Accueil Blogue Page 51

Ces femmes et la pêche en eau profonde !

Photo reportage de Manon Landry.

Vendredi le 31 janvier 2022, il fait – 20 mais j’ai tout de même un sourire en coin, car je m’apprête à marcher sur le Fjord, équipée de mon appareil photo. Cela fait deux ans que les adeptes de pêche blanche attendent pour déposer leur maisonnette chauffante sur le Fjord dans L’Anse-Saint-Jean, la température ne le permettait pas.

Pour ceux et celles qui n’ont pas vu l’exposition de Manon sur la pêche blanche au centre culturel du Presbytère à l’été 2021, vous pouvez la revoir au Camp de Base jusqu’au 16 mars 2022.

J’ai découvert la pêche blanche en 2018, je venais d’atterrir à L’Anse-Saint-Jean pour y vivre. Lors de ma première sortie, par une belle journée d’hiver avec mon amie Cholé et son copain Richard, j’ai eu ce qu’on appelle la chance du débutant. Nous avons remonté un gros turbot, un sébaste et le clou du spectacle : une morue bien dodue !

Je me demande encore aujourd’hui pourquoi je préfère la pêche blanche à la pêche à la truite. Peut-être que c’est la magie de marcher sur la glace dans un village que je sais éphémère. Peut-être aussi que c’est le hasard, dépendamment de où je me trouve sur le fjord, de la profondeur à laquelle ma ligne pourra descendre. Dans tous les cas, la surprise de voir quelle espèce sortira de ces eaux allant jusqu’à 500 pieds penche sûrement dans la balance. Je vous l’accorde, ils ne sont pas tous jolis ces poissons, mais ô combien ils sont délicieux !

L’été passé, j’avais participé à une exposition collective sur la pêche blanche au centre culturel du Presbytère. Ainsi, Cécile m’a demandé si je voulais bien réaliser un petit reportage sur les femmes adeptes de la pêche blanche pour ce numéro du Trait d’Union. J’ai dit oui, bien sûr. Aujourd’hui, je me retrouve donc sur le fjord pour la première journée d’embarquement des cabanes à pêche, organisée par la ZEC de l’Anse-Saint-Jean.

Je vois Chloé au loin. Elle m’invite à passer pour tirer quelques lignes dans la cabane toute blanche de son amoureux. « C’est le grand jour ! » dit-elle. La voiture est remplie de nourriture et du nécessaire à camping, histoire de dormir dans la maisonnette bien chauffée le soir même. Bon, ça ne mort pas. Je n’ai pas assez de filage pour me rendre au fond des eaux. Je me rhabille, car je ne suis pas venu ici pour taquiner les poissons, mais pour rencontrer des femmes qui trippent sur la pêche. Je sors de la cabane au bon moment. Il y a devant moi un coucher de soleil rose qui est tout simplement magnifique.

J’ai l’impression de me balader par -1000°c dans le nouveau petit village inerte. Les courageux de cette première journée son encabanés et ne pointent même pas le bout de leur nez dehors. J’aurais le goût de cogner à toutes les portes où j’aperçois de la boucane, mais je n’ose pas. Il commence à faire noir. Je regarde du coin de l’œil à l’intérieure des cabanes un peu. Je remarque beaucoup de femmes avec leur chum et ils ont l’air à pêcher, chacun dans leur trou respectif. Ces scènes m’attendrissent. Je continue mon chemin et j’aperçois, au travers d’une fenêtre de cabane, une femme et son homme la ligne à l’eau, durant que la grand-mère tient dans ses bras le petit poupon. J’aurais aimé immortaliser cette image.

Rencontre avec Sylvia Thibeault. Elle me raconte que ça fait 10 ans qu’elle n’avait pas pêché le poisson de fond, mais qu’elle pratique ce sport depuis 2004. « Les premières années, il n’y avait presque pas de femmes, les hommes venaient entre eux comme à la chasse ! Depuis 5 ans, je dirais qu’on remarque un engouement pour la pêche blanche du côté des femmes ». Sylvia a recommencé à pêcher l’an passé, une de ses amies lui a redonné le goût. L’amie de Sylvia, Jennifer Labonté de Rimouski, est littéralement tombée en amour avec le fjord. En 2019, elles en ont fait le tour, avec un guide, pour essayer quelques villages de pêche blanche avec leur tente. Cette année, elles ont loué une cabane histoire de se gâter un peu.

Jennifer Labonté de Rimouski, et amie de Sylvia.
Joannie Gagné, de L’Anse-Saint-Jean est une vraie fan de poisson de fond depuis six ans. Quand elle n’est pas dans la cabane de son père, elle est dans sa tente au large !
Annie Morin et Andréanne Warren de Pointe-au-pic (La Malbaie) ont fait l’acquisition d’une charmante cabane la semaine dernière. Pour Andréanne, c’est sa première année à L’Anse-Saint-Jean. C’est un retour pour elle aux souvenirs d’enfance lorsqu’ils avaient une cabane en famille à Sainte-Rose-du-Nord , la journée se terminait toujours avec une cuisson de Fish-and chip !
Ça fait plus de 30 ans que Suzanne Blanchette et son conjoint de Saint-Camille-de -Lellis dans Bellechasse louent un chalet à L’Anse-Saint-Jean et une cabane pour passer un 10 jours de pêche blanche sur le fjord.
Le souper est déjà prêt pour Mélissa Larouche de L’Anse-Saint-Jean et sa fille Aurélie. Les filets sont faits sur place, pas de temps à perdre, les enfants retournent à l’école demain et Mélissa reprend le volant de son autobus scolaire. Une famille passionnée de pêche d’hiver et d’été depuis plus de 10 ans.
Éliane Lajoie-Morin, Jacques Morin, Loane, Line Lajoie et Caleb de Saint-Irénée dans Charlevoix. Éliane vit sa première année de pêche, initiée par son père.
Que c’est beau de voir les 3 générations pratiquer ce beau sport en famille.
Marie-Anna Gagné, 7 ans de Laterrière est une jeune fille adepte de pêche blanche et de pêche à la truite.

