Le lac de la Passe-de-Roche. Crédits photos : Cécile Hauchecorne
La Zec de L’Anse-Saint-Jean, ce sont 200 km2 de territoire composés d’une centaine de lacs dont 35 sont voués à la pêche. Mais ce sont aussi des montagnes aux dénivelés qui se dévoilent au fur et à mesure que les secteurs haute-route du mont Édouard s’y agrandissent.
« Avec la Zec de L’Anse-Saint-Jean, on est comme à un croisement, on est voisin du mont Édouard, on est collé à la région de Charlevoix. Le magnifique sentier des Murailles qui reliait naguère Rivière-Éternité à Petit-Saguenay traversait le territoire, un projet qu’on aimerait bien relancer. On a un beau parc Saguenay juste à côté, il pourrait y avoir du haute-route là aussi! » s’exclame Yvan Côté, conseiller à la municipalité de L’Anse-Saint-Jean et vice-président de la Zec.
Un des secteurs haute route vu de la Zec de L’Anse.
L’année dernière, le tour du mont Valin, épreuve bien connue des adeptes de ski de fond, connait quelques difficultés. Pierre Lavoie se demande si le mont Édouard, en partenariat avec la Zec de L’Anse, serait intéressé à l’organiser. « On a regardé le territoire ensemble et oui, on est capable avec la Zec de faire un circuit de 45 kilomètres pour le ski de fond. On était censé le faire l’année passée mais ça a été annulé à cause de la pandémie. On est prêt pour cette année, on verra. »
En haut à gauche, on aperçoit un des refuges du secteur haute route du mont Édouard.
« Notre but à la Zec de L’Anse, c’est de faire découvrir ce fabuleux territoire à un maximum de monde. On a des ententes avec le mont Édouard, les VVT, le club de motoneige, mais on fait aussi des partenariats avec des privés, comme avec Pierre-Luc Gagné de Cabananse. Avec le pont qu’il vient de construire sur la rivière du Portage, on relie le mont Édouard avec la Zec. On a travaillé une côte aussi qui était trop abrupte pour le ski de fond. Mais il reste encore des travaux à faire, on voudrait relancer le projet de piste cyclable du fjord à la montagne, qu’elle soit aussi accessible pour le fat bike. C’est plus facile de travailler ensemble, plus facile et moins dispendieux, un sentier qui peut servir à plusieurs, on se partage les coûts.»
Cela fait plusieurs d’années
qu’il est possible de pêcher l’hiver sur le lac de la Rivière et le lac Huet. Les
lacs y sont sécuritaires, avec leurs 14 pouces de glace. Il suffit de s’enregistrer
au poste d’accueil de la Zec.
L’été, l’offre de camping est
très appréciée avec ses 9 terrains au lac de la Rivière et deux emplacements de
camping plus sauvage. « La nature pour la santé mentale, c’est la place
idéale! T’es chez vous, t’as la tête pleine, tu pars, tu passes la journée dans
le bois, tu fais un peu de raquette, un peu de ski de fond, t’arrives le soir
chez vous, t’es apaisé. » conclut cet adepte du grand air.
En partant de Rivière-Éternité. Crédit photo : Francis Laroche.
Chez nous, à la maison, quand quelqu’un a passé beaucoup de temps à l’intérieur et qu’il présente des symptômes de folie spontanée, on dit qu’il a le mal d’en dedans. D’ailleurs, la plupart d’entre vous auront déjà remarqué que cela affecte également certains animaux domestiques. Cela ne veut pas dire que le monde extérieur est plus confortable, au contraire. Le froid, la chaleur, le vent intense, les mouches… tous d’excellentes raisons de décupler le confort du foyer. Car quoi de mieux qu’une journée passée dehors pour apprécier, à sa juste valeur, un bon repas chaud et un lit douillet. Pour ma part, j’ai un souvenir marquant de la lasagne que ma mère préparait pour notre retour de longue randonnée. L’ingrédient secret de celle-ci ne résidait pas dans une épice, mais bien dans la qualité du moment qui la précédait!
Bon là, il ne faudrait tout de même pas conclure que le grand air n’a que comme seul bénéfice l’appréciation de nos maisons.
Prendre contact avec l’immensité et la profondeur du monde vivant n’est pas qu’un passe-temps. C’est, selon moi, une médecine qui pallie le déséquilibre qu’engendre notre mode de vie moderne. Nul besoin d’étude scientifique à l’appui. Il suffit de s’y ouvrir pour le ressentir. Entre la promenade au bord de l’eau et la traversée de l’antarctique, il existe une infinité de possibilités pour goûter à cet élixir. D’ailleurs, le potentiel du territoire qui nous entoure est si grand qu’il peut même nous rendre dépendant. Quoi que comme dépendance, le plein air se classe certainement parmi les plus saines.
