cessera jamais de m’émerveiller.

J’ai décidé d’intégrer les plantes à mon quotidien tout d’abord en me préparant des infusions d’herbes. J’ai vite pris goût à ce moment de réconfort et j’ai eu envie de cueillir mes propres plantes.

Mais pour devenir cueilleur, il faut être assez expérimenté et surtout bien renseigné pour pouvoir identifier la plante en question correctement car quoique plusieurs soient comestibles, certaines plantes demeurent toxiques et peuvent rendre malade. C’est pour cette raison que la première étape pour devenir un bon cueilleur, c’est d’être en mesure d’identifier, sans l’ombre d’un doute, la plante cueillie. La vigilance est de mise, de bonnes recherches nécessaires, de bons livres d’identification et même, pourquoi pas prendre une formation sur le terrain avec un expert en la matière ! Quelle belle expérience!

Vous apprendrez quelques notions de base pour devenir un cueilleur respectueux de la nature. Préserver la nature pour pouvoir en bénéficier très longtemps, d’une façon durable. Il faudra alors éviter de cueillir les espèces rares ou ayant un statut précaire. Également prioriser les milieux où la plante pousse en abondance et éviter de prendre toute la talle.

Ce n’est pas parce que la nature nous offre tout en abondance que nous devons la surexploiter, bien au contraire. Si l’on veut préserver la nature et cette abondance qui nous entoure, il faut savoir reconnaitre nos réels besoins.

Il est important également de choisir un lieu sain pour effectuer sa cueillette. Par exemple, il est préférable de ne pas cueillir le pissenlit sur son terrain, s’il est situé sur le bord de la route, à côté d’un chemin de fer ou encore près de lignes électriques. De plus, ne jamais aller cueillir sur des terrains privés sans autorisation.

Soyez toujours prudents lors de vos récoltes, si vous partez en forêt, informez toujours quelqu’un de vos déplacements et préparez bien votre sortie. Renseignez-vous non seulement sur la flore, mais aussi sur tout ce qui compose l’environnement que vous visitez en incluant les animaux que vous pouvez croiser, ainsi vous allez augmenter vos connaissances et votre vigilance.

Apportez toujours sur vous :

  • De la corde pour attacher des branches en paquet
  • Des collations
  • Des sacs refermables pour les petites récoltes
  • Un cahier de notes et crayon
  • Un bon sac à dos
  • Un guide d’identification pour les plantes
  • Un panier pour les grosses récoltes
  • Un couteau de poche
  • Un sécateur
  • Une gourde d’eau
  • Une petite pelle pliante (pour les racines)

Lorsque la cueillette est terminée, il faut penser à transformer la récolte. Il faut donc savoir comment la conserver, soit par séchage, congélation ou macération.

Voici quelques références/ livres d’informations à consulter afin de vous aider dans vos apprentissages sur les plantes :

  • Cueillir la forêt, par Ariane Paré-Le Gal et Gérald Le Gal
  • Les plantes sauvages du Québec, par Geneviève Lavoie
  • Secret de plantes, secret de plantes 2, secret de plantes 3 par Fabien Girard
  • Plantes médicinales indigènes du Québec et du sud-est du Canada, par Anny Schneider
  • Usages autochtones des plantes médicinales du Québec, par Isabelle Kun-Nipiu Falardeau
  • Plantes sauvages de la forêt boréale, par Roger Larivière

Le Village Vacances Petit-Saguenay ouvert à tous !

PUBLIREPORTAGE

Redécouvrez la beauté de vos paysages !

Depuis 1986, le Village Vacances Petit-Saguenay propose une panoplie d’activités estivales à la population du Bas-Saguenay !

Que ce soit pour aller s’exercer sur la nouvelle piste d’hébertisme, dont une spéciale 0-5 ans, plonger dans la piscine et profiter de son coin lounge, faire une randonnée qui surplombe le fjord ou déguster un déjeuner avant d’aller relaxer sur la plage, le Village Vacances Petit-Saguenay est un lieu de ressourcement à la portée de toutes et tous.

 

  • Éthel Danis de retour comme chef des cuisines
  • Déjeuner et souper 7 jours sur 7 du 25 juin au 18 août. Pour les groupes, réservez au 418-272-3193.
  • Pub Refuge ouvert tous les soirs
  • Piscine
  • Piste d’hébertisme pour tous les âges
  • Sentiers de randonnée
  • Une immense plage le long du fjord

Surveillez notre page Facebook pour suivre la programmation d’événement organisé durant l’été. Festi-Bouffe le 10 septembre

Village Vacances Petit-Saguenay – 99 chemin St-Étienne – Petit-Saguenay – VIVA

Des tisanes de flore qui tissent des liens

L’équipe du Saint-Fût lors du Festival de la bière Frette 2023 (de haut en bas et de gauche vers la droite) : Philippe Cournoyer-Farley, Mélissa Gauvreau, Charles Tremblay, Jimmy Houde (directeur-général de la municipalité), Maude Deschênes, Alex Tremblay et Catherine Cantin.