La reine du sébaste

 

Laure Martel : portrait d’une femme qui a marqué l’histoire de Petit-Saguenay

Laure Martel est née à L’Anse-Saint-Jean en 1860, d’une famille pionnière qui y était établie depuis quelques années.

En préparation des commémorations du 100e anniversaire de la municipalité de Petit-Saguenay en 2019, le comité organisateur eut l’idée de demander à la microbrasserie la Chasse-Pinte de brasser une bière spéciale pour rendre hommage à un personnage marquant de l’histoire de Petit-Saguenay. La microbrasserie ayant accepté la demande, ne restait plus qu’à choisir la personne qui serait ainsi honorée.

Le comité en vint rapidement à la conclusion qu’il serait opportun d’honorer une femme, puisque ce sont généralement les hommes qui tiennent le haut du pavé dans les livres d’histoire.

C’est ainsi qu’est née « Mme Laure », une pilsner d’inspiration tchèque. Mais qui est cette fameuse madame Laure ?

Laure Martel est née à L’Anse-Saint-Jean en 1860, d’une famille pionnière qui y était établie depuis quelques années. Elle déménage ensuite à Petit-Saguenay, suite à son mariage avec Charles Lavoie, de qui elle aura 5 enfants. À la suite du décès de son mari en 1919, elle se remarie 2 ans plus tard à Wilfrid Houde, qui décède en 1937. Elle demeure veuve jusqu’à sa mort, le 27 mars 1954.

Madame Laure, que plusieurs à Petit-Saguenay appelaient « matante Laure », était reconnue dans toute la région pour ses talents de sage-femme. C’est elle qu’on allait chercher quand une femme accouchait à Petit-Saguenay et la plupart des personnes âgées du village sont passées entre ses mains. Ce métier, elle l’avait appris auprès de sa mère, Obéline Tremblay, qui était également sage-femme et guérisseuse à L’Anse-Saint-Jean.

Madame Laure était aussi guérisseuse comme sa mère. Selon sa petite-fille, Clara Lavoie, on allait la voir pour réparer des membres disloqués. Elle avait même montré à son propre fils comment ramancher. Pour ce faire, elle avait démanché les articulations d’un chat pour lui montrer comment les remettre en place.

Madame Laure avait la réputation d’être sévère et très religieuse et les quelques photographies qu’on a d’elle ne le démentent pas. Mais elle avait nécessairement aussi beaucoup de cran pour exercer son métier, sans formation professionnelle, alors que ses interventions pouvaient parfois déterminer si une personne allait vivre ou mourir.

Clara Lavoie, se rappelle : « Mon grand-père s’était fracturé le genou en plein hiver. C’était une plaie ouverte. Il n’était pas question de partir comme ça pour Chicoutimi. Ma grand-mère l’a soigné. Quand il était finalement allé à l’hôpital, le genou avait repris à la mauvaise place et il était trop tard pour le replacer. Mais on était vraiment surpris que ma grand-mère ait pu soigner la plaie et prévenir l’infection. Elle lui a probablement sauvé la vie. »

Chapeau à ces mamans!

Dans cette édition, le thème étant « Les femmes au Bas-Saguenay », il faut tourner les lumières sur les mamans qui ont des enfants avec des besoins particuliers. Celles qui mettent de côté leur carrière ou leurs désirs pour s’occuper d’un enfant avec une déficience physique, sensorielle, intellectuelle ou qui ont un enfant avec un trouble du développement, du déficit de l’attention, du langage ou de l’apprentissage.

Aujourd’hui la plupart des enfants qui ont des besoins spéciaux, qu’ils soient sévères ou légers, demeurent dans leur famille. La mère devient donc souvent la principale intervenante auprès de l’enfant. On peut l’appeler la maman aux mille métiers. Elle joue le rôle d’infirmière, préposée aux bénéficiaires, travailleuse sociale, éducatrice, femme de ménage, cuisinière de mets spécialisés, chauffeuse de taxi, etc. Elle peut pratiquer tous ces métiers en une demi-journée! Même pas de syndicat pour lui dire qu’elle enfreint les lois parce qu’elle passe d’un poste à l’autre, et ce, dans un même quart de travail.

L’enfant aux besoins particuliers est souvent encadré par une équipe de spécialistes, orthophonistes, ergothérapeutes, psychoéducateurs, travailleurs sociaux, physiothérapeutes, etc. Cela veut dire que la maman doit se déplacer pour aller rencontrer ces différents intervenants. Elle doit souvent prendre congé du travail ou s’organiser pour faire garder les frères et sœurs, s’il y a lieu. Elle ne lésine pas une miette à donner de son temps pour l’amélioration de la santé de son enfant.

Lorsqu’une maman décide de mettre sa carrière professionnelle de côté ou sur pause pour un moment, cela a des conséquences directement sur la famille. Bien entendu, une baisse de revenu financier se fait sentir, mais il y a également le sentiment de souffrir d’isolement. Le côté social prend souvent une débarque. Si vous connaissez une maman qui vit cette situation, n’hésitez pas à l’inviter à faire une promenade ou allez jaser avec elle, si vous saviez le bienfait que vous pouvez lui apporter. Juste un petit trente minutes par jour qui peut tout changer.

Certaines installations existent au Bas-Saguenay pour les enfants aux besoins particuliers, mais il serait très agréable qu’il y en ait plus. Ces enfants, adolescents, adultes doivent continuer à se développer et apporter leur apprentissage à la population. On a besoin en tant que société, de ces êtres humains qui nous font grandir, nous ramènent à l’essentiel et nous montrent leur joie de vivre.