Qu’il s’agisse d’une promenade pour la sieste de bébé ou d’une aventure en plein territoire sauvage, la morphine peut bien aller se rhabiller. Le bien-être procuré n’est plus à prouver. Il faut seulement se le rappeler car il est parfois facile de l’oublier. Spécialement en ces temps où les écrans sont quelque peu… envahissants?
Je crois que de permettre et partager avec nos enfants l’émerveillement du monde vivant est une réponse simple face aux défis humanitaires et environnementaux qui nous attendent. Mais en 2021, ce n’est pas toujours chose facile. La compétition avec les écrans est féroce. Néanmoins, il est réconfortant de se rappeler que ce qui est riche d’émotions et qui active tous nos sens, marque notre esprit d’une façon bien plus profonde. Et à cet égard, le plein air, vécu seul ou partagé, aura toujours une bonne longueur d’avance sur le monde virtuel.
Jean-François Gravel et sa fille Molène … il y a quelques années !
Chaque saison inspire à sa façon! Alors, n’attendons pas de pogner le mal d’en dedans avant de sortir respirer le bien-être d’en dehors !
Les élèves du 2e cycle en haut du nouveau domaine skiable aménagé à Petit-Saguenay.
Que ce soit au sommet d’une montagne, sur un snowskate, dans une cabane derrière l’école ou lors d’une randonnée littéraire à vélo, les élèves ne manquent pas une occasion pour profiter du grand air. L’exploitation du plein air permet aux élèves de vivre des expériences éducatives signifiantes, humaines et créatives qui favorisent les réussites, les découvertes ainsi que le développement de leurs compétences. Cette façon de faire est au cœur des réflexions pédagogiques des enseignants de l’école Du Vallon.
Afin de connaitre le point de vue des élèves sur la
place qu’occupe le plein air, j’ai pris mon carnet de reporter et je suis allée
les interroger.
Les réponses des élèves de la classe du préscolaire (Myriam Cloutier)
J’aime faire des chemins avec mon camion dans la
neige et me glisser. (Loïc Lavoie, 5 ans)
J’aime faire des châteaux de neige avec mes amis. (Maïka Gagnon, 5 ans)
Les réponses des élèves de la classe du 1er cycle (Diane Pelletier)
J’aime quand madame Diane nous fait la lecture d’un
livre dans notre cabane. On est dehors et ça fait différent que de lire dans la
classe. (Kim Houde, 2e année)
On fait des forts, on va en raquette et on va lire
dans la classe extérieure. (Jeanne Gaudreault, 2e année)
J’aime aller dans la forêt et regarder la nature.
(Camille Lavoie, 1ère année)
Les réponses des élèves de la classe du 2e cycle (Jean-François Hénault)
Nous faisons des promenades littéraires près de
l’école. Nous partons souvent en randonnée avec nos iPads pour prendre des
photos. (Lili-Rose Savard, 4e année)
J’ai aimé faire du vélo jusqu’au quai avec les
élèves du 3e cycle. (Delphine Desbiens, 3e année)
Les réponses des élèves de la classe du 3e cycle (Vicky Gagnon)
Le plein air a une grande place dans notre école.
En plus de pratiquer plusieurs activités, il nous arrive de travailler nos
concepts et de lire à l’extérieur.
(Ély-Rose Lavoie, 6e année)
Le plein air occupe une grande place dans l’école.
En plus, c’est bon pour le moral ! Les enseignants savent que nous avons besoin
de bouger et de prendre l’air. (Maggie Boudreault, 6e année)
Depuis le début de l’année, nous avons la chance de
faire la plupart de nos cours d’éducation physique à l’extérieur. (Abigaëlle
Tremblay, 6e année).
Le
28 janvier dernier, les élèves du 3e cycle ont fait l’essai d’un
nouveau sport avec notre sportif de rue Monsieur Hugo Lapierre. Il s’agit du
snowskate et les
jeunes ont eu beaucoup de plaisir !
La réputation du Bas-Saguenay avec ses magnifiques et grands espaces n’est plus à faire ! Les possibilités d’activités, souvent largement médiatisées, permettent aux adeptes d’obtenir les informations nécessaires à un choix éclairé. Toutefois, il existe des endroits moins connus qui ont tout autant à offrir. Et la municipalité de Ferland-et-Boilleau n’en manque pas !
Paroisse implantée au cœur des forêts et des montagnes, sa situation géographique en fait un endroit de prédilection pour qui veut bien pratiquer des activités de plein-air. Parmi celles-ci, la randonnée pédestre et la raquette. Depuis quelques années, tout un réseau de sentiers prend forme dans la localité, avec 5 parcours variés allant de la marche contemplative à l’ascension demandant un effort plus soutenu. Pour la pratique de la raquette, en voici 3 bien agréables à découvrir.