Pour cette édition estivale mettant à l’honneur la flore locale, il m’est rapidement venu en tête de mettre la table pour une entrevue avec les nombreuses personnes de Saint-Fulgence qui font de leur métier l’art de travailler avec la flore : arboriculteurs et apicultrices auraient pu être en tête d’affiche.

J’ai cependant décidé d’arrêter mon choix sur l’équipe qui brasse des « grosses tisanes » de flore et de houblon, selon leurs dires. Ce printemps, la microbrasserie coopérative du Saint-Fût a gagné le prix pour l’Effort d’achat en produits locaux au Gala des Grands Prix Agroalimentaire 2023. Pour souligner cet effort et pour en apprendre plus sur cette entreprise bien présente dans notre vie collective, je me suis entretenu avec Mélissa Gauvreau, la directrice de la microbrasserie.

Mélissa est une entrepreneuse motivée, disponible, humaine et inspirante. Elle me tire une bûche au milieu de sa journée de travail, dans la boutique du Saint-Fût, pour que je lui pose mes questions !

De prime abord, à jeter un œil sur les bières à l’étalage, on voit bien que les produits de la flore locale sont à l’honneur : le sarrasin dans l’Effeuillée, le sirop d’érable dans la Pic du Grand Corbeau, le thé du Labrador, le mélèze, l’épinette et l’aulne dans la Forestière, la framboise et le mélilot dans l’Alternative… D’où vient cette recherche de bières brassées à partir de produits locaux? Mélissa m’explique : « Avant même la naissance du Saint-Fût, c’était déjà le principe cardinal que nous avions en tête. Nous avons testé beaucoup de bières en brassin maison (en petite quantité à la maison) avant d’arriver avec la gamme que nous connaissons aujourd’hui. Mais notre but a toujours été de travailler avec la flore locale. Par exemple, nous connaissions l’herboriste de l’entreprise Herboréal et nous voulions travailler avec elle pour concevoir nos bières selon les plantes et arbres que son équipe récolte lors de la cueillette sauvage. Nous voulions aussi travailler avec le réseau d’agriculteurs dans les alentours ».

La forestière, la Fleur du Nord et l’Idoine, trois bières caractéristiques du Saint-Fût.

Selon Mélissa, l’équipe du Saint-Fût aime travailler avec Herboréal parce que cette entreprise a sa propre équipe de cueilleurs, qui travaille dans une ambiance humaine, respectueuse et authentique. Au début de chaque année, le Saint-Fût informe Herboréal des bières et des quantités de chaque sorte qui seront brassées. Le poids de chaque assaisonnement est calculé en planifiant ce brassage. Les cueilleurs cueillent – selon les saisons – en conséquence de ces bières, en plus d’offrir une multitude de conseils aux brasseurs pour la conservation et l’utilisation du thé du Labrador, du tilleul, du sumac vinaigrier… L’expertise circule donc dans les deux sens, les cueilleurs et les brasseurs mettent l’épaule à la roue pour que nous puissions déguster les doux dérivés de la flore.

Nous quittons notre chaise et nous rendons dans la salle de brassage. Alex est occupé à brasser une IPA et nous le dérangeons momentanément dans son minutieux travail. Pour bien comprendre où et comment intervient la flore locale dans la bière, il faut savoir que chaque brassin transite par trois étapes importantes : l’empâtage, l’ébullition et la fermentation. Lors de l’empâtage, le malt et les céréales concassées vont tremper dans l’eau chaude. C’est ce processus qui leur permettra de libérer leurs enzymes et leurs sucres. Ce « gruau », comme le dit Mélissa, va donner la couleur, la teneur en alcool et le goût soit sucré ou sec de la bière. Lors de l’ébullition, le moût issu de l’empâtage sera porté à bouillir et c’est ici que l’on ajoute la plupart des herbes et épines locales. C’est pourquoi nous pouvons littéralement dire que les bières sont des « tisanes » de houblon et d’herbes locales. C’est comme à la maison, les herbes bouillent dans l’eau chaude (ou le moût bouillant). Seules des plantes plus fragiles comme le basilic sont mises à froid dans la bière. Enfin, après une durée secrète d’ébullition, le précieux liquide est mis à fermenter pour que la levure transforme les sucres en alcool. Alex nous dit que la durée peut varier selon chaque cuvée, puisqu’il s’agit d’un travail avec du vivant. Sympathique visite !

