Ha la fameuse crise sanitaire! Cela va faire bientôt un an que de nouveaux mots font partie du vocabulaire au quotidien : COVID-19, virus, crise sanitaire, masque, distanciation sociale, isolement, et j’en passe. Un des derniers mots apparus sur nos lèvres : COUVRE-FEU! Il n’est pas facile pour toutes les classes de la société de respecter ces règles et de les mettre en pratique, même si l’on doit s’y conformer afin de réduire la propagation et que cela semble porter fruit jusqu’à présent.
Il
est difficile pour les adolescents de vivre cette pandémie, cette génération
est celle qui subit le plus de conséquences de cette 2e vague. Dieu
sait qu’à cet âge, les amis et les sorties, c’est IMPORTANT. L’école à la
maison, une journée sur deux pour les grands du secondaire demande toute une
adaptation. Ce n’est pas facile d’être concentré et de bien comprendre la
matière lorsque tu es assis devant un écran durant plusieurs heures. C’est
pourtant bien ce qu’on leur demande de faire pendant que les parents, eux,
peuvent aller au travail, pour la plupart. Avec ces journées par alternance – souvent
leur cercle d’amis s’étend à plus d’un niveau scolaire – il leur devient
difficile de voir leurs amis qui ne sont pas dans le même degré qu’eux.
À
l’extérieur de l’école, on leur demande aussi de restreindre leurs
fréquentations. Les activités doivent se faire en famille et non entre amis.
Inviter une amie à dormir, partager un repas, écouter un film ou jouer à un jeu
de société avec des copains, ça ne se fait plus pour le moment. Souvent à cet
âge-là, les parents, les frères et les sœurs tombent sur les nerfs! Et ce sont
les seuls qu’ils peuvent voir! Tous ces petits gestes anodins pour les adultes,
c’est la réalité que les jeunes vivent depuis près d’une année.
Le comité Activité-Jeunesse 12-18 et la municipalité de Rivière-Éternité se sont penchés sur cette réalité et ont décidé de mettre un petit baume sur la santé mentale des jeunes de 12 à 18 ans.
Un sac à surprise leur a été offert. Ces sacs ont été distribués à tous les jeunes de la municipalité, qu’ils fassent partie ou non du groupe Activité-Jeunesse 12-18.
À
l’intérieur, on y retrouvait des objets pour passer le temps, voiture à
assembler, auto à coller, peinture à diamant, cahier d’activités qui comprend
des jeux, références d’influenceuses Youtube, chansons populaires, recettes, sac
à bonbons, etc. Un bingo avec la plate-forme zoom a également été organisé.
Le
but de cette donation était de rappeler aux jeunes qu’ils ne sont pas seuls et
qu’ils sont soutenus, en ces temps de pandémie. On comprend que ce c’est un
moment difficile à passer mais prochainement, on devrait avoir plus
d’allègements dans notre quotidien. En souhaitant que le matériel distribué ait
fait du bien aux jeunes en leur changeant les idées pendant quelques heures.
Pierre-Luc Gagné, Marie-Chantale Bergeron, Éliot, Sofia et le bébé 🍼 c’est Livia .
Pierre-Luc Gagné et Marie-Chantale Bergeron avaient un rêve, un projet qui mijotait dans leur tête et leur cœur depuis bien 4 années quand leur premier chalet, le Gaston, voit le jour à l’hiver 2018. Les heureux propriétaires d’une terre de 90 hectares à L’Anse-Saint-Jean voulaient offrir la possibilité aux gens de venir se ressourcer en pleine nature, dans un espace chaleureux et sauvage à la fois.
« On se trouvait tellement privilégiés d’avoir accès à un environnement si grandiose qu’on s’est dit, il faut le partager, il faut que le monde vienne ici! En construisant le premier chalet, on a bien vu qu’il y avait un réel engouement, alors on s’est lancé dans l’épopée administrative pour obtenir l’autorisation de construire d’autres chalets sur une terre agricole. Ça a pris deux bonnes années de démarches auprès de la municipalité et de la Commission de Protection du Territoire Agricole du Québec (CPTAQ), mais maintenant on peut offrir 4 hébergements, 3 chalets en bois (le Gaston, le Conrad et le Gérard) et un dôme (La Rose-Aimée), et les réservations n’arrêtent pas. » précise Marie-Chantale, native de Rivière-Éternité.
C’est avec Habitation Bois
Concept, l’entreprise de Ferland-et-Boilleau, que le jeune couple conçoit
l’élaboration du premier hébergement. « On est allés les rencontrer et ils
nous ont beaucoup aidés pour la conception de notre projet. »
Au départ, Cabananse recevait
beaucoup d’Européens, surtout de juin à fin octobre! Ils vivaient leur rêve de
la cabane au Canada! L’entreprise a même pris son envol avec cette clientèle, pour
ensuite l’hiver recevoir essentiellement des Québécois hors région.
Avec l’arrivée de la pandémie, l’entreprise doit arrêter ses activités pendant deux mois. « La journée où on a eu le droit de relouer les chalets, on avait des crampes de pouce, c’était fou, fou, fou. Et depuis, on est complet tout le temps, même en semaine.
On a du monde de partout au Québec, mais aussi beaucoup de gens de la région qui viennent en bulle familiale, pour concilier travail – famille – nature!
D’autres sont venus faire leurs travaux de fin de session d’université, décrocher du cadre juste télétravail et venir s’aérer en nature, faire du ski de fond, du fat bike. » m’explique le jeune couple qui prête une grande partie de ses terres au mont Édouard pour les sentiers de ski de fond et de fat bike, un nouveau projet fait en collaboration avec des bénévoles de la montagne.
Cet été, Pierre-Luc a
construit, sur la rivière du Portage, un pont qui relie la Zec de L’Anse et qui
permet aux motoneigistes de filer direct jusqu’à leur chalet.
« Notre but ultime, c’est d’accueillir des gens, leur faire vivre l’expérience nature d’un lieu de ressourcement. Quand je me mets sur ma galerie le soir et que j’entends la vie, les rires, qui viennent des chalets … ça me fait du bien. On accueille les gens avec une bière d’ici, l’été ils ont leur panier, ils vont aux bleuets gratuitement, et puis il y a les noms des chalets en l’honneur des ancêtres. La terre a une âme et si on est ici, c’est aussi grâce à ceux qui ont travaillé fort. » conclut fièrement Marie-Chantale.
L’un des phénomènes les plus remarqués de 2020 est la migration de la population des centres urbains vers les régions. Il semble que la pandémie ait sonné l’heure du réveil pour plusieurs Québécoises et Québécois qui rêvaient de s’établir en région ou d’y acquérir une résidence secondaire.