Point de vue du Sentier des pins. Crédit photo : Kathy Morin
Commençons par le Sentier des pins qui débute au stationnement du parc de la digue, au km 75 sur la 381. Il est toutefois possible d’amorcer le trajet à différents portails d’entrée sur le parcours. D’une longueur d’environ 4 km, il faut compter environ 2 heures pour compléter la boucle, incluant une petite pause au belvédère avec un point de vue sur le grand lac Ha! Ha!. La première partie convient tout à fait à une initiation, pour petits et grands, pour un échauffement ou tout simplement, pour une petite balade. Le deuxième segment, qui part de la 381 pour aller au site du pont couvert, est un peu moins plat, mais tout de même très accessible. La troisième portion, à partir du déversoir, permet d’accéder au belvédère. Elle est agrémentée de quelques montées et descentes. L’usage des bâtons pour plus de sécurité y est d’ailleurs fortement recommandé. Cette partie vous mènera sur le chemin de la digue nord. Ouvrez l’œil et suivez les indications, elles vous entraineront dans le dernier segment, duquel vous pourrez observer les traces laissées par le gonflement de la rivière devenu torrent, lors de la rupture de la digue pendant le déluge de l’été 1996.
Sur le Sentier de la chute. Crédit photo : Nathalie Simard
Le Sentier
de la chute, de son côté, totalise environ 7km pour un trajet aller-retour et
vous prendra entre 2h et 2h30, si vous décidez de partir de la plage du camping
du camp d’accueil. Par contre, il est possible de débuter votre marche à partir
du chemin de la rivière à Pierre au km 5, à droite du gros ponceau. Ce sentier amène à un état de zenitude, on dirait que la luminosité a
quelque chose d’enveloppant. Le tracé
côtoie une petite rivière calme et paisible, ce qui lui confère une atmosphère
douce et feutrée, propice à la méditation. Le point culminant, la chute,
pourrait vous surprendre par ces différentes formations, surtout en début
d’hiver. Revêtant tantôt une frange aux
terminaisons de pompons de glace, elle peut ensuite se parer d’une étrange
dentelle soufflée de bulles de verre.
Enfin pour terminer ce 3e sentier, la découverte de l’hiver 2021, le mont Toby! Un léger sentiment de honte parait à l’horizon : comment se fait-il que je n’y sois pas allée avant ! Environ 1km sépare le stationnement du camping du petit lac Ha! Ha! de l’entrée du sentier. Un premier tronçon commun de 2.5 km avec le chemin d’accès à la montagne du Four charme par l’aménagement d’une multitude de trottoirs et de petits ponts, disposés de façon à ce que nous ayons une vue imprenable sur la majestueuse montagne du Four, le mont Toby et bien sûr, le petit lac Ha! Ha!
Du haut du mont Toby. Crédit photo : Kathy Morin.
C’est
lorsque le sentier bifurque à droite pour entreprendre la montée d’environ 1.5
km que l’on peut sentir la sollicitation dans les mollets et le cardio qui
s’active. Cependant, soyez assuré que vos efforts seront récompensés, comme
lors de l’arrivée au premier point de vue, le genre qui nous fait rendre grâce
et apprécier d’avoir la santé pour nous permettre d’accéder à ces beautés, et
d’avoir une pensée pour ceux qui ne le peuvent pas. Le deuxième point de vue,
quant à lui, pourrait bien être le sujet d’une magnifique aquarelle. Par la
suite, il est possible de continuer à monter encore un petit peu, et ainsi atteindre
un total approximatif de 10 km de bonheur.
D’autres sentiers sont également à découvrir, si ce n’est déjà fait, particulièrement ceux de la montagne du Four. Dans un même ordre d’idée, à quelques kilomètres à peine des lignes limitrophes du secteur Boilleau, se dressent deux montagnes intéressantes à gravir: le lac Myel, communément appelé la montagne du radar et le mont des Graines rouges (connu aussi sous différents noms, dont le mont Chauve). Toutes deux situées d’une part et d’autres de la 381, l’une en face de l’autre au km 62, au stationnement du lac Michta. Très appréciée par les adeptes du ski hors-piste, la montagne du radar permet avec une altitude de 1022 mètres et un dénivelé de 570 mètres, de voir par temps dégagé jusqu’aux Monts-Valin. Avec le mont Chauve, on atteint le sommet plus rapidement, mais la vue y est tout aussi époustouflante. Récompense rapide pour ceux qui aiment moins les ascensions. Il est à noter que ces derniers sont des sentiers avec peu ou presque pas de signalisations.