Nous retournons dans la boutique pour que mon interrogatoire se poursuive. Cette fois nous tournons autour des questions fondamentales, profondes. Pourquoi faire cela? La flore, n’est-ce qu’une affaire de mode? Bien sûr que non! La réponse est simple « mettre en valeur les gens et leur travail avec le territoire, cela fait partie de nous depuis la première réunion d’idéation » ! Pour Mélissa et son équipe, il convient non seulement de faire vivre et de faire connaitre les acteurs et les produits du territoire, mais aussi « de devenir un acteur important de ce territoire ». Se servir de la flore locale est aussi une manière de tisser des liens humains et de « profiter de l’expertise de chaque personne ». Le plus inestimable de leur travail est de pouvoir échanger des sourires et des connaissances lors des moments de rencontre.

Leurs convictions vont si loin qu’une année de mauvaise récolte de framboises dans la région, l’équipe a décidé de brasser une autre recette que celle de la bière aux framboises, plutôt que de trouver le petit fruit venu d’ailleurs. Pas étonnant que le Saint-Fût ait gagné le prix pour l’effort d’achat en produits locaux !

Alors lors de votre prochaine virée à Saint-Fulgence, passez voir les artisans-brasseurs du Saint-Fût. Il leur fera plaisir de vous expliquer comment la flore passe de la forêt à vos papilles. Santé et merci pour la visite de microbrasserie !

Le havre aux ramilles, un lieu communautaire et nourricier

Les ramilles sont les plus petites et dernières divisions d’un rameau ou d’une branche. Quand la ramille se sépare en deux, cela devient deux ramilles. Ce sont les individus indivisibles à la base de la communauté que représente l’arbre. Elles réfèrent aux connections entre les gens, ces branches d’une société où tout le monde fait partie du même arbre. Elles représentent la jeunesse qui émerge et un point de convergence qui s’étire vers les dernières phases du cycle.

Situé au cœur du village de Saint-Félix d’Otis, le Havre aux ramilles dynamisera la rue principale de la municipalité avec ses aménagements floraux et ses œuvres artistiques. De plus, l’endroit offrira un accès au lac Otis pour les promeneurs tout en préservant le passage des motoneigistes en hiver.

En 2022, le comité de développement de Saint-Félix-d ‘Otis se rencontre pour étaler les projets à mettre de l’avant pour les prochaines années, dont l’aménagement de ce terrain. Les membres du comité bénévole y voient l’opportunité de créer un îlot de fraîcheur, de verdure et de mouvement social au sein du paysage otissien. Pour mener à bien le projet, le comité crée un partenariat avec EURÊKO!, un organisme régional voué à l’action, la gestion et la protection environnementale.

À quoi s’attendre …

Avec sa panoplie de plantes comestibles, arbustes et arbres fruitiers, ce havre sera l’occasion pour les grands comme les petits de découvrir la diversité des végétaux nourriciers faisant partie de la flore indigène du Québec. Ce lieu deviendra avant tout un endroit de repos ombragé et fleuri pour égayer les promenades des résidents et des visiteurs curieux. De plus, l’endroit sera propice aux activités sociales à visées éducatives, familiales et artistiques.

La créativité est au rendez-vous !

Des démarches sont en cours pour qu’un atelier d’art puisse donner naissance à la peinture collective d’une grande murale au thème de la nature. Il sera également permis d’identifier les végétaux vivants à travers cet espace, en utilisant des matériaux naturels comme des roches, des rondelles de bois, de la peinture de lait et du vernis naturel. Ces identifications à la fois naturelles et humaines s’harmoniseront bien à la flore. Cela permettra d’un côté de mettre davantage de vie dans ce lieu de verdure, tout en créant une coupure avec la technologie quotidienne le temps d’une promenade santé.

Depuis les débuts de la démarche, l’esthétique naturelle et organique du parc est un élément considéré comme très important. La philosophie du projet propose que les techniques d’architectures traditionnelles soient privilégiées si des petits bâtiments viennent à être construits dans les prochaines étapes du projet. Par exemple, on pourrait voir apparaître du bois rond et des assemblages à tenon-mortaise, afin de mettre en relation le retour à la nature avec un retour au cœur des racines culturelles.

Vous avez envie d’en savoir plus ou encore mieux, de vous impliquer dans les journées de plantation ou dans les autres besoins en bénévolat du projet ? Faites-nous en part sur le groupe Facebook du Havre aux ramilles, ou suivez-nous sur la page Facebook du comité de développement de Saint-Félix-d’Otis.

Projet majeur de développement de villégiature à Petit-Saguenay 

La municipalité veut minimiser les impacts environnementaux du projet

Le 19 avril dernier, la municipalité de Petit-Saguenay annonçait le lancement d’un projet de développement de villégiature nature à l’Anse au cheval, en surplomb du Saguenay. Le projet, qui est piloté par Solifor Charlevoix-Saguenay, propose 80 terrains, ce qui en fait le plus gros projet de développement domiciliaire de l’histoire de la municipalité.