Chapeau à ces mamans qui accompagnent leurs enfants dans toutes les sphères de leur vie. Votre patience, résilience, simplicité, dévouement et détermination sont des qualités propres à vous. La vie vous a choisies pour partager votre temps et votre amour avec ces êtres fabuleux. Baisser les bras ne fait pas partie de votre langage.

On vous rend grâce aujourd’hui et nous vous levons notre chapeau, chères mamans !

Le soin de soi ne s’achète pas!

Ce qui peut faire du bien à nos vulnérabilités ne peut pas se vendre.

Prends soin de toi, paye-toi quelque chose qui va te faire du bien! On entend souvent ce genre de phrase comme des mantras à utiliser quand on ne va pas bien. Il est clair que prendre soin de sa santé physique et psychique est important, par le sport ou par la méditation par exemple. Le problème survient quand les grandes compagnies s’emparent de cette idée pour en tirer du profit et nous vendre leurs produits.

Prenez soin de vous! (mais à quel prix? )

Des maux importants touchent de plus en plus les femmes et les hommes et il est certain que nous-mêmes, ou quelqu’un de notre entourage, en vivent un ou plusieurs : anxiété, dépression, troubles du sommeil, troubles alimentaires et dépendances.

Nous connaissons tous ces enjeux : les grandes compagnies aussi. Les publicités, les compagnies de produits cosmétiques, les influenceur-e-s sur YouTube mettent une grande pression sur l’importance de prendre soin de nous, dans l’optique que nous sommes conscients de ne pas aller bien et qu’il faut bien faire quelque chose pour y remédier.

En réalité, les multinationales, en nous proposant produits de beauté et d’hygiène et rituels de toutes sortes font la « piasse » sur le dos de notre vulnérabilité. À preuve: le chiffre d’affaires des 10 meilleures applications de bien-être pour iPhone et Android a augmenté de 170 % en 2017. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le self-care « est la somme des actions que les individus effectuent pour rester en santé (physique et mentale) tout en prévenant ou en guérissant leurs blessures ou maladies existantes ».

Nulle part on peut lire qu’on a besoin d’une crème hors de prix. Prendre soin de soi ne devrait pas être un luxe qu’on peut « se payer ».

Nos problèmes ne se règlent pas simplement en une séance de spa, en buvant des smoothies détoxifiants ou en se faisant des masques de beauté. Sur le coup, ils nous font du bien, mais est-ce vraiment là que se situe le nœud des choses que nous avons à régler sur nous-mêmes et notre collectivité ? Est-il vraiment possible de guérir de notre mal-être qui dure en consommant ce shampoing dispendieux? Je crois plutôt que tous ces produits qu’on nous propose nous mettent un écran de fumée et nous poussent plutôt à nous en éloigner de ce qui importe.

Le concept du self-care ou du soin de soi, quand on le regarde d’un point de vue capitaliste, fait porter le poids des maux psychologiques et politiques sur les épaules des individus, tout en gardant intouchés les vrais responsables de ces mêmes maux : capitalisme, néolibéralisme, productivisme, performativité sociale et individualisme, tous des phénomènes qui sont souvent la source de nos malaises, nos questionnements existentiels et nos enjeux mentaux.

Prendre soin de soi, c’est aller à la source de ces maux, et non pas les masquer avec tout produit qui prétend nous amener la paix intérieure. Ce qui peut faire du bien à nos vulnérabilités ne peut pas se vendre.

Des pistes de solution pour un vrai self-care ? Aller dehors, s’exprimer par la parole ou tout acte créateur, s’écouter, apprendre à s’aimer comme on est, apprendre à dire non ou à dire oui, s’investir dans la vie des personnes que l’on aime. Tout ce qui, dans le fond, ne peut s’acheter nulle part.

Des liens invisibles et tellement inspirants.

Les cabanes sur le fjord. Crédit photo : Manon Landry.

Quand on parle du Bas-Saguenay, les gens jasent de ses montagnes, de son fjord, de ses rivières, de ses saumons, de à quel point c’est loin et à quel point c’est beau, mais peu de personnes mentionnent sa communauté de femmes inspirantes. Pourtant, à mon arrivée dans la région, c’est ce qui m’a le plus marquée. Chaque jour qui passait, je découvrais une nouvelle entrepreneuse, une nouvelle visionnaire, une nouvelle courageuse, une nouvelle passionnée, et je prenais ainsi conscience de l’étendue de ce groupe de femmes.

Je ne pourrais pas toutes les nommer, car je suis encore à l’orée de ce réseau. Je pourrai tout de même vous parler de celles dont j’ai croisé le chemin et ainsi mettre en lumière les liens invisibles qui les unissent. De par leur créativité et leur audace, ces femmes m’ont procuré un vent de fraîcheur. Grâce à leur accueil et leur générosité, elles ont réchauffé mon hiver avec une chaleur humaine.

Les premières qui me viennent à l’esprit sont des entrepreneuses qui pratiquent la massothérapie. L’une a eu l’audace et le courage de reprendre ses études pour changer sa vie et l’aligner avec ses besoins profonds. La deuxième accumule les emplois avec un sourire permanent, sans jamais se plaindre. La dernière est fascinante lorsqu’elle danse et il s’avère qu’elle virevolte aussi parfois derrière une machine à coudre aux anciens Ateliers bois de fer. Si vous passez devant, au cœur du village de Petit-Saguenay, vous serez touché par une créativité et une joie contagieuses.

Pour accessoiriser les tenues qu’elles confectionnent, vous pourriez vous rendre dans la vallée voisine et vous procurer de magnifiques boucles d’oreilles créées de toute pièce par des Rebelles venues des bois. Je parle bien de ces boucles d’oreilles que vous retrouvez dans à peu près toutes les salles de bain de n’importe quelle femme de la région. Ces Rebelles fabriquent aussi des tableaux. D’ailleurs, en sortant du village de l’Anse-Saint-Jean, vous pouvez vous arrêter à l’Auberge à côté du petit fumoir. Vous y verrez un bel exemplaire dans la salle du restaurant, géré par une autre femme consciencieuse et travailleuse de cette communauté.