La MRC du Fjord-du-Saguenay n’échappe
pas à ce phénomène, alors que les transactions immobilières y ont crû de 22%
entre 2019 et 2020. Si toutes les municipalités du Bas-Saguenay ont vu les
transactions augmenter, c’est à Petit-Saguenay que la hausse a été la plus
prononcée. En effet, le nombre de transactions y a augmenté de 121% depuis un
an, ce qui fait en sorte que le nombre de maisons, de chalets et de terrains à
vendre à Petit-Saguenay est au plus bas depuis des années.
Pour répondre à cette demande, la
municipalité planche sur un projet d’écoquartier, qu’elle souhaite implanter à
proximité du périmètre urbain. Des
négociations sont en cours pour acquérir un terrain qui permettrait la
construction d’une dizaine de résidences écologiques dans un décor enchanteur.
Ce projet est particulièrement innovant, dans la mesure où le plan
d’implantation et les règlements d’urbanisme seront préparés de façon
participative avec les futurs résidents. Trois autres projets sont également en
discussion avec des promoteurs privés pour implanter des quartiers de
villégiature, notamment en bordure de la rivière Petit-Saguenay et du Saguenay.
Ce dynamisme au niveau du marché
immobilier est une bonne nouvelle pour Petit-Saguenay, alors que plusieurs
projets sont en cours pour rendre le projet attrayant pour les nouveaux
arrivants. La rénovation complète de l’école primaire en vue d’en faire l’école
la plus verte en milieu rural au Québec est certainement un élément attractif
pour les familles. Les projets de développement de plein air en cours répondent
également aux besoins des nouveaux arrivants, qui recherchent un endroit où ils
peuvent adopter un mode de vie actif. Alors que nos petites municipalités se
préparent à absorber le choc du vieillissement de la population, cette tendance
sur le marché immobilier est de très bon augure !
Le dépité François Tremblay rencontre les jeunes élèves de l'école Saint-Félix.
Dans le cadre du dossier portant sur le plein air et son impact sur la santé mentale, le Trait d’Union a rencontré le député François Tremblay. Propos recueillis par Cécile Hauchecorne.
Comment passe-t-on d’un travail à la SEPAQ à l’Assemblée nationale? Ces expériences professionnelles sont-elles complémentaires et si oui, en quoi?
Au cours de mes 8 années à la SEPAQ, j’ai entre autres siégé sur le comité de coordination, comme chargé de projet du parc marin Saguenay-Saint-Laurent. En parallèle, je continuais à travailler sur des projets en lien avec le parc terrestre, (Écoles en réseau, pêche blanche à Rivière-Éternité), ce qui m’a permis de me sensibiliser à toute la réalité du Bas-Saguenay. Ensuite, il y a eu ce poste de coordonnateur des communications pour la 48e finale des jeux du Québec. Une expérience très enrichissante sur une durée de trois années. Pour travailler sur ce genre de dossier, on pourrait dire qu’il faut du sens politique! Enfin, le saut en politique municipale comme indépendant sur le district 19, secteur Grande Baie. Mais pour moi, mon rôle, c’est toujours de l’engagement et de l’implication sociale, rencontrer les gens, essayer de trouver des solutions. L’élection dans Dubuc comme député, c’est la vie qui m’a amené vers ça, d’un mandat à l’autre, à travers l’engagement.
Beaucoup de changements radicaux au
niveau du quotidien ont été demandés à la population durant la dernière année.
Diriez-vous que dans vos fonctions de député, des changements ont également été
instaurés, et si oui lesquels?
Dans un contexte chaotique
comme vous dites, on voit très bien comment la société réagit, certains
organismes ou individus vont bien le gérer, vont absorber la vague pour essayer
de la relancer plus positivement, et on assiste à de belles réussites, de
nouveaux projets qui voient le jour. On peut voir aussi que c’est plus
difficile pour d’autres et c’est là que moi j’entre en ligne de compte. Communiquer
de façon plus régulière avec les municipalités, le service de proximité, c’est
définitivement la marque de commerce de mon équipe dans Dubuc, d’avoir une
communication continue, pour moi c’est ça un rôle de député, établir des ponts
avec les 13 municipalités de DUBUC, incluant l’arrondissement de La Baie, pour
s’assurer que tous les projets qui sont en cours reçoivent des appuis
constants. Je communique également avec les résidences pour personnes âgées, la
popote mobile, le centre Mieux-Vivre. J’ai observé beaucoup de dynamisme au
niveau des organismes communautaires, même si la pandémie rend leur travail
extrêmement difficile. Quand le CLSC ou les bureaux de SAAQ étaient en péril, j’écris
des lettres assez claires merci! J’écris aux différents ministres et je leur
fais bien comprendre notre position en milieu rural, et à quel point le milieu
rural a sa raison d’être. C’est Petit-Saguenay qui m’a sensibilisé là-dessus,
et je pense aussi que le Québec est dû pour une réflexion collective sur
l’avenir du milieu rural, les dernières grandes réflexions se sont tenues en
2002.
Le plein air est une source de santé
inépuisable. Quelles actions avez-vous mises en place pour faciliter et
augmenter son accessibilité ?
J’ai déjà collaboré sur des
projets avec Pierre Lavoie pour rendre accessibles des
équipements au mont Édouard pour les jeunes des milieux scolaires. Mon travail
à la base, c’est d’avoir un lien étroit avec les municipalités, sinon les
promoteurs d’évènements. La coupe de ski NorAm, on l’a appuyée fortement et ce n’est pas si évident de trouver du
financement mais je suis assez proactif pour solliciter mes collègues ministres
et leurs discrétionnaires. Avec Rémi Gagné, et son projet d’acheter les chalets
du parc, il y a déjà des interventions qui ont été faites au niveau du ministre
Pierre Dufour, pour une exonération de taxes sur tel segment, pour que la Sepaq
absorbe des frais notariés, ça représente des coûts de 15 à 20 000 $. Ce
sont des lettres que le député va écrire directement au ministre sur demande du
maire, et qui portent fruit. Et sur le terrain, les projets de Francis Laroche,
Sportif de rue avec Hugo Lapierre, je les ai toujours soutenus. À chaque fois
qu’il travaille sur un projet, il a toute mon écoute et toute ma collaboration,
même au niveau de l’aide financière. Et leur grande marche, je l’ai suivie en
ligne, c’est courageux et exemplaire ce qu’ils font auprès des jeunes. Je leur
ai envoyé des bas en alpaga! Si j’ai un segment de notre réalité sociale à cœur,
c’est bien le communautaire, mes parents le faisaient avant moi et ils me l’ont
transmis, et Francis sait clairement que s’il a d’autres projets, je vais
répondre présent!