Le mont Chauve. Crédit photo : Kathy Morin
À
Ferland-et-Boilleau, le développement, le maintien et l’entretien des sentiers
sont en grande partie le fruit du travail de toute une équipe de bénévoles
soutenus par la municipalité. Un effort colossal a été accompli l’été dernier,
notamment dans le secteur de la montagne Dufour et celui de la chute, afin de
rendre ces sentiers plus accessibles et sécuritaires. Beaucoup d’améliorations
restent à faire, mais l’équipe peut être fière de ce qui a été accompli jusqu’à
maintenant.
Vous
pouvez toujours laisser vos commentaires sur la page de la municipalité.
Cette devise pourrait à elle seule représenter cette trépidante semaine de relâche proposée aux jeunes du Bas-Saguenay. Depuis près d’un an, la pandémie mondiale de COVID-19 affecte grandement le quotidien et tout particulièrement celui des enfants et des jeunes pour lesquels peu d’activités ont pu être offertes ces derniers mois. Avec l’allégement des mesures sanitaires en vigueur depuis le 9 février 2021, la venue prochaine de la semaine de relâche s’annonce être une superbe occasion pour leur permettre de bouger et de se retrouver en plein air.
Justine Roy Dumont, une citoyenne
de l’Anse-Saint-Jean soumet l’idée d’organiser une semaine d’activités pour les
jeunes du Bas-Saguenay. Sa rencontre avec l’AGIR sera déterminante pour la
suite.
Grâce aux fonds amassés par le mont-Édouard au
profit de L’AGIR en décembre dernier et le soutien matériel de différents
partenaires, plusieurs activités qui
rejoindront tous les âges sont mises en place:
Éveil à la nature pour les 3 à 6 ans (par Au
grand Air)
Au grand Air connecte avec vos jeunes pour qu’ils
connectent à leur tour avec la nature. Leurs facilitatrices et
facilitateurs qualifiés se déplacent dans un boisé près de
votre milieu afin de faire vivre à votre groupe d’enfants
des activités en nature inoubliables : art nature, conte et
fantaisie, vie en forêt, activité sensorimotrice et
pleine conscience. Une activité de 2 heures sera offerte
dans les municipalités de Ferland-et-Boilleau, Saint-Félix-d’Otis,
L’Anse-Saint-Jean et Petit-Saguenay.
Semaine d’aventure pour les 7 à 12 ans
Afin de valoriser les saines habitudes de vie et d’encourager
la pratique de sports extérieurs, deux guides en plein air de la
région animeront deux activités par jour dans chacune des municipalités du
Bas-Saguenay. Ces activités variées mettront à profit les richesses de notre
territoire qui est un formidable terrain de jeu: ski de fond, raquettes,
glissades, orientation en forêt et bien plus seront au rendez-vous. Le
matériel nécessaire sera gracieusement offert pour la semaine par différents
partenaires tels que le Centre communautaire La Petite École, le Mont-Édouard,
La Maison des Jeunes du Bas-Saguenay, l’OTJ Petit-Saguenay et les Sportifs de
rue.
Journée de Ski/planche à neige au Mont
Édouard pour les 13 à 17 ans
Les jeunes du Bas-Saguenay pourront aller passer une journée
à la montagne avec la Maison des Jeunes du Bas-Saguenay, les sportifs de rue ou
encore le groupe des 12-18 de Rivière-Éternité. La passe d’une journée à la
montagne leur sera offerte gratuitement!
Cette semaine d’activités
n’aurait pu être offerte sans la collaboration de tous les acteurs du milieu.
L’AGIR remercie tous les partenaires sans qui l’organisation de cette semaine
d’activités n’aurait pu être possible.
Pour
s’inscrire, merci de remplir le formulaire correspondant:
Ribambelle de chanterelles, 2019. Crédit photo : Daniel Faucher
L’un de mes voisins a décidé d’arrimer son amour du grand air avec son travail, il fait de la cueillette forestière. Installé à Rivière-Éternité depuis plusieurs années, Daniel Faucher parcourt le territoire à la recherche de précieux champignons, de plantes et de baies. Bien qu’il préfère se concentrer sur la région du Bas-Saguenay, sa quête le mène aussi parfois jusqu’au Lac-Saint-Jean, sur la route de Chibougamau ou encore à Forestville.
Ces années de cueillette lui ont
permis d’acquérir des connaissances sur le territoire et ses ressources et
pourtant, il se dit tout simplement cueilleur. Puisqu’avant de cueillir, il
faut chercher ses talles, on pourrait pourtant aussi bien le surnommer le « chercheur-cueilleur » !
Cela demande de la patience et bien des kilomètres à pied. Les champignons ne poussent
pas toujours sur le bord du chemin. Au contraire, une cueillette de qualité
nécessite de s’éloigner des routes et des sentiers fréquentés.