Dans la boutique des Rebelles, vous pourrez aussi trouver de la poésie décomplexée éditée par La Peuplade. Une des plumes qui a rempli ces pages blanches est celle d’une icône de la poésie autochtone québécoise contemporaine qui rédige paisiblement installée au Bas-Saguenay. Aux côtés de cet ouvrage, vous trouverez peut-être une allégorie nordique. Ce livre aura, lui, été illustré par une femme qui a un grand jardin défriché à Ferland-et-Boilleau.

Dans la cuisine de cette agricultrice qui aime sortir des sentiers battus, vous pourriez même y croiser la rédactrice en chef de ce journal et toutes les autres contributrices qui réfléchissent au thème du prochain numéro. D’ailleurs, les photos de pêche blanche de ce numéro ont été capturées par une saguenoise. Ses paroles, ponctuées de chansonnettes, vous donneront sûrement l’envie de danser ou d’aller aux évènements qu’elle organise au Bas-Saguenay. Sur le comptoir de sa cuisine votre regard pourrait être attiré par une théière jaune, avec un manche en bois flotté. Un objet d’art que certaines personnes n’osent même pas utiliser par peur de rayer ou d’abîmer le travail de la talentueuse potière qui l’a créé.

Je pourrais continuer à peindre le portrait de toutes ces femmes, mais cette page ne serait pas assez vaste. Nous aurions au moins besoin de nous rendre sur le fjord en kayak, puis de courir en montagne auprès de chiens et de loups.

Finalement, un mois après mon emménagement au Bas-Saguenay, j’ai trouvé cette communauté tellement inspirante que j’en ai fait le sujet d’une lettre envoyée à ma sœur pour ses 30 ans. Un cadeau accompagnait cette lettre : une pochette banane en velours marron sur lequel un morceau de cuir est marqué des initiales « MMC ». Ainsi, même à Paris, ma sœur porte aujourd’hui la force et l’énergie que lui procure l’emblème officieux de la communauté des femmes du Bas-Saguenay.

Ces communautés de femmes qui s’entraident

Dans plusieurs régions du Québec, des groupes de femmes se rassemblent pour profiter de sorties en plein air. L’objectif est simple : s’entraider dans la planification d’aventures, partager infos et astuces, et surtout, passer de bons moments dans la nature! On peut mentionner Les Chèvres des montagnes, Les Vieilles Po (ski de montagne), les Pink Water (eaux vives), les Poules qui roulent (vélo de montagne), Whites Lips (ski hors-piste, Chic Choc). Comment expliquer cette popularité accrue?

Le plein air n’est pas exempt de sexisme

Il est incontestable que le plein air a gagné des adeptes dans la dernière décennie, et encore bien davantage dans le sillage de la pandémie. Pour des raisons de sécurité et aussi de plaisir, la pratique des activités extérieures se fait souvent en groupe. La chercheuse Lorie Ouellet, professeure en intervention plein air à l’UQAC, s’est penchée sur la question des rapports de genre dans les contextes de plein air et d’aventures. Ces observations ont permis de démontrer que des inégalités et des doubles standards persistent également dans ces milieux[1].

Par exemple, elle attire notre attention sur la question de la division des tâches en expédition. Certains hommes ont tendance à insister davantage pour être impliqués dans les tâches plus valorisées, notamment les tâches « techniques » comme le repérage ou l’exécution d’une manœuvre. En revanche, ils se montrent moins intéressés à accomplir les tâches associées au campement comme la cuisine et la vaisselle. Les attentes varient aussi selon les sexes : par exemple, il est généralement attendu que les femmes adoptent un style de leadership plus participatif pour être mieux reçues, puisque cela correspond davantage aux stéréotypes de genre. En revanche, on ne remet pas en question les hommes qui n’hésitent pas à assumer un leadership plus assumé, voire directif.

Par ailleurs, au cours de ces entrevues, plusieurs femmes ont partagé à la chercheuse qu’elles sentaient un besoin de « faire leurs preuves » et qu’elles avaient « peu le droit à l’erreur ». Finalement, la chercheuse identifie un type de sexisme qu’elle qualifie d’« ambivalent » : il y a une attitude globalement positive à l’égard des femmes, mais qui est accompagnée de comportements qui insinuent de faibles attentes à l’égard des compétences des femmes. Ceci peut se traduire par une pression de performance qui a un impact négatif sur la confiance en soi des femmes et leur propension à développer de nouvelles habiletés.

La non-mixité, une pratique historique

La non-mixité est une pratique qui consiste à se rassembler entre personnes appartenant à un ou plusieurs groupes sociaux considérés comme discriminés. Elle a été employée et théorisée par les féministes françaises dès la fin du 18e siècle, et reprise par d’autres mouvements sociaux subséquents. Plus largement, cette pratique peut toutefois être utilisée par des groupes sociaux de différentes natures, politiques ou non, pour différentes raisons. Entre autres, il s’agit de créer un espace de confiance pour faciliter la prise de parole, le partage et l’entraide.

À ce titre, Le Cercle des fermières est une communauté composée exclusivement de femmes depuis sa fondation. L’objectif de ce mouvement de femmes est la transmission des savoirs et du patrimoine immatériel. Jacinthe Gagnon, membre de l’association de Petit-Saguenay, témoigne que le local est très fréquenté par les dames seules, souvent âgées, qui ne viennent pas uniquement pour tisser. Lorsque interrogée sur les raisons qui motivent les femmes à devenir membre, elle répond qu’il s’agit d’« un lieu d’échange qui fait du bien au moral : ça les rassure, sur leur santé, l’éducation des enfants ou les méthodes de tissage ». Elle ajoute qu’« il y a énormément d’entraide, beaucoup de rires, et pas de stress. Et en plus, elles font de belles créations! ».