Le projet se veut innovant à plusieurs égards et notamment au niveau environnemental. Les règlements d’urbanisme prévoient que les nouvelles constructions devront toutes être certifiées LEED, une norme internationale réputée qui garantit l’efficacité énergétique des bâtiments, la préservation de l’eau, une gestion efficace des matériaux de construction et l’approvisionnement local. De plus, une superficie maximale de 1 200 pieds carrés est imposée pour le bâtiment principal, afin de réduire l’occupation au sol des bâtiments et favoriser la construction d’immeubles compacts et efficaces au niveau énergétique.

Des règles sont également prévues pour protéger les écosystèmes locaux. Le déboisement est strictement encadré et des bandes boisées de 10 mètres doivent être préservées sur 80% de la périphérie des terrains. La flore locale doit également être conservée. Conséquemment, l’engazonnement est interdit et seules les plantes indigènes peuvent être implantées pour renaturaliser les espaces affectés par la construction. Finalement, sur le lot d’une superficie totale de 224 hectares où se fera le lotissement, plus de la moitié sera convertie en aire de conservation et préservée à perpétuité du développement.

L’attrait principal du projet est évidemment sa variété de vues panoramiques sur les montagnes, les vallées et le Saguenay. Il est donc attendu que les futurs propriétaires aménageront des percées visuelles pour profiter des paysages. Afin de réduire l’impact visuel du développement à partir de la Baie-Sainte-Marguerite qui est située sur l’autre rive du Saguenay, les règles d’intégration architecturale prévoient que les revêtements extérieurs doivent arborer des couleurs naturelles qui ne réfléchissent pas la lumière. L’éclairage architectural, c’est-à-dire l’éclairage des bâtiments eux-mêmes, est pour sa part proscrit pour éviter la pollution lumineuse.

Afin de soutenir la construction écologique, Solifor Charlevoix-Saguenay offre un accompagnement complet aux futurs propriétaires avec l’organisme Écohabitation pour la planification de la construction de leur habitation LEED. La municipalité, pour sa part, propose des incitatifs financiers équivalents à 3 ans et quart de taxes foncières dans le cadre de son programme d’aide financière pour la construction écologique.

Les terrains proposés ont une superficie moyenne de 100 000 pieds carrés et se détaillent à partir de 45 000 $. Les constructions doivent être autonomes au niveau de l’approvisionnement en eau potable et du traitement des eaux usées. Le réseau électrique sera déployé sur place et le déneigement sera assuré à partir du moment où un certain nombre de résidences auront été construites. Il est déjà possible de réserver un terrain en se rendant au anseaucheval.ca.

Aux Fleurs Ensorcelées, de Saint-Fulgence à Saint-Félix-d’Otis

Fanny Hallot et Marie-Pier Poulin, les deux cofondatrices d’Aux Fleurs Ensorcelées

Je tape le mot “floriculture” sur mon ordinateur et le correcteur automatique le souligne avec des petites vaguelettes bleues. Il ne le connaît pas. Il me propose de le remplacer par “agriculture”. Pourtant, la floriculture est une branche de l’agriculture qui existe bel et bien. Elle connaît même un nouveau-né au Bas-Saguenay : Aux Fleurs Ensorcelées, une ferme florale qui devrait s’implanter sur les terres des Paysans du Fjord à Saint-Félix-d’Otis dès l’année prochaine.

Marie-Pier Poulin et Fanny Hallot, les deux cofondatrices d’Aux Fleurs Ensorcelées, m’ont donné rendez-vous à la ferme La Bricole à Saint-Fulgence. Une petite parcelle, gentiment prêtée par Antoine, le propriétaire, est leur terrain de jeu pour cette première année test de leur entreprise. À mon arrivée, les trois soleils de Saint-Fulgence sont au rendez-vous, le ciel est bleu et le vent m’accueille avec ardeur. Marie-Pier avec son ventre tout rond et Fanny avec sa belle casquette verte de La Bricole sont là, à laver des tulipes à demi fermées à l’abri d’une belle bâtisse en bois.

Une graine a germé à leur rencontre

Marie-Pier est née sur une ferme laitière à La Baie. Elle cherche sa voie pendant longtemps, et réalise une technique en diététique, ainsi qu’un bac en littérature. Fanny, de son côté, étudie dix ans en biologie dont cinq ans de recherche fondamentale, en parallèle de contrats artistiques.

Durant la pandémie, les deux jeunes femmes se rencontrent chez Réflex Paysage à Chicoutimi, où elles passeront leur été à désherber, planter et tailler. Prendre soin des plantes (re)devient une passion pour les deux nouvelles amies. Puis, elles réalisent un cours en maraîchage biologique à Victoriaville. Un stage s’ensuit à la ferme OLAC à Jonquière pour Marie-Pier et à la ferme La Bricole à Saint-Fulgence pour Fanny.

« Ok, on fait de l’agriculture, mais on fait quoi maintenant ? », se demandent-elles. Le marché étant plutôt saturé dans la région, les deux jeunes femmes ne souhaitaient pas s’embarquer dans le maraîchage. Elles cherchaient quelque chose de différent, de plus émotif et moins rationnel à leurs yeux. Lorsque Fanny propose à Marie-Pier de créer une ferme florale, c’est l’éclosion !