Être dans le moment présent
Pour Daniel, passer du temps dehors contribue clairement à son bien-être : « Je suis tellement bien quand je cueille, je suis dans le présent, je ne suis pas dans les problèmes, je pense vraiment à la cueillette ». Combien de temps passe-t-il dehors? « La moitié de l’année environ, l’été et surtout en juin, juillet et août, je peux passer douze heures par jour à cueillir ». Il avoue même que si ce n’était pas de ses obligations familiales, il resterait parfois dormir sur place pour commencer la cueillette très tôt le matin. Certains d’entre vous se reconnaîtront peut-être? Lorsque l’on ramasse des bleuets et que l’on se promet d’arrêter après la prochaine talle, mais que l’on repousse indéfiniment l’heure de départ. Pour Daniel, c’est pareil « c’est comme de l’adrénaline, quand t’arrives dans une talle, t’es tellement content que même si t’es fatigué, t’es reparti, parce que tu te dis, s’il y en a ici, il y en a peut-être d’autres plus loin. C’est comme quand les gens cherchaient de l’or, il y a comme une folie ».
Poivre des dunes, chaton de l’aulne crispé, 2011. Crédit photo : Répertoire Québec Nature.
Dans la région, la saison
phare pour la cueillette de champignons s’étire de juin à octobre, puis vient le
temps de se reposer. Pour un cueilleur, cette transition se traduit par un
changement d’activité. Même si l’entreprise de Daniel demande un travail à
l’année longue (séchage, emballage, commercialisation des produits), le
changement de saison implique une certaine adaptation. « Quand l’automne arrive et que la cueillette s’arrête, je fais
comme une petite déprime au début, parce que ça me manque. Pendant deux
semaines, ce n’est pas l’fun, je suis moins actif et pourtant plus fatigué ». Toutefois,
même si l’hiver s’installe, l’envie d’aller dehors ne diminue pas. « Je ne sais
pas comment dire, mais j’ai comme une rage d’aller dehors! C’est comme une
charge que j’ai besoin d’évacuer, et que je ne peux faire avec d’autres activités
intérieures, comme de la lecture, par exemple. »
Changer son regard et
connaître son habitat
La cueillette amène à élargir son regard. « En fait, le plus dur, et c’est pour ça que les gens se découragent dans la cueillette de champignons, c’est qu’il ne faut pas chercher les champignons, il faut chercher les habitats ». Sa méthode : une marche « à l’intuition, en zig-zag, tout en repérant les habitats. « Je sais quel type de territoires la chanterelle aime alors je m’oriente comme ça. » Daniel s’intéresse plus largement à tous les produits que cet habitat régional peut offrir, tels que des épices (poivre des dunes, nard des pinèdes, sumac), des baies (airelles, baies d’argousier, camarine noire), des plantes pour tisanes (framboisier, ortie, thé du labrador) ou encore les têtes de violons.
Nard des pinèdes, chaton de la comptonie voyageuse. Crédit photo : Comptoir forestier.
Assurément les plaisirs à être
dehors sont nombreux, que ce soit pour des activités sportives, des marches
contemplatives ou encore pour récolter ce que la nature nous offre. « Mon
activité de plein-air? C’est d’aller cueillir. Même quand je suis en
congé. Parce que je ne sens jamais que je travaille quand je fais ça. Je me
sens bien plus fier d’avoir ramassé beaucoup de chanterelles que d’avoir monté
une montagne. »
N’est-il pas plaisant de récolter, ramasser et cueillir, de revenir à la maison avec un petit trésor. Ce sont parfois quelques cailloux dans nos poches, un joli bâton, une feuille d’automne aux couleurs flamboyantes, un petit bouquet de fleurs d’été ou d’hiver… et comme les flocons ne se conservent pas, je questionne Daniel sur les produits à ramasser l’hiver. « Il y a toujours quelque chose à ramasser pour un cueilleur! En hiver, il y a le chaga, par exemple, ce champignon aux vertus médicinales qui pousse sur les bouleaux jaunes et blancs, mais il y a aussi le poivre des dunes ou le nard des pinèdes qui se récolte de novembre à mi-avril. »
Comme pour toutes les récoltes en milieu naturel, le chaga doit être cueilli avec parcimonie et en surface pour ne pas compromettre la bonne santé de son hôte.