Le Cercle des fermières a également une capacité de mobilisation remarquable : « si une personne dans la communauté a besoin d’aide, rapidement quelque chose peut être organisé, un souper communautaire ou une levée de fonds » rapporte Mme Gagnon. Celle-ci souhaite que « plus de jeunes femmes viennent nous trouver pour prendre la relève, parce qu’on est prêtes à leur montrer! »

Finalement, le concept de la non-mixité a essuyé des critiques fondées sur la crainte qu’il s’agisse d’une pratique créant davantage de division entre les groupes sociaux. Cependant, il est important de noter que cette pratique, telle que définie par la théorie féministe, est choisie et temporaire. Il s’agit d’un moment circonscrit, le temps d’un café ou d’une activité, pour des personnes qui partagent une identité ou une réalité spécifique. Il a depuis été démontré que se retrouver entre « nous » constitue un espace privilégié pour parler librement, créer des liens et des solidarités, améliorer la confiance en soi, et ultimement, contribuer à l’« empowerment » et au bien-être des personnes. Le Bas-Saguenay, destination plein air par excellence, gagnerait à mettre sur pied un tel groupe pour soutenir les femmes dans la découverte de la beauté du territoire. Des partantes ?

[1] https://lalancee.org/lorie-ouellet-un-regard-aiguise-sur-les-rapports-de-genre-en-plein-air

 

Des passionnées de pêche blanche

Pour beaucoup de natifs du Bas-Saguenay, la pêche est un mode de vie. Les yeux pétillants, Marina Gaudreault, native de Rivière-Éternité, me parle de sa passion. « L’hiver, on peut y aller 3 à 4 fois par semaine et même le soir ». C’est son père, Mr Marius, qui fêtera bientôt ses 90 hivers, qui l’a initiée. « On pêche de génération en génération : mon père, mes enfants et mes petits-enfants vont pêcher. »

Une histoire de famille

Marina Gaudreault, native de Rivière-Éternité, a tout appris de la pêche avec son père Marius.

Alors qu’elle me montre son album de photos, Marina me dit : « Regarde ça, c’est tous mes petits-enfants, regarde comme ils s’amusent, avec le cran derrière, c’est tellement beau! ». La petite dernière qui n’a que 2 mois est là aussi. « Mon garçon s’est construit une cabane l’année passée. Mon père est là aussi, mes frères et mes sœurs ». Les Bergeron ont modifié leur cabane qui fait maintenant 8 x 12 pieds…pas le choix, quand la famille s’agrandit, la cabane aussi! Marina est fière de passer le flambeau à ses petits-enfants. « Quand les enfants arrivent, ils veulent tous ma canne, c’est la canne chanceuse. En plus elle est rose, alors personne ne me la vole ».

Le froid? Quel froid?

Sur les glaces du fjord, plus il fait froid et plus les gens sont contents! « Depuis plusieurs années on embarquait aux alentours du 23 janvier. Cette année la saison a commencé une semaine plus tôt. La semaine passée, c’était froid, mais ce n’est jamais froid pour moi, je pêchais mains nues ». Les semaines sont comptées et dès que la glace atteint l’épaisseur voulue, une sorte de frénésie s’empare des villages dispersés le long du fjord. Les pick-up défilent, lestés de cabanes toutes aussi originales les unes que les autres. Des petites, des grandes, des colorées, des bringuebalantes, des rustiques ou des toutes équipées, toutes devront se rendre sur le fjord et de préférence le plus tôt possible. Quel spectacle de voir ces mini villages éphémères, nichés dans des paysages grandioses. Se promener sur les glaces du fjord change notre perspective du paysage, c’est une vue directe sur les montagnes, le cran et ses reliefs. Au pied du cran de la Baie éternité, c’est quand on descend sa ligne pour toucher le fond que l’on prend conscience de la profondeur! Le point le plus profond du Saguenay atteint les 885 pieds et se situent entre L’Anse Saint-Jean et la Baie Éternité. Le fjord du Saguenay est l’un des plus profonds du monde.

Et avant c’était comment?

Marina se souvient d’une époque où ils remplissaient des contenants de 5 gallons de sébastes : « Dans ce temps-là, t’avais juste à toucher à ta ligne et ça mordait. On disait, oh non pas encore un rouge! Ça n’arrêtait pas ». Au tout début les gens ne savaient que le sébaste se consommait, la morue étant la plus appréciée, mais aujourd’hui à la poêle ou en fish, toutes et tous savent que c’est un délice. « J’aime le poisson, j’aime le manger et j’aime le pêcher. » Marina s’est même fait offrir un chandail sur lequel est inscrit : « Je n’ai pas besoin de thérapie, j’ai juste besoin d’aller à la pêche! ».

Du côté de Ferland-et-Boilleau

Puisque Janic réside à Ferland, la pêche d’hiver se passe sur les glaces de La Baie et pour en profiter au maximum, elle a trois cabanes.

 

Pour Janic Gagnon, c’est son grand-père, Mr Louis-Joseph, pêcheur de truites, qui lui a transmis la passion. Il fabriquait lui-même son chalin (petite embarcation) et même ses rames. « Je suis d’une famille de 7, mes frères allaient beaucoup à la pêche et ils m’emmenaient ! »

Une cabane confortable

Puisque Janic réside à Ferland, la pêche d’hiver se passe sur les glaces de La Baie et pour en profiter au maximum, elle a trois cabanes. « Une pour le poisson de fond, une pour l’éperlan et une petite que je traîne avec ma motoneige. » Cette dernière plus légère permet d’aller sur la glace avant que la saison ne commence officiellement. C’est en 1993 qu’elle a eu sa première cabane et avec le temps, me confie Janic, on a envie d’un peu plus de confort. La plus grande cabane mesure 8 par 18 pieds, il y a deux fauteuils, un poêle à bois et ses pantoufles. « La pêche c’est mon sport d’hiver, si je pouvais j’irais tous les jours. On a hâte d’embarquer sur la glace, et quand ça finit au mois de mars, le soleil est plus chaud, les journées sont plus longues. Ça fait passer l’hiver. C’est vraiment plaisant ».