Le mouvement des slow flower

Fanny et Marie-Pier souhaitent développer une ferme de fleurs locale et écologique, centrée sur la communauté et les saisons. Cette volonté s’inspire du mouvement des slow flower, créé en 2013 par Debra Prinzing aux États-Unis. Le but de ce mouvement est de « prendre le temps de faire pousser des fleurs comme elles devraient pousser », m’explique Fanny. Ce mouvement est né d’un constat négatif pour l’environnement : l’industrie floricole mondiale est méconnue et pourtant très polluante.

Les fleurs et plantes qui ornent nos intérieurs viennent principalement d’Afrique de l’est, d’Hollande et d’Amérique latine. Leur culture, nocive pour la santé des sols, des travailleurs et des consommateurs, n’est pas réglementée puisque ce ne sont pas des produits comestibles. Leur traçage est souvent difficile. De plus, les normes esthétiques pour les fleurs en bouquets sont très strictes, il y a donc beaucoup de pertes.

Au travers de ce projet de vie, les deux amies espèrent poursuivre la relation que les femmes ont toujours eue aux plantes. D’où leur nom de Fleurs Ensorcelées, en hommage aux sorcières, reconnues comme les premières éco féministes. Elles souhaitent faire transparaître l’aspect poétique et magique des fleurs dans leur métier d’agricultrices.

2023, une première saison test

Pour cette année, Fanny et Marie-Pier ne sont pas encore en « vraie production », comme elles disent. Pour Marie-Pier, « le gros projet de cette année c’est mon bébé, donc des fleurs coupées c’est ben suffisant », me dit-elle en ricanant. Elles en profitent pour faire des expérimentations et obtenir des données agro-économiques. En effet, la littérature sur la floriculture n’est pas encore florissante au Québec. Le premier ouvrage et guide pour un projet de ferme florale adapté à notre climat nordique, écrit par Chloé Roy, est paru le 9 mai dernier.

Cette saison, elles vont planter une cinquantaine de variétés de fleurs. Tout ce beau petit monde est actuellement en train de germer dans l’atelier de Fanny, transformé en chambre à semis : achillées, mufliers, cosmos, tagètes, dahlias, pensées, nicotines, tournesols, coréopsis, pavots, centaurées, et bien plus encore. « Avec ça, on va récolter quelques fleurs sauvages, ce qui va remplir le creux entre la fête des mères et la floraison des fleurs en champs », complète Fanny.

Elles proposent des abonnements de bouquets, basés sur le même principe que des paniers de légumes. Elles offrent cinq bouquets, de mi-juillet à mi-septembre. Leurs points de chute sont à la ferme La Bricole et dans le centre-ville de Chicoutimi, avec des possibilités de livraison à la Baie. « Beaucoup de clientes ont offert un abonnement à la fête des mères », m’explique Fanny. Plutôt qu’un bouquet, ces chanceuses vont donc en avoir cinq durant l’été. « Les fleurs ce n’est pas comme les légumes, les gens mettent plus de temps à s’abonner car ce n’est pas vital, c’est un achat émotif ! », ajoute-t-elle.

Évolutions pour les prochaines années

À long terme, l’idée est de vendre des bouquets, des fleurs à l’unité et des compositions sur-mesure pour des évènements. Les fleurs seront fraîches ou séchées, d’ornement ou comestibles. En effet, Marie-Pier a poussé un peu plus loin en apportant l’aspect nutritif et thérapeutique à leur projet. « C’est peu connu, mais il existe une panoplie de saveurs qu’on peut aller chercher avec les fleurs ! », m’affirme-t-elle. Côté nutritif, elles chercheront donc à développer des partenariats avec des restaurateurs et des microbrasseries. Côté thérapeutique, Fanny et Marie-Pier souhaitent développer des tisanes uniques tout en combinant des saveurs intéressantes et inusitées. Dans un futur encore plus lointain, elles envisagent aussi la transformation pour faire des produits comme du kombucha par exemple.

Une des priorités est d’étendre la saison à vingt semaines de culture. Pour ce faire, elles devront rapidement investir dans des infrastructures comme des tunnels ou des serres froides. Elles pourront installer ces aménagements chez Les Paysans du Fjord, qui vont leur louer des parcelles, dès l’année prochaine. Ce partenariat entre floriculture et maraîchage est bénéfique pour tout le monde : mise en marché commune, augmentation de l’offre et favorisation de la biodiversité notamment grâce aux plantes mellifères qui attirent de nombreux pollinisateurs.

Alors, si vous passez vers Saint-Fulgence cet été, n’hésitez pas à vous arrêter à la ferme La Bricole les vendredis après-midi et les dimanches pour acheter des fleurs à Fanny et Marie-Pier !

Nouveau chapitre aux Rebelles des Bois !