Mon rôle en fait, c’est de
faire le pont entre les différents ministères et la communauté. Il y a
plusieurs programmes qui existent ou qui arrivent de façon ponctuelles, qui ont
émergés du contexte Covid, autant au niveau culturel, patrimonial que plein
air, et mon rôle systématique à moi, c’est d’informer les différentes
municipalités pour qu’elles aient accès rapidement à ces programmes-là, qu’on
fasse le travail de suivi pour s’assurer qu’on rencontre les critères et une
fois que c’est fait, et bien c’est de pousser et de s’assurer qu’on va avoir
notre part de richesse collective, c’est ça le travail de député dans le fond!
Les
problèmes de santé mentale connaissent une hausse fulgurante auprès des jeunes.
Quelle est votre vision à long terme à ce sujet?
Au SLSJ, 11,3% de la
population étudiante est diagnostiquée TDAH, et on parle à l’école secondaire
de 28%. Ce qu’on rencontre comme réalité, c’est qu’en région, souvent par
manque de ressources, on donne de mauvais diagnostics trop rapidement. Il faut
davantage de concertation entre la famille, le milieu scolaire et un milieu
professionnel bien outillé pour s’assurer de donner les bons diagnostics. Bien
sûr, il ne faut pas oublier que la médication s’avère nécessaire dans certains
cas, permet à des jeunes de mieux fonctionner.
Avec cette problématique de
surmédicalisation, il est d’autant plus important de s’asseoir autour d’une
même table avec les conseils des différentes écoles et voir dans quelles
mesures on pourrait fusionner des services, collaborer davantage. Il va manquer
deux ou trois élèves dans certaines écoles pour avoir accès à certains budgets
X d’accompagnement d’un service professionnel? Les solutions, c’est ensemble
qu’on va les trouver.
Envoyer les gens vers de la
médication alors qu’on pourrait favoriser une approche humaniste, c’est un
autre dossier sur lequel je travaille avec certains spécialistes de Québec, au
niveau du cabinet de Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services
sociaux.
Le rapport sur la surmédicalisation des jeunes TDAH vient d’être déposé à l’Assemblée nationale. Des actions suivront sous forme de programmes ou d’interventions directes au niveau des régions. Mon rôle va être de m’assurer des suivis.
Les deux entrepreneurs, Philippe Pichon et Jérôme Durocher.
L’entreprise Ski Saguenay, créée en novembre dernier, propose une expérience de ski intime, avec un maximum de 8 personnes en même temps sur la montagne. Cette opportunité permet aux adeptes de ski haute-route, qui connait une expansion fulgurante, d’ouvrir leurs traces dans de la poudreuse toute fraiche. La forêt alentour protège des vents dominants et l’orientation nord-ouest garantit un maximum d’accumulation.
Depuis qu’ils ont acheté ces
deux lots à bois, dans le secteur Périgny à L’Anse-Saint-Jean, les deux
entrepreneurs, Philippe Pichon et Jérôme Durocher, se permettent de rêver :
« L’idée, c’est de créer un projet en faisant ce que l’on aime, en
partageant notre passion du territoire et du ski. »
Dès le début, en marchant le terrain, Philippe voit le potentiel de développement d’un nouveau secteur haute-route. Jérôme seconde : « Être dans le bois sans qu’il soit nécessairement tout aménagé, partir avec tes peaux d’ascension sans itinéraire trop précis, tu sais où tu vas descendre mais des fois pour monter, tu peux suivre des routes alternatives, suivre une coulée. C’est cette liberté que l’on veut offrir.
Ce que l’on veut, c’est faire découvrir notre terrain de jeu et que le client passe une journée de ski mémorable.
C’est précieux d’avoir l’opportunité de profiter de l’ensemble du territoire du Bas-Saguenay, au mont Édouard, avec ce secteur gigantesque, le nouveau développement à Petit-Saguenay, géré par la FQME et chez nous, un ski plus exclusif. Ce sont vraiment 3 produits totalement différents qui se complètent très bien aussi je crois! »
L’hiver dernier, ils ont
testé le territoire, et cet été, ils ont ajusté certains virages trop serrés. Les
deux protagonistes expliquent qu’avec Ski Saguenay, ils se voient comme un
projet complémentaire aux structures déjà en place. « On veut amener dans
la région ce sport comme un produit d’appel, que le Bas-Saguenay rayonne comme LA
place du haute-route. Le mont Édouard, toute la bataille à l’époque de sa
création, a en quelque sorte allumé la conscience de plusieurs, démontré qu’il
est possible de se battre pour son rêve et de réussir. Un autre exemple qui
nous inspire, c’est celui de Murdochville en Gaspésie, une ville minière
abandonnée et en faillite, où le ski a débarqué et depuis, ça roule! En 10 ans,
l’entreprise d’aventure en plein air le Chic Chac a grandi dans un milieu où de
nombreuses entreprises de plein air se partagent et se respectent sur un
territoire immense, ils travaillent ensemble pour mettre la Gaspésie sur la
carte, et nous, on aimerait que pour le Bas-Saguenay, ça soit la même chose, »
visualise Philippe Pichon avec enthousiasme.
Le Jardin de Joëlle Gagnon consolide son virage agrotouristique avec deux chalets rustiques et un kiosque de produits frais. L’idée est de permettre aux gens de la ville de vivre au rythme d’un jardin et de ses bons légumes. « Les gens viennent ici pour décrocher, reprendre contact avec le vivant, regarder les étoiles sans lumières artificielles! Nous, ça nous parait naturel mais ce n’est pas donné à tous de vivre cette beauté là au quotidien! » s’exclame la propriétaire des lieux.
Avec ces deux chalets rustiques, le Panthéon et la Bécassine, le Jardin des Défricheurs de Ferland-et-Boilleau permet à ses visiteurs de vivre l’expérience du camp dans le bois mais vécue d’une façon rassurante et facilitante.
Assez isolées, intimes mais sans avoir besoin de prendre une motoneige ou un 4 roues pour s’y rendre, ce sont des constructions écoresponsables, bâties avec du bois du village ou de la région et scié par des artisans locaux, mais aussi avec des matériaux récupérés.