Pêcher mais aussi faire du social

 

Janic se souvient des grands rassemblements sur les glaces de La Baie : courses de motoneiges, chapiteaux pouvant accueillir 300 à 400 personnes, feux d’artifices, carnavals, des « méchants partys »! Bien que les règlements limitent maintenant de tels événements, le village de cabanes demeure un endroit privilégié pour placoter. « Si je pêche mon quota en 1 heure, je fais du social. Même si ça ne mord pas, je passe la journée là, et on se voisine ». Janic retrouve sa gang d’hiver lors de la pêche blanche. « C’est ça le plaisir aussi, c’est les rencontres amicales, on a des amis d’hiver, je ne les vois pas le restant de l’année mais l’hiver, on garde nos places alors on se retrouve chaque année ».

Agacer le poisson

Pas le temps de s’ennuyer à la pêche blanche. Il faut chauffer la cabane, s’installer, monter ses lignes, les mettre à l’eau, et puis agacer le poisson. « Moi j’aime avoir ma canne dans les mains, il faut l’agacer et pour l’éperlan c’est la même chose ». Elle se rappelle être venue pêcher dans la Baie Éternité à l’époque où le quota était de 25 prises. Il n’était pas rare de sortir trois sébastes en même temps. « Quand on attrapait un sébaste de 10 pouces, on disait que c’était un bébé ». Aujourd’hui on sait qu’un sébaste de 14 pouces a environ 20 ans.

Ce n’est pas la taille qui compte mais le plaisir !

Après avoir discuté avec ces deux amoureuses de pêche blanche je retiens deux choses. Ce n’est pas le plus gros poisson, la meilleure canne ou encore la plus grosse cabane qui importe, mais bien le plaisir de pêcher entourée d’un paysage « fjordesque » et de sa famille, d’amis, ou même d’inconnus qui, à force de « Pis, ça pognes-tu? » deviendront peut-être de nouvelles amitiés. C’est ça le plaisir de la pêche blanche.

Les femmes qui inspirent les élèves de Marie-Médiatrice !

Madame Marie-Chantale, une maman et une professeur très inspirante

Autour de moi il y plusieurs femmes qui m’inspirent, mais aujourd’hui je vais parler d’une femme qui a inspiré plusieurs personnes; ma grand- mère, Paula Pelletier, qui nous a malheureusement quittés en 2015. Elle est décédée d’un cancer du sein. Ma grand-mère était une personne attentive qui savait apprécier tout ce qui l’entourait. Elle faisait attention à tous ses faits et gestes envers les autres. Elle m’a appris à être une personne attentive, à faire attention aux paroles que je dis et à ne pas blesser les gens. Elle m’a appris à apprécier tout ce qu’on a autour de nous. Elle m’a rendue une meilleure personne. Je vous aime grand-mère et grand-père de là- haut, je vais continuer à vous regarder dans le ciel, la nuit xxx

                                                                        Yoana Pelletier, 5e année

Ma grand-mère s’appelle Johanne, elle est inspirante pour moi parce qu’elle ne baisse jamais les bras et elle est très courageuse parce qu’elle aide mon oncle qui est handicapé. Et quand je vais chez elle, elle prend soin de moi pour que je me sente bien tout le temps. Grâce à elle j’ai toujours le ventre plein. Bref, ma grand-mère est toujours là pour moi!

                         Dylan Lavoie, 6e année et Gaëtan Pépin- Donat, 5e année

Je trouve que ma mère est inspirante car elle joue du piano et elle m’inspire à en jouer.   Ma mère a vécu deux deuils. Elle aime me pratiquer à parler en anglais ou à pratiquer mes tables de multiplication. Elle est très gentille et je l’aime beaucoup.

                  Amélie Pronovost-Charron, 6e année

Ma mère est inspirante car à chaque fois que je lui demande quelque chose elle répond toujours à mes questions. Surtout, elle parle beaucoup en anglais. J’ai une tante qui parle en anglais et ça pratique ma mère. C’est pour cela que j’aime beaucoup ma mère.

                                                                                             Megan Dassylva, 2e année

Je voudrais parler de ma mère. Ma mère est une femme formidable. Elle m’a tout appris. Elle a éduqué plusieurs enfants. Elle m’a toujours inspirée, c’est elle mon modèle. Ma mère a vécu beaucoup de choses autant des choses positives que négatives. Elle m’a transmis son don pour la peinture. Elle m’a toujours suivie et encouragée dans mes projets. Dans les moments plus difficiles, elle n’a jamais baissé les bras. Quand je suis triste c’est la première personne qui vient me voir. Elle me connait par cœur elle fait tout pour moi. Je donnerais ma vie pour la garder près de moi. Nous partageons plusieurs passions comme la peinture, la forêt et je l’aime énormément.

  Jolianne Corriveau, 6e année

Naomie Gagné et sa grand-mère, Sylvie Bergeron

 

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une femme que j’admire beaucoup. Cette personne est ma grand-mère Sylvie Bergeron. Elle est inspirante pour moi car, elle fait plein de choses dans la vie pour aider les gens. Elle pense aux autres, de plus elle passe la popote auprès des personnes âgées. Je trouve qu’elle se débat beaucoup à chaque jour de chaque minute et de chaque seconde. En plus de ça, elle fait de la bonne bouffe. Elle ne serait pas obligée mais elle nous achète la plupart des choses qu’on demande. Je trouve que pour son âge, même si elle n’est pas vieille, elle a beaucoup d’énergie. Je t’aime. XXX

Naomie Gagné 6e année

Ma grand-mère Manon est une personne importante pour moi. Elle fait de la bonne bouffe en plus de faire le ménage à l’Auberge de Battures. Elle fait des recettes délicieuses à ses petits-enfants. Elle vient nous voir souvent, elle n’a pas peur de la COVID. C’est la meilleure et je l’aime beaucoup.