Les co-propriétaires des Rebelles, Nathalie Bilodeau et Claudia Labrèche.

Les Rebelles des Bois, boutique et atelier d’artisanat et de bijoux, a été créé en 2006 par Nathalie Bilodeau et Claudia Labrèche, associées à part égale. Pendant toutes ces années, elles ont, avec leur équipe, imaginé, créé, réinventé les bijoux de bois, tout en devenant la boutique d’artisanat de référence au Bas-Saguenay.

Il y a un peu plus d’un an, Nathalie Bilodeau annonce qu’elle veut quitter le navire, changer de carrière, choix entre autres dû aux allergies développées à force de travailler dans la poussière de l’atelier. « J’avais aussi besoin d’être plus en contact avec l’humain, précise celle qui lance sa petite compagnie de soins de pieds. »

« Cette séparation, même si elle se passe bien, qu’on prend le temps, que Nathalie a eu une patience infinie face à mes doutes et questionnements, c’est une séparation quand même ! commente tout de go Claudia qui devait prendre la bonne décision. » S’en suit une période d’incertitude pour toute l’équipe. Puis l’indécision fait place à l’élaboration de différents scénarios : l’idée de créer une Coop ou de tout simplement vendre, ou bien trouver de nouveaux partenaires et continuer l’aventure.

Une firme de fiscalistes

« Bien sûr, ça nous prenait des chiffres pour pouvoir prendre une décision éclairée. On a engagé une firme de fiscalistes pour qu’ils nous accompagnent dans notre processus, qu’on trouve quelque chose qui a du bon sens pour les deux, poursuit Claudia. »

Celle qui a finalement pris la décision en février de continuer l’aventure Rebelles en solo, toujours accompagnée de son équipe, dont certaines employées sont là depuis les tout débuts, vient tout juste d’officialiser le tout chez le notaire.

Nouvelle façon de faire

« Au début, on sortait deux collections par année, se rappelle Nathalie Bilodeau. Et même avant l’annonce de mon départ, on avait décidé de ne plus en faire autant. Une collection, c’est vraiment énormément de temps, il y a non seulement la conception des bijoux mais aussi l’organisation du shooting photo, la création du catalogue, cela demandait plusieurs semaines de travail. »

Dorénavant, Les Rebelles sortiront de petites nouveautés, une à la fois, ce qui leur permettra d’être beaucoup plus spontanées dans le processus de création. « Avec ces grosses collections, comme la dernière Bleu Nuit et ses 30 nouvelles boucles d’oreille et 12 nouveaux colliers dans une même période, on diluait l’effet que pouvait avoir la sortie d’une belle boucle d’oreille. Alors, Rebelles des Bois continue avec de nouveaux produits toujours mais c’est juste la façon de sortir ces nouveautés qui va se passer différemment. On va y aller petit peu par petit peu, cela va nous permettre de suivre le fil de notre inspiration, mais aussi des saisons », conclut Claudia Labrèche, bien heureuse que son équipe continue l’aventure à ses côtés.

Elles étaient quatre qui voulaient se battre…

© SEPAQ Crédit Photo : Yan Kaczynski | AIG - Parc national d'Aiguebelle |

Le règne végétal contre-attaque

Des caractéristiques propres au monde végétal font de certaines plantes des adversaires de taille lorsqu’elles sont jugées indésirables. L’autotrophie est la particularité qu’ont les plantes dites chlorophylliennes à synthétiser leur propre matière organique à partir d’éléments minéraux et d’une source d’énergie externe (la lumière). La totipotence est la fascinante capacité des cellules végétales à se différencier en n’importe quel type de cellule pour former un clone. Ces deux attributs révèlent en partie l’étonnante adaptabilité des plantes exotiques envahissantes (PEE). Mais ce qui explique avant tout leur propension à coloniser massivement un lieu est leur introduction, volontaire ou non, dans des environnements exempts de prédation ainsi que leur aptitude à se reproduire rapidement. Prend alors forme une lutte inégale, voire une menace envers des espèces indigènes fragiles et pouvant mener jusqu’à des extinctions ou du moins une perte dramatique de biodiversité.

La berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum). Crédit pgoto : MAPAQ

Un enjeu tant global que local

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les espèces exotiques envahissantes, qu’elles soient végétales ou animales, sont la deuxième cause de la perte de biodiversité dans le monde après la destruction des habitats. Leurs impacts sont donc d’ordre environnemental (en pouvant notamment causer la dégradation des sols et modifier les cycles d’incendie), social (en nuisant à la santé humaine et animale ou en empêchant certaines activités récréatives) et économique (coûts que représentent le contrôle ou l’élimination et la perte de productivité agricole et forestière).