« Avant la pandémie,
notre clientèle était très variée, allant des américains, ontariens, européens
aux québécois qui venaient décompresser. Mais depuis presqu’un an, c’est évidemment
plus des québécois, des gens de Montréal, de Québec, mais également un bon 25%
de gens d’ici, du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui veulent juste sortir de leur
appartement et s’offrir une pause en nature. Et on peut dire qu’en ce moment,
ça répond vraiment à un besoin. Ce sont des gens qui viennent se ressourcer,
prendre un bon bol d’air, décrocher, écouter le silence, chauffer le poêle,
faire de la lecture, parfois j’ai aussi des artistes qui viennent faire des
retraites d’écriture. Les locations se font à l’année et vont quand même
bien. » poursuit Joëlle Gagnon.
Celle qui n’a pas une grande
terre précise qu’avec la municipalité et un beau groupe de bénévoles, de
nombreux sentiers se développent à Ferland-et-Boilleau (voir texte Nathalie
Simard). Il s’agit ici de mettre en valeur la beauté des paysages montagneux bordant
le magnifique lac Ha!Ha!
« Nous, ce que l’on veut
avant tout avec ces chalets, c’est partager un peu de notre bien-être. Depuis
cet été, tous les gens qui viennent ici, c’est vraiment pour décrocher du
stress de la ville, ils arrivent stressés et ils repartent détendus juste
d’être dans le bois, ça leur fait du bien de prendre un rythme un peu plus
humain! Des fois, pas besoin d’aller loin pour changer d’espace, changer d’air! »
termine joyeusement Joëlle avant de retourner sur sa terre.
Sur le thème des bienfaits du plein air sur notre santé, nous sommes donc allés faire un « 5 à 7 lignes d’écriture » dans le tipi de notre école.
Dessin collectif réalisé en classe par les élèves de l’école Marie-Médiatrice
Je me sens bien quand …
Je vais à la pêche l’été.
J’aime pêcher des gros poissons.
J’aime pêcher dans la rivière Éternité des
truites.
J’aime aller avec Dylan dans
une rivière secrète.
J’aime pêcher la truite de mer.
J’aime la pêche parce
que j’aime le combat en pêchant.
J’adore y aller en vélo.
J’aime
la pêche car elle me détend.
Isaac Faucher
… je fais du vélo dans ma cour.
Ça me rend heureux. J’aime conduire un quatre roues dans
la forêt avec ma famille. J’aime me baigner dans ma
piscine avec ma cousine. Aller dehors me fait du
bien!
Samuel Gagné
… je suis au chalet
pour jouer avec ma cousine. Nous faisons plein d’activités
comme se baigner, courir, se
cacher, sauter, glisser, et surtout rire.
Je vais dans
les bois pour entendre les animaux, ça me calme.
Je pêche des poissons au
lac du Canot Vert, ce magnifique lac se nomme
comme ça parce que il y a
un canot vert inutilisable.
Je fais des
mauvais coups avec ma cousine.
Nous chantons des chansons bizarres dans
les bois pour énerver nos frères.
Jolianne Corriveau
… je pêche sur la
glace parce que je prends de l’air et je ne pense à
rien sauf la pêche.
Je fais du vélo parce que
je m’amuse avec mes amis et je peux aller partout.
Je fais une randonnée en
quatre roues avec ma famille.
Je vais jouer dehors
parce que je ne suis pas sur mes écrans.
Je tends des
collets pour attraper des lièvres et parce que je suis avec mon
père.
Alexis Tremblay
… je mange, ça me
donne des forces.
Je marche,
c’est amusant.
Je patine sur la glace
cela me rend heureuse.
Je me glisse,
surtout quand je vais vite.
Je fais un feu parce
que cela me réchauffe et c’est drôle quand on se raconte des
histoires.
Je suis heureuse, ça me donne une belle énergie.
Naomie
Fortin
… je fais un bonhomme de
neige dehors.
J’aime aussi me glisser
avec ma sœur et mon frère.
Avec ma famille, j’adore
aller pêcher.
Je me sens détendue et
heureuse dans mon cœur quand je suis à l’extérieur.
Megan
… je vais jouer dehors au
hockey avec mon père ou mes amis.
J’aime aller à la pêche
avec mon grand-père et ma marraine d’amour.
Je me sens calme quand je
suis dehors et qu’il neige.
Hugo
… je fais du patin avec
mes amis.
J’aime faire du
quatre-roues, du ski-doo et de la pêche avec mon père.
Avec maman, j’aime marcher
en parlant de la vie.
Avec mon frère, j’adore me
glisser.
J’aime vraiment faire un
feu et manger des guimauves avec ma famille.
Daphné
… je vais à la piscine
avec Megan et Alexis.
J’aime passer du temps avec
mon cousin parce qu’il me fait rire.
Aussi, j’aime beaucoup
faire du trampoline parce que c’est rigolo.
Je me sens bien et calme
quand je vais faire un bonhomme de neige avec ma petite famille. Moi, je suis
heureuse quand je suis dehors!
Melody
… je fais du ski de fond
avec ma famille.
J’aime rire avec eux
surtout quand on tombe.
J’aime aussi aller à
l’érablière pour ramasser de l’eau d’érable et pour me glisser.
Je suis vraiment heureuse
quand on fait des feux avec mes amis et ma famille pour manger des guimauves et
des toasts.
Je me sens bien quand je
fais du ski-doo avec ma sœur.
Je me sens si bien quand je
suis dans la nature!
Yoana
…je suis à
l’érablière avec ma famille et qu’on s’amuse.
J’aime aussi aller à l’érablière car je fais du
sirop d’érable. Quand je suis là-bas avec mon cousin Éli, on
fait semblant que nos trois skis, c’est
des motoneiges et qu’on met des pièges. On aime
embarquer dans le traineau noir pour ramasser l’eau d’érable. Je me sens
heureuse et ça me permet de me déconnecter des écrans.
Naomie Gagné
… je fais de la motoneige dans la
neige folle avec mon cousin Brian sur le lot de mon grand-père.
Je suis à la pêche blanche avec ma famille et mes
amis.
Je vais à la chasse avec mon père, marcher dans le
bois et regarder les arbres orange et rouge.
Je fais du BMX au village avec mes amis.
Je joue au hockey avec mes amis à la patinoire de
Rivière-Éternité.
Dylan Lavoie
Une sortie apaisante
Hugo Lapierre et les jeunes de l’école Marie-Médiatrice autour du Tutem.
Le 4 février dernier, le sportif de rue Hugo Lapierre nous a fait
vivre une activité de plein air «Tutem». Nous sommes allés dans la forêt
trouver un endroit où l’on pouvait faire un cercle. Nous devions aller chercher
un élément de la nature, lui donner un nom et dire pourquoi nous l’avions choisi.