Une cueillette écoresponsable
Que l’on soit professionnel
ou cueilleur du dimanche, une cueillette écoresponsable demande toutefois
quelques connaissances de base. On ne cueille pas n’importe où, ni n’importe
comment. Comme l’explique Fabien Girard, natif du Lac-Saint-Jean, biologiste et
auteur de plusieurs livres sur le sujet, l’un des principes de base est de « cueillir
sans nuire » pour éviter le saccage des ressources. Pour cela, il faut
cueillir avec parcimonie, c’est-à-dire de prélever seulement une partie de la
plante et bien sûr laisser suffisamment de plants pour permettre un
renouvellement. Enfin, il faut s’assurer de bien identifier ce que l’on ramasse
pour ne pas risquer l’indigestion. La cueillette écoresponsable peut alors être
une activité tout à fait bénéfique pour notre corps et notre esprit : bouger,
respirer, être dans le présent et laisser les problèmes à la maison. Avec un
peu de chance, on peut même espérer une bonne poêlée de champignons pour le
souper!
Quelques-uns des produits de Daniel sont disponibles sur son tout nouveau site internet ou en le contactant directement: Au cœur des Bois
Connaissez-vous?Le
poivre des dunes.
Le
poivre des dunes (chaton de l’aulne tardif) est souvent appelé le poivre de
la forêt boréale. S’il y a une petite odeur poivrée, il a aussi des arômes
musqués et floraux. On lui trouve l’odeur sucrée des résineux et des sapins.
D’ailleurs, broyez-le dans un mortier plutôt que dans votre poivrière, car la
résine pourrait endommager son mécanisme. On peut l’utiliser dans toutes
sortes de recettes, mais beaucoup le préfèrent dans les marinades et les
chutneys, sur les œufs, les grillades et les viandes sauvages, ou les
mijotés.
Le
nard des pinèdes.
Le
nard des pinèdes est la fleur mâle en chaton d’un arbuste nommé comptine
voyageuse. Ressemblant à une fougère, cet arbuste qui possède un feuillage
long, étroit et dentelé, pousse en colonie sur des sites secs, en lisière de
bois. Sur les sols rocheux et sablonneux, souvent après un incendie. Il est
très commun dans les bleuetières. Avec ses arômes de muscade, de clou de
girofle et de cannelle, cette épice se marie bien avec les grillades, les
marinades, les desserts et les pains.
Savez-vous
que…
Selon
le Larousse, le mot « chaton » possède trois définitions. La
première que vous connaissez tous, désigne le bébé du chat. La seconde
désigne les amas laineux de poussière qui s’accumulent sous les meubles. Pour
ma part, j’ai toujours appelé cela des moutons (un joli dérivé de
« mottons »). Un chaton désigne enfin l’inflorescence propre à
divers arbres (chêne, noyer ou noisetier), et est constitué d’un épi, pendant
ou dressé, de minuscules fleurs. On trouve des chatons mâles et femelles.
Tous les jours, on rencontre des marcheurs le long de nos rivières ou en face du fjord. Valoriser l’activité physique comme antidote au confinement, se relier en construisant un dialogue avec la nature, telle est leur motivation. Quelle chance de vivre au Bas-Saguenay, la beauté y côtoie les rues principales, les montagnes entourent les lieux de vie. Il suffit de quelques pas et d’un peu de volonté pour s’élever de 100 mètres.
Au rythme de ce dialogue entre les mouvements et
les changements de la nature, nous contribuons à nourrir notre bien-être
quotidien.
Plusieurs développent leur fibre artistique en prenant des photos de la lumière sur la neige ou de la perspective magnifique d’un point de vue. D’autres immortalisent les paysages avec la peinture ou la poésie. Un dialogue entre nos états d’âme et les soubresauts de la nature supporte l’équilibre en nous. Cet échange ne remplace pas la présence humaine mais adoucit l’isolement. Le chant d’un oiseau éclaire une journée morne, un rayon de soleil à travers la glace illumine le cœur et oriente vers une vision positive.
Nous possédons le pouvoir d’accueillir et de transformer les sentiments douloureux par cet écho avec la nature grandiose.
Blanche neige blanche
Un souffle, une
plume au vent
La rose des vents
au nord
Une oasis dans un
désert blanc
Là où les poissons
ondulent sous les dunes du fjord.
Elle marcha sur
l’eau,
Silencieuse, drapée
de mélancolie,
Auréolée de sa
peine abrupte, de sa désespérance
Qui la brûlait
comme un feu
La consumait sans
relâche, son cœur en carence,
Son corps en
cendres froides, avait réagi, si peu.
Elle leva les yeux,
Hypnotisée par la
lame de neige, au loin sur la baie
Kidnappée par la lueur
D’un soleil timide
mais espéré.
Alors, elle mit ses
skis
Passé les cabanes à
pêche, passé la rumeur.
Seule, sur la
plaine du fjord,
L’eau figée comme
son mental,
Elle ne pensait
plus. Elle avançait portée sur les eaux,
Portée par quelque
chose de sidéral.