La renouée du Japon (Reynoutria japonica). Crédit photo : MDDELCC

Bien que les PEE soient actuellement un enjeu plus préoccupant dans le sud de la province, le réchauffement climatique aura certainement pour effet d’accroitre leur présence à notre latitude et bien au-delà. Déjà, sur les vingt PEE observées dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, 11 ont été répertoriées dans la MRC du Fjord-du-Saguenay dont 6 au Bas-Saguenay.   Quatre d’entre elles sont actuellement sous surveillance dans le Parc national du Fjord-du-Saguenay : le roseau commun, la salicaire commune, la berce du Caucase et la renouée du Japon.

Quand la riposte s’organise

L’introduction des PEE a débuté il y a plus de 400 ans au Canada. Selon un rapport de l’Agence canadienne d’inspection des aliments publié en 2008, c’est principalement au cours du 20e siècle que le rythme et le volume d’introduction se sont accentués. Or, les multiples conséquences liées à leur présence ne sont documentées que depuis environ vingt ans.

La salicaire commune (Lythrum salicaria). Crédit photo : IRIIS Phytoprotection

Ces dernières années, les efforts se multiplient pour établir des stratégies de lutte, des recensements et de la sensibilisation. OBNL et municipalités se mobilisent à l’échelle de la province. Un portrait de l’état des lieux des plantes exotiques envahissantes dans notre région a été complété par l’Organisme de bassin versant (OBV) du Saguenay en 2021. C’est le Conseil régional de l’environnement et du développement durable (CREDD) du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui en a assuré la coordination et la concertation pour ensuite mettre en place un plan d’action régional. Consultez leur guide d’information en balayant le code QR suivant :

Dans le but d’assurer la vitalité de sa biodiversité, la municipalité de Petit-Saguenay a quant à elle identifié l’éradication ou le contrôle de la pétasite du Japon d’ici 2026 sur son territoire parmi les objectifs figurant à sa politique de développement durable.

Ayant la conservation comme objectif prioritaire, les Parcs nationaux de la province ont également un rôle à jouer. Mis en place depuis 2004, le programme de suivi des indicateurs environnementaux (PSIE) de la Sépaq considère qu’un parc national est en santé entre autres lorsque les écosystèmes ne sont pas dominés ou modifiés de manière importante par des espèces exotiques envahissantes. Chaque année donc, et ce depuis 2004, l’équipe de conservation du Parc national du Fjord-du-Saguenay évalue la présence (ou la présence potentielle) de plus d’une dizaine de PEE. Un guide d’identification sera par ailleurs remis cet été à tout le personnel sur le terrain afin qu’on puisse géolocaliser rapidement les quatre espèces susceptibles de s’y retrouver.

Le roseau commun (Phragmites australis). Crédit photo : MAPAQ.

Vous souhaitez participer à la lutte au PEE ?

Nous retrouvons sur le site web inaturalist un groupe visant à assurer le suivi des PEE du Québec. À ce jour, 38 espèces sont identifiées pour un total de 7 656 observations par plus de 700 contributrices et contributeurs. Balayez ce code QR pour y ajouter vos propres observations!

L’application mobile Sentinelle, développée par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), est disponible gratuitement et permet d’obtenir de l’information sur 65 espèces exotiques envahissantes fauniques et floristiques. Vous pourrez transmettre vos observations directement de votre appareil mobile et celles-ci seront validées par des spécialistes du Ministère.

Un programme d’aide financière est également offert par le MELCCFP et la Fondation de la faune du Québec pour soutenir les initiatives visant à limiter l’introduction et la propagation des plantes exotiques envahissantes au lien suivant :

https://fondationdelafaune.qc.ca/programmes-daide-financiere/programme-pour-la-lutte-contre-les-plantes-exotiques-envahissantes/

Références

https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/biodiversite/pourquoi-especes-exotiques-envahissantes-sont-nuisibles.html

https://www.creddsaglac.com/enjeux/la-proliferation-des-especes-exotiques-envahissantes/

https://www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/especes-exotiques-envahissantes/index.asp

https://www.sepaq.com/parcs-nationaux/conservation/index.dot

Jeanne-Ida Bernier et Lauréat Gagné, une vie bien occupée !

Madame Jeanne-Ida est née le 16 de juin 1930, à L’Anse-Saint-Jean. Ses parents, Jean Bernier et Laure-Alda Lavoie, restaient dans le fond de la pointe, à la dernière maison du village. « On était 21 enfants, moi j’étais la plus vieille, alors je me suis occupée, fallait ben, des plus petits, se souvient celle qui est partie jeune vivre en ville. Je suis allée travailler à Chicoutimi, dans une maison privée. Madame Lacourtière, elle avait juste 4 ou 5 enfants, mais son mari était avocat ! »

Pas question de rester trop longtemps à l’école quand il y a tant de bouches à nourrir. Il fallait vite savoir gagner son pain ! D’ailleurs, comment faisaient-ils vos parents pour remplir le garde-manger avec tout ce beau monde ? « Mon père, il braconnait pour nourrir la famille. Dans ce temps-là, y’avait pas de brise-glace, alors il traversait de l’autre bord du Saguenay tuer un orignal. L’hiver, il y allait en chiens pis l’été en chaloupe. Quand il revenait avec de la viande, il en donnait aux autres familles, il téléphonait pour les avertir ! »