Et pour terminer l’activité, nous avons placé nos objets à tour de rôle afin
qu’ils soient tous unis pour former notre « Tutem ». Nous sommes revenus de
cette sortie transformés positivement.
À la suite du départ d’Audrey Gagné, la municipalité de Petit-Saguenay a procédé à un processus d’embauche rigoureux pour dénicher la perle rare pour la direction du développement, un poste où il y a eu beaucoup de mouvements dans les dernières années. Parmi la vingtaine de candidates et de candidats et trois rondes d’entrevue plus tard, c’est Corinne Asselin qui a été retenue. Elle est entrée en poste au début du mois de janvier.
Corinne Asselin est une jeune femme
originaire d’Alma, qui a étudié en communication, politique et société à
l’Université du Québec à Montréal. Elle poursuit présentement des études à la
maitrise en sciences politiques. Comme elle le mentionne, après avoir résidé 8
ans à Montréal, elle désirait retourner s’établir en région « pour être
plus près de la nature et pour participer au dynamisme qu’on y sent depuis
quelques années. »
Pour elle, diriger les activités de
développement de la municipalité de Petit-Saguenay était une belle opportunité
de mettre en application les connaissances acquises lors de ses études. « J’ai vu les projets qui s’en
venaient à Petit-Saguenay et ça correspondait à mes valeurs et à ma vision du
développement des régions, entre autres en ce qui concerne l’environnement et
la participation citoyenne » explique Corinne Asselin. Cet emploi
était également une excellente opportunité de se rapprocher de sa famille.
Bien qu’elle soit arrivée à
Petit-Saguenay en plein confinement, elle s’est sentie tout de suite bien dans
son nouvel environnement, elle qui s’est trouvé un appartement dans le secteur
de Saint-Antoine. En plus de l’accueil de ses collègues de travail et du
voisinage, elle souligne la beauté du paysage comme un facteur déterminant.
« J’adore les montagnes et je profite de mes fins de semaines pour les
découvrir en faisant du plein air ! »
Le 29 novembre dernier, les sportifs de rue entamaient une grande marche de mobilisation allant de Petit-Saguenay à La Baie. Un itinéraire de 150 kilomètres sur cinq jours et ralliant six municipalités pour envoyer un message d’espoir, de force et de résilience à la génération actuelle et se rappeler qu’il est toujours possible d’œuvrer pour notre santé globale.
Depuis la mise en œuvre des mesures
sanitaires de lutte contre le virus, ils n’ont jamais cessé de se réinventer
afin de continuer de répondre à leur mission. Comme les mesures ont un impact
majeur sur la santé de la jeune population, l’équipe des Sportifs.ves allait
donc marcher pour aller prendre le pouls des jeunes dans leur municipalité.
« Pour nous, la santé ce n’est pas que les hôpitaux, les pharmacies et leurs institutions, c’est aussi la culture, les arts, les loisirs, le grand air, les ami.e.s, la famille, etc. Les rendre accessibles, c’est garantir une meilleure santé globale à la population. »
Laurence Leclerc
Grande plein-airiste, elle est née dans un canot et fait du camping depuis qu’elle s’en souvient. Étudiante au Baccalauréat en intervention plein air, elle est toutefois éducatrice spécialisée de formation. Elle joue, elle rit et elle écoute tous ceux qui croisent son chemin. Elle aime aider les gens et si elle peut utiliser la nature pour arriver à ses fins, elle va le faire.
Hugo Lapierre
Animateur, poète-conteur, artisan des possibles, défenseur du lien entre nature et mieux-être, Hugo propose, par l’escalade, la rando, le ski, le kayak, le jogging, et autres activités à bol d’air, une aventure vers soi et une découverte du potentiel humain. Ce n’est pas ce que l’on fait mais pourquoi et comment on le fait. Peu importe l’art ou le sport, la forme non-compétitive permet la rencontre et l’enrichissement.
Francis Laroche
Thérapeute proactif, axé sur l’ouverture à l’autre et sur le mouvement en continu, son enthousiasme sans fin inspire le jeu et facilite la relation. Artiste de rue et provocateur de l’instant, il est outillé et curieux, savant et agile, gamin et leader. Essayons, vivons pleinement, on verra bien ou ça nous mènera.
Sur les traces de Postillon, des bouts de laine accrochés au fil du cœur, nous avons marché…
Pour… rencontrer et espérer; pour ralentir et conscientiser; pour se parler et dynamiser; pour rassembler et écouter; pour motiver et inspirer; pour la relation au territoire et à tous ceux et celles qui le composent; et ultimement, pour une santé globale à vivre et à bâtir…
27 novembre à Petit-Saguenay
À l’École Du Vallon, nous sommes attendus par 13 jeunes de
6e année, excité.e.s de nous montrer la forêt thématique des Jardins de mon Enfance. Ce qu’ils ont eu
à nous dire résonne encore en nous :
« On
fait tellement de pollution, qu’on fait fondre les pôles »
« La
nature a pu reprendre son cours, à cause du ralentissement des humains »
« On
peut pas s’occuper de notre santé si on s’occupe pas d’la planète »
« Mon
hockey s’est arrêté, alors aujourd’hui grâce à la marche, j’ai fait mon
cardio »
Après une merveilleuse randonnée, remplie de confidences,
de jeux et de trouvailles au beau milieu d’un sentier riche en poésie, la
classe de madame Vicky nous transmet une dose d’encouragement. Chaque jeune
nous laisse avec une impression de clairvoyance en ces temps de grand
brouillard…
Nous sentons l’élan qu’il nous fallait pour le début de
l’aventure!
29 novembre au matin, à L’aréna Roberto Lavoie – Parvis de l’Église – Grand départ!
Alors que le soleil projette
sa lumière sur la montagne en face, quelques flocons dansent et tourbillonnent,
comme pour célébrer l’ouverture de notre grande marche. Nous avons dormi dans
un aréna sans glace, et nous nous réveillons avec l’envie d’aller à la
rencontre de tous ces gens, privés d’activités depuis un certain temps. Ces
flocons qui se déposent tout autour sont comme toutes ces personnes qui auront
quelque chose à nous dire à propos de leur santé. Chaque individu, unique,
formant un tout pour couvrir d’un grand manteau blanc le cœur de Petit
Saguenay, éclairé.
Première consultation citoyenne. Sous le ton de l’échange
amical, les résidents du village sont heureux de se voir, et nous expriment à
quel point ils se considèrent chanceux de faire partie d’une communauté
« qui aide son monde ».