Puis arrivée à
l’île,
Sa désespérance
grossit en colère,
en marée haute!
L’eau immergea la glace
le long des flancs
de l’île, créant un brise-lame.
Née de son audace,
Une plainte, forte
et rauque, sortit de son ventre,
qui s’éleva comme
une flamme.
Elle cria tous les
tabous de la terre,
Toutes les douleurs
des femmes millénaires!
Elle chanta pour
toutes celles qui avaient perdu la voix;
Puis rendit son âme
légère.
Blanche, neige
blanche!
Un souffle, une
plume au vent
Sa rose des vents
au nord.
Une oasis dans un
désert blanc.
Là où les poissons
ondulent sous les dunes du fjord.
Grâce au plein air s’allègent ces situations où le
confinement pèse. Dehors, même le temps gris devient beau avec ses différentes
teintes anthracite mêlées de blanc.
Selon les recherches, l’activité physique procure plusieurs bienfaits, tels
que réduire le stress, prévenir la dépression, favoriser le sommeil, renforcer
le système immunitaire et préserver la santé des os.
Plusieurs
études démontrent un lien étroit entre prendre conscience de la nature et la diminution
du taux de cortisol, qui est une hormone associée au stress. Le plein air
stimule les hormones du bonheur : soit l’endorphine et la dopamine, et
augmente nos facultés créatives.
Bouger et
activer sa vitalité en plein air permet de réduire l’anxiété et les
ruminations, menant à des épisodes dépressifs. Quoi de mieux pour combattre le
petit hamster qui tourne en rond dans la tête!
Le sommeil
est meilleur après une activité physique parce que cela produit une fatigue
saine et une détente mentale. De plus, la quantité de lumière naturelle
absorbée vient régulariser le cycle circadien, l’horloge interne de l’être
humain.
Maintenant que
l’on sait que l’immunité diminue avec l’âge, bouger à l’extérieur devient une
habitude à instaurer, chaque jour.
Mais il est possible d’avoir un impact sur la
santé mentale en osant ajouter un sens à la pratique des activités. Voici à ce
sujet quelques éléments de solution tirés de l’article d’Alain Héroux, Sentiers de vie, publié dans la revue
Géo plein Air (Volume 21, no 2).
« Il est possible de donner un sens plus
profond à vos activités de plein air tout en demeurant les deux bottines sur
terre! Les conseils qui suivent vous
aideront à mieux apprécier l’ici et maintenant.
Affûter
son acuité sensorielle.
Sentir
ce qui se passe à l’intérieur.
Donner
un sens à ce que l’on vit.
Relier
entre eux les éléments de réflexion.
Un rendez-vous avec la Nature nous ramène
inévitablement à nous-mêmes en autant que l’on adopte une attitude d’écoute et
d’ouverture. Afin de profiter de la dimension spirituelle du plein air, il ne
s’agit pas d’adopter nécessairement un mode contemplatif passif. La course en
montagne m’amène personnellement dans un état méditatif. Tous mes sens sont
activés et mes soucis passent alors en second plan. Arrivé au sommet, je prends
le soin de savourer le panorama, de visualiser tout le chemin parcouru et en reconnaître
l’effort déployé. » (fin de
l’extrait.)
Lorsque l’on s’engage dans une activité physique
exigeant un effort soutenu et présentant un niveau de défi, on peut faire
l’expérience du flow, décrit comme « être dans sa zone ».
Selon Wikipédia, « en psychologie positive, le flow ou la zone, se définit comme étant un état
mental atteint par une personne lorsqu’elle est complètement plongée dans une
activité et qu’elle se trouve dans un état maximal de concentration, de plein
engagement et de satisfaction dans son accomplissement. Pour atteindre le flow,
il faut intensifier le sport pratiqué. Dans le flow, les émotions sont en
pleine coordination avec la tâche qui s’accomplit. Le trait distinctif
du flow est un sentiment de joie spontané, voire d’extase
pendant une activité. »
Voilà le
bonus car le flow permet d’accéder à des niveaux plus profonds
d’introspection.
Aller au-delà d’un certain effort et vibrer du grand air, cela génère une saine attitude. Jouer dehors apporte donc un moyen concret pour ressentir une force, un « empowerment » neutralisant le sentiment d’impuissance face à cette pandémie.
Crédit photo : Gilles Labbé
Il est ainsi possible d’affirmer que de jouir du
plein air est un appui solide pour la santé mentale.
« Sous les
rayons obliques, les falaises se découpaient dans l’azur.
Les parois
immobiles, se dressaient tels les piliers du temple.
Le fil de l’eau
lisse reflétait les palissades de roc, sans une ride.
Le kayakiste
avançait si vite qu’il n’osait y croire;
Il filait à vive
allure.