Monsieur Lauréat est également venu au monde à L’Anse-Saint-Jean, le 28 juillet de la même année. « Je suis né pas loin d’icitte, près de l’église. Mes parents avaient loué une maison sur la rue Saint-Jean-Baptiste. Ils ont eu 3 garçons et 4 filles, et moi aussi je suis le plus vieux. » Raoul Gagné et Eulalie Gagné, tout le monde l’appelait comme ça mais son vrai nom c’était Rosalie, sont ensuite aller défricher une terre à Rivière-Éternité. « C’est mon grand-père, Majorique Gagné, qui avait organisé tout ça. Dans le temps, le gouvernement distribuait des lots, ça donnait du bois ! Les gens vivaient comme ça, ils faisaient du bois, Charles-Édouard Boudreault l’achetait et fournissait le manger. »

Lauréat a ainsi passé son enfance à Rivière-Éternité, en face du lac Arvida à la sortie de Rivière-Éternité en allant vers Saint Félix. « On habitait à 2 miles du village. On allait à l’école à pied, pis en hiver avec le chien. Je me rappelle quand on allait pêcher au lac Arvida, c’était des gars d’Arvida qui avaient un chalet là, c’est pour ça qu’on l’appelait de même ! C’était tout ce qu’on avait comme loisirs mais on aimait ça ! »

Le snowmobile, un moyen de locomotion idéal sur les chemins d’hiver pas entretenus.

En 1946, avec son père Raoul, Lauréat fait l’acquisition d’un premier B12, snowmobile 12 passagers fait en bois. Depuis, aucun accident, aucun ticket ! « Mon père m’a appris la mécanique, ça s’apprend bien quand on aime ça ! »

En 1948, à l’âge de 18 ans, Lauréat revient vivre L’Anse avec ses parents. « Mon père était fouineux pas mal, patenteux aussi. Dans le temps icitte, les chemins étaient pas ouverts, nous on avait 4 ou 5 snowmobiles et on faisait le taxi. En hiver, je laissais un char à Bagotville. Je montais les passagers avec un snow, pour ensuite les reconduire où est-ce qu’ils voulaient aller. »

Par Périgny, à cette époque, il y avait des chantiers, 3 ou 4 camps sur les chenaux ! Pour les travailleurs qui voulaient monter ou descendre, si il y avait besoin de manger dans le camp, c’est Raoul qui s’en occupait. Il faisait ça tous les jours ! Dans le temps, monter à cheval à Périgny, ça prenait une journée et il fallait que tu redescendes le lendemain !

Raoul est décédé à l’âge de 49 ans. Lauréat a continué tout seul le taxi !

Lauréat et Jeanne-Ida du côté de Petit-Saguenay.

Le plus beau gars du village

Madame Jeannne-Ida allait veiller chez sa marraine à Rivière-Éternité, une sœur à sa mère. « Mais c’est pas là qu’on s’est rencontrés. C’est Lauréat qui est venu faire un tour avec son taxi, du côté de la pointe ! C’était un très bel homme, toutes les femmes lui couraient après ! »

Devant l’église de L’Anse-Saint-Jean, Raoul Gagné et son fils Lauréat, et Jeanne-Ida avec son père Jean Bernier.

Le 22 août 1951, Jeanne-Ida et Lauréat se marient à l’église de L’Anse-Saint-Jean. Quand leur première fille Ginette est née, la mère Eulalie restait encore avec eux autres. Lauréat se rappelle : « J’avais été faire un voyage d’hommes en snow à La Baie. Quand je suis revenu, ma mère est sortie dehors : on a de la visite d’arrivée ! Ginette était née le temps que j’étais parti ! »

C’est en 1956 que Lauréat fonde son entreprise, ce qui en fait la plus ancienne de la municipalité encore en activité ! En 1960, avec ses camions, il travaille sur la nouvelle route 170. Puis, il y a eu les semaines au Parc des Laurentides, toujours pour Price Brothers. « Je partais l’hiver, j’allais travailler avec un snow, on charroyait le bois pour le mettre sur les rivières pour la drave. Je partais toute la semaine, on montait le dimanche et on revenait le samedi ! » Lauréat a conduit des camions jusqu’à l’âge de 83 ans !

Pendant ce temps, Jeanne-Ida ne s’ennuyait pas à la maison. « J’ai eu 6 gars et 2 filles, mais la maison était toujours pleine de monde. Venant d’une famille de 21 enfants, on aime ça recevoir ! Avec Ginette, ma plus vieille, on se mettait au fourneau. »

Avec une vie si active, on peut bien souhaiter à madame Jeanne-Ida et monsieur Lauréat de prendre le temps de vivre paisiblement, bien entourés de leur belle et grande famille.

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