« Il fait bon vivre ici, surtout lorsqu’on sait qu’en
ville, ils manquent d’air, même sans masque! »
« Après la 2e guerre, il y a eu un boom de
production et de consommation. Peut-être qu’après la pandémie, on va réinventer
les relations!? »
« La preuve de la continuité réside dans ces deux p’tits gars-là, qui vont emprunter le même chemin que mon arrière-grand-père, dans le but de livrer un message important. »
Élias Côté nous rappelle que le passé ne veut pas passer, que son moyen pour ne pas se faire
oublier est de débobiner des ficelles de laine et de les accrocher sur des
porteurs d’avenir. Ainsi, l’histoire se construit au fil de ceux et celles qui
se prêteront au jeu d’écrire un autre chapitre. Nous sommes donc honorés
d’apprendre que nous marcherons dans les pas de Charles Côté, le Postillon. Il parcourait
le même itinéraire aller-retour à chaque semaine, de 1930 à 1960 environ. Il
livrait le courrier, ramassait celui de la
boîte à sauvages, transportait des messages, tel un agent de conservation
du lien. Sur
ses traces, nous poursuivons une quête vers des rencontres qui permettront de
briser l’isolement. Des échanges qui, nous le souhaitons, contribueront à jeter
de nouvelles bases dans un système où la santé humaine serait enfin une
priorité généralisée.
29 novembre en après-midi, au camping de L’Anse-Saint-Jean
Prés du feu, préparé d’avance par Anicet Gagné, nous ne réchauffons pas que nos bas, mais aussi nos cœurs et nos esprits, grâce à un échange à saveur philosophique, qui nous laissera une impression d’être en famille en train de refaire le monde. Les idées fusent et s’entremêlent, les visions se recoupent; et bien inquiets des futures générations, nous nous rejoignons tous et toutes sur un paradoxe nécessaire : l’urgence de ralentir!
30 novembre au matin, à l’école Fréchette de l’Anse-Saint-Jean
… C’est en
allant à l’Anse, en passant par les bois…
Il
faut tasser la branche, pour voir où c’est qu’tu vas …
Avec
la quasi-totalité des élèves, certains hésitants, d’autres insuffisamment
habillés, nous marchons symboliquement vers notre prochain point de départ, la
halte routière voisine de la Maison Des Jeunes, qui nous mènera sur le sentier
de motoneige reliant L’Anse-St-Jean à Rivière-Éternité. Les jeunes se
questionnent à savoir où nous dormirons, si nous ne risquons pas trop d’avoir
faim; et si bien sûr, nous prévoyons mettre des images sur Youtube. Le concours
est lancé, tout le monde peut marcher à partir de son boisé ou près de la
maison, afin de courir la chance de gagner une sortie familiale en plein-air
avec une entreprise de la région.
30 novembre au soir, à Rivière-Éternité
Rémi Gagné, Caroline Simard, ainsi que quelques citoyen.ne.s, sous une pluie constante et froide, se racontent et échangent sur les moyens de rester optimiste, sur les politiques à venir et sur le désir de rester maître chez soi. Comment rester confiant dans les relations avec les instances gouvernementales? Comment fortifier et maintenir le tissu social entre les communautés, surtout en ces temps d’isolement et de doutes? Clairement, la constance et l’écoute sont des valeurs qui permettent aux résident.e.s de se sentir inclus et investis… Trois jeunes adeptes du vélo tournent autour du cercle de partage, tout en s’adonnant à des tricks, des prouesses. Ils sont mouillés eux aussi, mais leur présence colorée transperce la grisaille et nous fait oublier nos orteils ratatinés, ainsi que nos problèmes d’adulte, pour un moment.
1erdécembre au matin, en direction de Saint-Félix-d’Otis
Dans le brouillard presque menaçant, décembre s’amorce sans promesse d’un Noël blanc. Pourtant, en ce mardi matin gris, les élèves de Rivière Éternité nous sourient. Ils savent que le temps des fêtes sera atypique, mais dynamiques et résilients, ils nous propulsent joyeusement vers l’avant. Avec madame Johanne leur enseignante, 13 élèves de l’école Marie-Médiatrice marchent, puis dansent et chantent sur 1km, avant de nous regarder partir vers St-Félix d’Otis…
« Moi, même si j’suis pas très bonne en écriture, j’ai décidé d’envoyer des cartes et des dessins à mes grands-parents. Oui, oui, par la poste ! »
« Depuis le début de la pandémie, on a
pris plus de temps pour se connaître dans notre classe. »
«Moi pis mes amis, on va encore plus dans le bois et pis on fait plus de vélo. »
Brume, soleil, pluie, et des sentiers très
humides, nous sommes conscients que nos pas négocient le chemin, comme l’humain
rencontre les changements dans son quotidien. Différentes couleurs, plusieurs
saisons; comment s’adapte l’individu désormais masqué au travers des routes
inexistantes d’un futur plus qu’incertain? La pandémie nous plonge tous dans
une obligation à communiquer autrement et davantage, sur un parcours à tracer…
Tandis que nous profitons du léger glissement sous nos semelles, sachant si bien que notre chance d’être dans les bois est jalousée, l’instant nous mène à suivre la découpe d’une patte gigantesque. Puis, dans un silence sacré qui nous tient sur nos gardes; ça y est, ça craque tout près, il se retourne et nous regarde … l’orignal! A-t-il seulement une idée de notre démarche? Serait-il en train de placer son espoir en nous, espérant que la globalité de notre intention de santé puisse affecter positivement son terrain vital?
Nous
nous aventurons, insouciants, là où vivait autrefois une grande famille innue et nous y faisons la rencontre d’un chasseur à la fière allure, au
regard grave et léger; arborant une pipe qui laisse s’échapper un parfum d’intemporalité
et d’envoûtement. (L’arrière-petit-fils de Postillon nous avait prévenus des
possibilités d’apparitions soudaines si nous osions partir un dimanche. Il nous
avait mis en garde contre les intempéries et les défis cachés dans le creux
territoire entourant le petit et le grand Lac Éternité…) Un peu au-dessus de nos affaires, nous nous
enfonçons sans nous questionner, jusqu’à ce que pluie, grêle, vent et neige
viennent alourdir nos pieds et bousculer nos esprits. Sommes-nous réellement
confrontés à des présences mystiques? Avons-nous des messages à déchiffrer
avant de continuer ? La pause s’impose! Après quelques minutes, l’humidité
s’empare de nos corps, et reprendre la route n’est plus questionnable. Repartir
est d’une lourdeur qui abime momentanément notre confiance, mais après quelques
minutes déjà, le moral revient et le rythme renaît. Avancer, garder le cap ;
c’est la mission de chaque instant. Et c’est à ce moment que je comprends, que
ça me frappe ; nous sommes PRIVILÉGIÉS !