Samuel Gagné, 6e année

Autour de moi, il y a une femme qui m’inspire c’est ma mamie qui est une femme courageuse car elle a survécu à des catastrophes. Elle n’a pas perdu confiance et elle a gardé son courage. Elle a eu un cancer et la COVID elle n’a pas lâché et elle a continué. Après, elle a été à l’hôpital car elle avait de l’eau dans les poumons. Elle m’inspire et en plus elle fait du bon manger. Elle va toujours être à nos côtés quand il le faudra. J’adore ma grand-mère. ❤️

Daphné Gagné 4e année

 

Marie-Chantale, une femme inspirante.

Marie-Chantale aide les autres, elle aime les élèves de sa classe et elle nous fait faire des belles activités. Elle nous accueille tous les matins avec un sourire aux lèvres. Elle nous inspire avec sa gentillesse et sa bonté tellement qu’on voudrait rester dans sa classe toute notre vie.

                                                                                                                                 Melody Dassylva, 4e année

 Je vais vous parler de madame Johanne. Elle est très inspirante. Parce qu’elle nous a acheté des beaux Pokémon pour le magasin scolaire. Elle nous apprend les mathématiques et le français. Elle est très gentille avec nous et on peut aller n’importe quand la rencontrer.

Jason Foster 4e année et Hugo Simard 2e année

 

Bourse Desjardins pour l’école Marie-Médiatrice 

Notre école a obtenu une bourse Desjardins de 3 000$ pour notre projet : Écolonimaux. Afin de poursuivre notre projet de zoothérapie, ce montant nous permettra de construire un poulailler dans la cour d’école. Ce projet nous tient à cœur, car il permettra de développer la responsabilisation des élèves, l’apaisement de l’anxiété et du stress, l’entrepreneuriat par la vente du fumier et des œufs. Merci à Desjardins de croire en nos jeunes et de nous aider à réaliser de si grands projets.

                       Johanne Simard enseignante

 

Par temps froid, Ferland-et-Boilleau ça bouge!

Le mont Dufour la nuit.. Crédit photo : Nathalie Simard

Le Défi 28 jours de marche

Les bienfaits de l’activité physique au quotidien en plein air sont nombreux : faire le plein de vitamine D, travailler ses muscles et son système cardiovasculaire, diminuer le stress et l’anxiété, tonifier le système immunitaire et améliorer le sommeil! Cependant, l’hiver et ses fameuses températures diminuent souvent l’enthousiasme à la pratique d’activités physiques. Afin de motiver la population de Ferland-et-Boilleau, Le Groupe d’Actions Communautaires (GAC) a lancé le tout premier Défi 28 jours de marche pour le mois de février! Les citoyens ont été invités à télécharger le calendrier du Défi et y inscrire quotidiennement leurs minutes de marche ou autres formes d’activités physiques ! À la fin du mois de février, le GAC fera tirer de beaux prix de participation lors du brunch des familles qui aura lieu pendant la semaine de relâche, le mercredi 2 mars !

Le camping d’hiver. Crédit photo : Jasmin Côté

Les Rendez-vous du camping d’hiver Ha! Ha!

Le camping d’hiver est une activité qui devient de plus en plus populaire. Les 19 et 20 mars, l’animatrice de plein air Nathalie Simard organisera une première rencontre amicale pour les adeptes de camping d’hiver à la halte à Bonin (plage à Bonin) située sur le chemin du camp d’accueil. C’est un emplacement idéal pour s’initier au camping d’hiver avec un accès à une toilette sèche, un stationnement et du réseau cellulaire. Surplombé de magnifiques montagnes, le site se trouve à proximité de différents sentiers pour pratiquer la raquette ainsi qu’aux abords du Lac Ha! Ha! Un équipement adéquat et une expérience minimum seront requis. Pour plus de renseignements, trouvez l’événement Facebook Rvd camping d’hiver Ha! Ha! ou communiquez avec Monique Witzell au 418-676-2282n poste 3403.

Le camping d’hiver. Crédit photo : Jasmin Côté

Ça se passe à la relâche !

Pour une deuxième année consécutive, le comité de la semaine de relâche adapte sa programmation pour offrir des activités dans le respect des mesures sanitaires. Avec comme objectif de développer une aire de jeu hivernale, le comité et une équipe de sculpteurs sur neige animeront l’anneau de glace avec l’ajout d’une glissade sculptée et illuminée, une aire de feux et un rallye raquette pour le mois de la nutrition dans le sentier de raquette du parc. On vous propose également quelques activités amusantes pour vous divertir avec vos petits moussaillons !

  • Le samedi 26 février de 17 h à 20 h, ouverture officielle du site hivernal à l’anneau de glace et Bar à poutine au Relais du village (passeport vaccinal requis pour manger sur place)
  • Mercredi 2 mars 8 h à 11 h – déjeuner des familles au Relais du village
  • Soirée d’observation astronomique à l’anneau de glace – l’heure et le jour sont à confirmer selon les conditions météorologiques (suivez le Facebook Municipalité Ferland-et-Boilleau pour plus de détails)
  • Jeudi 3 mars 18h – Sortie en raquette à la frontale dans le sentier des pins. Point de rencontre au stationnement de la halte routière du Pont couvert (Trajet d’environ 3 km)

    Le sentier du Pont Couvert. Crédit photo : Martine Gendron

Il y aura également un concours de bonhomme de neige ! Les citoyens sont invités à partager leurs photos de bonhomme de neige sur le Messenger Facebook de la municipalité avant le mardi 1er mars à 16 h pour courir la chance de gagner 1 des 2 ensembles à fondue avec fruits et chocolat pour faire une belle fondue au chocolat en famille. Le tirage aura lieu au déjeuner des familles le mercredi 2 mars.