La rivière osait
dévoiler sa nature scintillante.
Rapide, en forgeant
son rythme, la pagaie fendait l’onde,
Les mouvements harmonieux,
en symbiose avec son corps,
tel un infime point sur le miroir,
le rameur
ressentait une vague de joie profonde.
Minuscule sur le
Saguenay, ce mortel révélait son cœur candide
il se sentait comme un nain dans la paume du fjord. »
L’être humain est comme d’autres animaux sociaux, il est conçu pour porter son aide aux autres et surtout pour aimer la vie.
Il faut se dire qu’il faut s’éclater comme des fous, mais sans être méchant envers mère nature et nos amis les animaux. La terre est notre racine, il ne faut pas la polluer, comme l’humain elle peut finir par mourir. Mais comme nous, les humains, on ne fait pas attention, on jette des morceaux de plastique, on se dit ce n’est pas grave pour cette fois-là, mais imaginez-vous, on est plusieurs à vivre sur terre et si tout le monde fait ça, il y a aura beaucoup de déchets. Et c’est le cas !
Crédit photo : Alik Bergeron
Et aussi je voulais vous dire d’essayer de sauver notre
planète en empêchant les gros bateaux chargés de pétrole. Pourquoi ? Car si un bateau coule, de un, ça va faire
beaucoup de pollution, et de deux, tous nos amis les belugas vont
mourir. Je le sais que ce n’est pas un simple texte que je vais vous lire qui
va changer le monde et que mère nature va être en parfaite santé, mais je
voulais juste vous dire de faire attention.
Andréanne Blouin, passionnée de l'hiver et du Bas-Saguenay.
Le courage s’est vite imposé dans ma vie.À un jeune âge, j’ai compris que si je voulais accomplir ou réaliser mes rêves,je devais prendre mon courage à deux mains et ne pas attendre après les autres.
En février 2018, un ami me parle d’une offre d’emploi à la Sépaq, au Parc national du Fjord-du-Saguenay, qu’il décrit comme un paradis sur terre. Après 14 années de loyaux services chez MEC, je me sentais prête pour du changement. L’appel des grands espaces se faisait de plus en plus sentir. Par pur hasard, mes amis et moi avions justement réservé un refuge dans le secteur haute-route du mont Édouard. Une fin de semaine avant la date de tombée pour l’application sur le fameux poste, nous partions découvrir ce nouveau secteur de back country.
L’hiver est de loin ma saison favorite, la passion de la planche m’a
transportée un peu partout sur la planète et le travail offert à la Sépaq ne
couvrait que la période estivale ! Ma première expérience au mont Édouard
allait donc définir la prochaine étape. Je connaissais très peu le Bas-Saguenay,
pour y être venue deux fois en été déjeuner à L’Anse avec une amie, et avoir
parcouru le sentier Les Caps en hiver 2006. Une nouvelle région s’offre à moi.
La fin de semaine au refuge des Géants, la découverte de cette
montagne magnifique, la qualité de la neige et du terrain, mais surtout le
contact avec les gens du coin qui jasent instantanément dans les chaises m’ont
charmée et sans aucune hésitation, j’ai fait parvenir mon C.V. au Parc. Le 1er
Mars 2018, je passais l’entrevue à Rivière-Éternité et le 3 du même mois, je
recevais une offre d’emploi officielle !
Évidemment, ceci voulait dire qu’une énorme vague de changement
allait me submerger. Ce n’est pas nouveau dans ma vie, les changements rapides,
disons que ça me définit très bien. Ce qui m’aide à prendre ce genre de grosses
décisions sont les sages mots de mon père: « Lorsque tu as un choix à faire, tu dois penser aux conséquences,
qu’elles soient positives ou négatives et ensuite te demander si tu es prête à
vivre avec les conséquences négatives. Si la réponse est oui eh bien, GO! Si
la réponse est non eh bien, tu n’y vas pas. » Dans le cas présent, la
seule conséquence négative envisagée était d’avoir à revenir à Québec et chez
MEC, ce qui en soit ne m’effrayait pas du tout. J’ai alors trouvé un
appartement à L’Anse-Saint-Jean et le 15 avril je déménageais.
J’ai adopté la région et j’adore depuis la promouvoir. Ce que j’aime
par-dessus tout… le silence, le ciel étoilé, les merveilleuses personnes qui
peuplent ce coin de pays, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs. Après deux hivers sur
le chômage à profiter de la neige, je vais utiliser mon expérience au mont Édouard
et avoir la chance d’y travailler et d’encourager ce magnifique coin de pays
… hiver comme été.
Choisir le Bas-Saguenay, c’est non seulement choisir une des plus
belles montagnes de ski au Québec, mais c’est aussi ralentir et vivre avec les
saisons !