Toute ma vie, j’ai su au plus profond de moi que la nature avait un impact réel sur l’humain, et par cette épopée enfin, j’expérimente dans tout mon être cette équation que j’ai tant défendue. Je marche en forêt, tout simplement, mais pendant que je m’occupe de rester en mouvement vers mon objectif, mon corps se recharge par l’oxygène pur des arbres, la beauté du paysage, la diversité artistique naturelle des éléments, et par l’essence de la terre que je foule.
Chacun de mes sens, éveillé et émerveillé, ouvrant les portes
de ma personne afin de nettoyer tous les systèmes qui permettent la vie en moi.
Je n’ai rien à faire d’autre que de me laisser submerger par cette ressource
infinie avec laquelle nous ne faisons qu’un. À l’intérieur de mon être, des
milliards de cellules s’apaisent grâce à cette immersion en nature. Car
effectivement, quelques jours avant, je me sentais envahi d’idées négatives,
j’avais une charge émotive qui m’embrouillait, un genou qui ne pliait plus, des
douleurs aux mains qui me neutralisaient; et j’avais peine à voir comment
j’allais pouvoir traverser 6 villages. Et pourtant, j’y étais, à mi-parcours,
avec une facilité à négocier le prochain pas, une simplicité de l’instant, et
une joie de vivre qui me ramenait à mon enfance. Et oui, la forêt nous faisait
vibrer plus haut, elle nous guérissait lentement mais sûrement, grâce à toute
sa force thérapeutique complète, trop souvent mise de côté. Elle faisait son
œuvre en nous, puisque nous étions en elle…
2 décembre au matin à Saint-Félix d’Otis
Il est 6h02, la lumière lunaire m’a tenu éveillé et prêt pour une
journée d’environ 30 km. L’air frais nous fouette les joues et nous allume
l’envie d’entamer les 2 dernières journées avec sagesse et entrain. Grâce à la
ville et à Monique Claveau, nous avons pu sécher nos pieds meurtris au Chalet
des Loisirs, et nos quelques heures de sommeil à l’abri nous permettent de
poursuivre notre expédition sans compromis. Après 5 heures de marche, une
incertitude s’empare de notre boussole intérieure; la route ou le sentier? Le
détour plus haut, ou revenir sur nos pas? La jonction trouvée plus tôt, ou
continuer aveuglément? Décidemment, nous sommes momentanément perdus.
Déposer sa confiance dans l’autre, savoir qu’il assure, qu’il
possède les clés. Puis, comme dans toute relation, douter de soi et par le fait
même participer au recul qui fragilise le canevas, le contrat de l’équipe. Dans
ce genre de situation, Paul Provencher (grand trappeur et homme des bois) nous
conseille fortement de prendre un thé, une pause réelle, afin d’y voir
clairement par la suite. Après tergiversations et questionnements, et malgré un
sentiment d’empressement, nous nous imposons cet arrêt. Et comme par magie,
prendre le temps alors qu’il semblait s’égrener drastiquement, s’avéra être la
voie de secours.
En début d’après-midi, nous emboîtions le pas dans la bonne direction,
conscients du retard, mais fidèles à notre objectif, celui de marcher jusqu’au
prochain village…
2 décembre au soir, à Ferland-et-Boileau
Confiants que nous pouvions avaler environ 34 km de marche entre 6h et
18h, nous avions prévu rencontrer les citoyen.ne.s de Ferland dès notre
arrivée, question de jaser autour d’un feu de leurs préoccupations et de leurs
positions sur la santé globale. Comme le détour du midi ne fut pas le seul
obstacle, nous avons finalement parcouru presque 45 km en 14h, sur de la glace,
dans la boue et dans la neige, avant d’aboutir, épuisés, dans le stationnement
de l’église St-Gabriel. Notre amie, notre collègue, notre ange-gardien avait
gardé le fort, tenu la discussion, alimenté la flamme; elle nous tenait la main
à distance, notre chère Laurence. Et que dire de l’accueil de Monique Witzell,
avec ses douceurs pour nous alimenter l’intérieur, ainsi que ses petites et
grandes attentions pour nous réchauffer. Nous avions manqué notre propre
rendez-vous, mais les gens de Ferland ne nous avaient pas oubliés.
3 décembre le matin avec les élèves de l’école St-Gabriel
Plusieurs ados, inquiets de nous la veille, s’étaient donné la mission
de nous retrouver dans les boisés sombres des chemins, par lesquels nous
devions arriver. Ils avaient crié nos noms maintes fois, souhaitant ardemment
nous ouvrir la bonne voie.
«À matin, vous allez nous suivre jusqu’au lac, on va vous montrer par où passer. »
« Tout l’monde devrait connaître les sentiers dans le bois. Moi j’me suis tanné de jouer à des jeux vidéo, pis j’suis allé faire des cabanes sur la terre à mon oncle. »
« C’t’une bonne idée la
grande marche, ça rappelle aux autres d’aller dehors. »
Épuisés mais heureux d’être escortés par des élèves et des citoyen.ne.s,
nous attaquons les 25 derniers km qui nous séparent du petit quai de La Baie,
notre destination finale. Nicole et Monique Otis, ainsi que Monique Witzell,
Nathalie Simard et Joëlle Lavallée s’enfoncent en forêt avec nous pendant
quelques heures, nous entretenant sur les sujets chauds de l’heure.
Devrions-nous démocratiser davantage les sentiers de la SEPAQ? Comment
pourrions-nous inciter les jeunes à développer le réflexe du plein-air?
Avons-nous réellement le pouls de nos ados, et sinon, comment s’approcher d’eux
avec une oreille adéquate? Les problématiques de santé mentale sont-elles
inhérentes à la ville ou à la campagne?
La fin approche, le corps est lourd, les derniers miles sont pénibles; mais au fond de nous, une flamme encore bien vivante, et un message de plus en plus clair. La santé mentale passe définitivement par du mouvement, de grands bols d’air, de l’activité physique et des relations saines. Après 5 jours de marche, nous pouvons le sentir et en témoigner ; un calme profond s’est installé à la place du stress, une légèreté de l’esprit nous accompagne à chaque instant, l’humour colore notre relation, l’inspiration et la rêverie influencent nos choix, et les préoccupations futiles sont tombées, loin derrière…
3 décembre au soir – Quai de La Baie, dernière consultation publique.