Toute la communauté du Bas-Saguenay est très bienvenue si cela lui chante de venir dehors dans un décor de rêve !

Les trésors de L’Anse !

Michelle Brassard et Marina Lavoie sur la terrasse du Café du Quai.

Par un matin froid et lumineux, je rencontre Marina Lavoie et Michelle Brassard dans la chaleureuse ambiance du Café du Quai. Encore une belle histoire à découvrir pour le Trait d’Union ! Celle-ci débute en 1983, lorsque Louise Tremblay, la présidente des Fermières de l’Anse de l’époque, mieux connue sous le nom de madame Louise, demande à Michelle Brassard de réaliser un ouvrage sur le recyclage et la récupération.

Il faut dire qu’à l’époque de l’enfance de madame Louise, on ne jetait rien, on récupérait le linge des plus vieux pour en faire pour les plus jeunes, on détricotait, on redressait les clous, on ne se souciait pas de l’environnement, on ne connaissait même pas le mot, mais on n’avait pas le choix, il n’y avait pas de quincaillerie au coin de la rue !

Devant l’ampleur de la tâche, Gisèle Fortin et Marina Lavoie se joignent à l’aventure, celle d’aller à la rencontre de citoyens de L’Anse, essentiellement des personnes âgées. Une fois la confiance établie, une foule de récits, recettes et anecdotes s’accumulent et c’est ainsi que, sans vraiment s’en rendre compte, les trois comparses récoltent une multitude de connaissances, non seulement sur le recyclage et la récupération, mais également sur les remèdes et anciennes recettes typiquement anjenoises.

Gisèle Fortin, Lison Hovington, Michelle Brassard et Marina Lavoie lors du lancement
du livre à l’École Fréchette.

L’engagement initial est respecté avec la parution d’un premier recueil, Des trouvailles en héritage, qui rassemble des trucs et astuces pour ne surtout rien jeter. « Bien sûr, tout ce travail s’est fait bénévolement, précise Michelle Brassard, mais la chaleur humaine de ces rencontres a été pour nous notre plus belle récompense. Le deuxième ouvrage, Les trésors de L’Anse, parait en 1987. Il est empli de connaissances transmises jusque-là de bouche à oreille et qui se seraient sans doute perdues. »

Attablées devant l’immensité glaciaire du fjord, les deux amies revisitent des épisodes encore bien vivants dans leur mémoire :

  • Je me souviens quand on est allées rencontrer monsieur Horace Dallaire, j’aurais passé la semaine là !
  • Moi c’est chez madame Anne-Marie Houde, celle qui était aveugle, elle m’avait fait goûter du gin avec des tondreux et des rognons de castor !
  • Et René Boudreault, tu te rappelles, le père à Réjean, lui il faisait de la baboche, de l’alcool frelaté ! La recette est à la fin du livre, il appelait ça du chien ! »

Vendus à l’épicerie du village, ainsi qu’au Site de la Nouvelle France, Les trésors de L’Anse ont été réédités de nombreuses fois ! S’ils ont maintenant la cote, les produits du terroir n’étaient à l’époque, pas aussi populaires. Ce groupe de femmes, – il y avait pour compléter l’équipe Anne Gaudreault et Élisabeth Miron de Petit-Saguenay qui participent respectivement à la conception des dessins et au graphisme, tandis que la correction est effectuée par Noëlla St-Pierre – était en quelque sorte très à l’avant-garde. En 1987, elles passent même à TVA durant l’émission Coup de soleil de Lison Hovington, qui devient d’ailleurs leur présidente d’honneur lors du lancement du livre à l’école Fréchette. Les trois amies ont même participé au Salon du livre de Jonquière. Il faut croire que la chaleur humaine récoltée en même temps que les recettes et remèdes donne des ailes !

Marina, et sa passion pour la cuisine, recommencerait l’aventure demain matin sans hésiter :« On a essayé presque toutes les recettes que l’on retrouve dans Les trésors de L’Anse et on y a pris vraiment beaucoup de plaisir ». De son côté, Michelle et son intérêt pour les médecines douces est tout autant enthousiaste « Ça m’a rejoint sur plusieurs points ces rencontres avec les gens d’ici, je récupère et j’ai étudié longtemps en phytothérapie, d’où l’intérêt pour les huileux de castor. » Gisèle Fortin, de son côté, c’était le contact avec les gens de L’Anse puisqu’elle est native d’ici !

La prochaine réédition sortira au début de l’été 2022. Il y sera ajouté ce poème écrit par Achille Boudreault en juin 1987, à l’occasion du lancement des Trésors de L’Anse.

 

À vous trois

Vous avez retrouvé, au grenier des souvenirs

Ces trésors du sablier qui attend

Tout empoussiéré dans les toiles du temps

Voulant donner l’ordre aux heures de repartir.

Vous avez replacé le sable à sa tête

Et ce qui était après devient avant

Filent les messages des grains blancs

Descendant au frimas de la fenêtre.

Que ce soit printemps que ce soit été

Que ce soit automne que ce soit hiver

Vous avez fait que le temps y soit remonté

Pour revenir y couler à l’envers.

Vous avez voulu écrire comme une lettre

À l’un de vos grands amis

Comme si vous l’auriez promis

Quel que soit l’endroit où il puisse être.

Il vous a fallu aller

Au-delà de bien des rivières

Pour cueillir, profondément rechercher

Dans les souvenirs de nos mères.

Merci d’avoir porté à notre tête

Ces trésors de notre passé

Ayant facilité la vie de nos ancêtres

Et la future nôtre, c’est espéré.

- Publicité -

NOUVEAUTÉ

POPULAIRE