Jamais nous n’aurions pensé être accueillis par autant de participant.e.s
ce soir-là. Des collègues, des ami.e.s, des parents et cousins.es, des
connaissances, des sportifs, des ados, et même Michel Perron, sociologue et
chercheur pour l’amélioration des conditions de vie des jeunes!
Un cercle de parole, un grand partage sur la part importante du plein-air en
éducation, sur les technologies qui rapprochent en temps de pandémie, sur notre
responsabilité face à la détresse psychologique et sociale; sur l’urgence de
s’entraider; et surtout, sur l’impact des relations vraies au cœur d’un projet
de société plus important que jamais : la santé globale pour tous et
toutes.
Nous sommes allés plus loin que le fameux un esprit sain dans
un corps sain. En moins de deux heures, ce groupe de parole s’était uni
autour de l’idée qu’une santé complète pour l’individu nécessitait que l’on
prenne en compte tous les aspects de notre société; son environnement, ses
paliers de fonctionnement (éducation, santé, consommation, loisirs, etc.),
ainsi que ses fondements et ses aspirations (valeurs). La situation actuelle
(Covid) nous faisait réfléchir à de nouvelles façons d’agir. Serait-ce possible
de ralentir, question de revenir aux bases et à l’échange riche entre humains?
Ou allons-nous plutôt continuer la surconsommation sans voir les dégâts
catastrophiques qui en résultent, et qui contribuent forcément à l’effritement
de notre propre santé?
Alors…
Après cette crise sanitaire, revenir à la normale serait-ce une fausse bonne idée?
En révisant les propos des jeunes, il en ressort un constat à la fois
troublant et inspirant; une hyper-conscience d’eux-mêmes, doublée d’une
introspection grandissante. Certains
d’entre elles.eux ont pu observer l’impact sur leur sommeil, leur niveau
d’angoisse, et même leur perception transformée de leur place en société. Un
stress s’est ajouté au fil de cette année particulière, et nos jeunes le
nomment; puis, ils composent avec…
Les ados qui ne bougeaient pas régulièrement ont bougé encore moins; et
ceux qui étaient déjà sportifs ont trouvé des moyens créatifs de bouger plus
souvent.
Les jeux vidéo, les devoirs version zoom, les annulations, les reports,
les interactions sociales contrôlées et calculées, la peur d’infecter grand-maman,
la gestion du masque… Toute une génération qui est forcée de comprendre le mot résilience
un peu trop tôt, alors que l’élan de l’ado est d’abord une intuition, un
réflexe de vivre et jouer, avec les ami.e.s, tout simplement.
Sur les traces de Postillon, des petits bouts de fils nous ont permis
de broder une continuité entre le passé, le présent et l’avenir; mais surtout,
de créer du tissage de liens entre des générations. Pour chaque personne
rencontrée sur le sentier de Charles Côté le postier, un cri du cœur; cette
intention de conserver l’échange, le partage, la communication avec l’autre…
Le loup utilise différentes techniques de chasse. Bien
souvent, guidé par le corbeau qui repère la proie, il va pouvoir s’organiser
pour piéger un chevreuil égaré. Quand la défunte bête aura servi de repas aux
membres du clan, le charognard futé, à son tour, pourra nettoyer la carcasse et
se régaler des restants.
Toutes ces personnes rencontrées durant notre périple sont un
peu comme ces oiseaux qui rapportent, qui voient d’en haut, qui pointent vers
la direction. Et nous, marcheurs de grandes distances comme les loups, nous
poursuivons un objectif, celui d’anéantir la sédentarité, le désespoir, la
détresse, la lourdeur, le mal et l’anxiété qui guettent les futures
générations. Sans ces adolescents qui tracent nos sentiers, sans ces adultes
qui nous transmettent leurs observations, sans ces gens impliqués et inspirés
qui balisent notre parcours en tissant un filon de bienveillance, nous marchons
dans le noir. Par contre, grâce à ce partenariat redevenu vivant, le mouvement
vers une santé pour tous et toutes appartient de plus en plus à une
collectivité qui fait équipe, afin d’éclairer les pages d’un nouveau chapitre.
Merci à tous les citoyennes et
citoyens qui ont osé être présent.e.s lors des consultations. Et surtout, merci
à tous les jeunes qui ont participé ou pris parole dans le cadre de la Grande
Marche!
La municipalité de Rivière-Éternité a profité des restrictions liées à la pandémie, pour bonifier l’offre d’activités afin de permettre aux citoyens de jouer dehors.
Pour apprécier l’hiver à sa juste valeur, il faut savoir profiter au maximum de toutes les activités qu’il a à nous offrir.
En plus de la glissade, le ski, le patin, la motoneige et toutes ces autres choses que l’on peut faire durant la saison froide, il y a bien évidemment la raquette!
La municipalité de Rivière-Éternité a fait dernièrement l’acquisition du site des anciens chalets de la Sépaq (3 rue du Campagnard). Il est maintenant possible d’effectuer une petite balade dans le bois, raquettes aux pieds, et de faire le plein d’énergie. Une randonnée de 1,7 km débutant près du chalet 8 et qui vous mène au stationnement de l’ancien restaurant. Le sentier est balisé et sécuritaire. Une belle activité à pratiquer librement dans un lieu accessible gratuitement.
Pour la semaine de relâche, différente cette année, l’offre d’activités a
été adaptée à la nouvelle réalité sanitaire. Nous organiserons ainsi des
activités extérieures se pratiquant seul ou en famille. Entre autres, il y aura
comme à chaque année, le défi du château de neige à faire devant sa maison, une
chasse aux trésors se déroulant sur la piste cyclable, un rallye raquette nocturne,
une journée glissade (snowskate, trottinette à neige et nouveaux équipements
acquis par la municipalité) qui se fera sur réservation. Enfin, la patinoire du
Centre communautaire sera accessible en tout temps et avec une musique d’ambiance.
Il y a tant d’activités
hivernales amusantes à faire. En plus, c’est tellement important de sortir
prendre une pause de bon air, même si cela nous colle les narines! Ça aère
l’esprit, nous permet de passer du bon temps en famille, c’est bon pour la
santé et ça nous fournit notre dose de vitamine D! Le plein air stimule
également les hormones qui contribuent à la bonne humeur et il a un effet
positif sur l’anxiété, le stress et la dépression. L’effet bénéfique de la
nature sur le bien-être mental est reconnu scientifiquement. Nous vous invitons
donc à prendre du bon temps à l’extérieur et de profiter de nos installations
et activités offertes pour apprécier l’hiver à sa juste valeur.