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Karine Aubé, impliquée et engagée pour les jeunes

Des activités de financement sont régulièrement organisées avec les jeunes de la Maison des Jeunes du Bas-Saguenay.

Originaire de Montmagny, Karine Aubé a grandi à L’Anse-Saint-Jean où elle est revenue s’établir après des études en arts visuels et une Technique Équine, volet randonnée, à l’Institut de Technologie Agroalimentaire de La Pocatière. C’est son amour pour les chevaux, les grands espaces et la nature qui ont motivé son retour au Bas-Saguenay. Évoluant depuis dix ans dans le milieu communautaire, elle occupe le poste de coordonnatrice de la Maison des Jeunes du Bas-Saguenay depuis maintenant huit ans. Elle a gentiment accepté de se prêter au jeu et de répondre à nos questions afin de vous offrir un premier portrait d’une série mettant de l’avant des femmes et des hommes qui s’impliquent dans leur milieu et qui œuvrent auprès des jeunes. 

Q : Karine, qu’est-ce qui t’a amenée à travailler dans le milieu communautaire ?

R : C’est d’abord l’horaire qui se conciliait bien avec ma famille qui m’a attirée vers le milieu communautaire. La MDJ m’avait alors offert d’assurer la coordination. J’avais suivi des cours de gestion durant ma Technique Équine et j’avais une bonne expérience de travail en équipe, mais ce n’était pas suffisant. Je ne peux que remercier le milieu communautaire de m’avoir formée ! J’ai appris sur le terrain grâce à la coordonnatrice de l’époque, aux membres du conseil d’administration, aux personnes impliquées et aux bénévoles des municipalités avec qui nous collaborions. Toutes ces personnes, par leur générosité et leur expérience du communautaire, ont contribué à m’apprendre le métier : ça, c’est extraordinaire et c’est ça la force du communautaire.   

Q : Selon toi, justement, qu’est-ce qui distingue le milieu communautaire des autres milieux ?

R : Je dirais la démocratie et l’entraide qui se vivent pleinement en offrant une place pour s’impliquer en tant que citoyen. C’est un milieu qui encourage le travail d’équipe, le partenariat, les échanges d’information, l’expression de son opinion et le développement de chaque individu. Les organismes communautaires offrent un espace d’autonomie où les membres, les utilisateurs de services et les employés sont consultés avant que les décisions soient prises par un conseil d’administration et tout cela est porté par une mission qui répond à un besoin particulier de la population. C’est une extraordinaire aventure de société qui se vit dans chacun des organismes.

Une activité Arbre en arbre au Cap Jaseux.

Q : Tu prends part à plusieurs projets, comités, etc., quelle place occupent l’implication et l’engagement dans ta vie ?

R : Être active et engagée, c’est ça qui nous garde en vie. Je travaille avec des bénévoles et des femmes qui ont un emploi, des enfants, une maison à entretenir et qui trouvent le temps de s’impliquer sur le conseil d’administration de la MDJ et dans d’autres comités. À croire que plus on s’implique, plus on trouve le temps de s’impliquer ! C’est tellement riche de côtoyer ces personnes engagées, ça me nourrit et ça me donne le goût de faire la même chose en retour. C’est inspirant, c’est un peu comme donner au suivant.

Q : Qu’est-ce qui te motive le plus dans ton travail et dans ton implication sociale ?

R : Je trouve ça motivant de travailler pour les ados et de sentir la contribution que j’apporte dans la société. Chaque année, je suis surprise de ce que nous réussissons à accomplir. C’est un véritable travail d’équipe. Les idées proviennent des jeunes, des animatrices et des membres du conseil d’administration ; elles évoluent en projets, en recherche de financement puis en réalisations. Cette force de créativité est très positive et ça me motive de penser que nous faisons une réelle différence pour les jeunes durant leur traversée de l’adolescence.

Q : La MDJ du Bas-Saguenay est un lieu de rassemblement pour les adolescents, mais vous jouez un rôle qui va au-delà de cette affirmation. Peux-tu nous en dire plus sur votre mission ?

R : Nous sommes un organisme qui permet l’association de jeunes et d’adultes autour d’un même projet, dans la poursuite d’objectifs qu’ils se sont donnés. La MDJ leur fait connaître une vie associative de qualité où la démocratie prend tout son sens. À partir de projets initiés pour et par les jeunes, ces derniers sont appelés à devenir actifs, critiques et responsables. Plus encore, la MDJ du Bas-Saguenay répond aux besoins des adolescents en remédiant au manque de ressources qui leur sont destinées et contribue à la prévention en santé et bien-être en accueillant les jeunes, en leur offrant de l’écoute et des références au besoin.

Q : Si je suis un jeune qui vit au Bas-Saguenay, de quelle manière puis-je faire ma part collectivement ? Est-ce que la Maison des Jeunes est un bon point de départ ?

R : Oui, certainement ! Les jeunes sont encouragés à s’impliquer à la MDJ du Bas-Saguenay. Deux jeunes siègent au conseil d’administration et y ramènent les idées ou les demandes de leurs pairs. Ils prennent part aux décisions et y apprennent le déroulement d’une réunion, d’une assemblée générale… le fonctionnement même de la démocratie. Comme les animatrices consultent régulièrement les jeunes qui fréquentent la MDJ soit en personne ou sur Facebook pour orienter les activités de l’organisme, il s’agit d’un lieu pour exprimer son opinion et s’impliquer autant dans les activités que dans l’aménagement. La MDJ encourage ses participants à faire du bénévolat pour des événements dans la communauté, par exemple, maquiller des enfants lors d’un brunch bénéfice ou servir les gens lors d’une fête de Noël. J’ajouterais que dans nos municipalités, comme la population est vieillissante, il y a un besoin important de bénévoles. Un jeune qui souhaite faire sa part collectivement peut s’impliquer bénévolement dans sa communauté. Il s’agit bien souvent même d’une première expérience de travail où il développe ou se découvre des qualités et des compétences. Il peut se faire un nouveau réseau de contacts et rencontrer d’autres jeunes et des adultes engagés. C’est très valorisant, car leur aide est grandement appréciée et reconnue.

Activités culturelles et de loisirs à Rivière-Éternité.

La municipalité incite ses concitoyens à prendre de l’air pur et mettre en place des initiatives pour maintenir de saines habitudes de vie, et ce même en période de confinement.

Depuis le mois de mars dernier, une période sombre traverse la municipalité de Rivière-Éternité, comme partout ailleurs. Le monde culturel et de loisirs est en mode pause, depuis l’apparition de la Covid-19, même si la population a davantage besoin de divertissements et de vie sociale pour conserver sa santé mentale et psychologique. Les animateurs en loisirs doivent donc être créatifs et ouverts d’esprit.

Le désir d’organiser diverses activités est présent mais souvent freiné par les nombreuses mesures mises en place par la santé publique dans le but de diminuer les dommages causés par cette pandémie. Sur ce point, il est primordial de diminuer les rassemblements afin que cette crise sanitaire cesse au plus vite et que l’on puisse retrouver la vie d’avant. Il est donc nécessaire de s’adapter et d’apporter un vent de changement dans la façon de divertir les Éternitoises et Éternitois.

La population étant vieillissante, les forums Zoom ou Teams ne rejoignent pas la majorité des villageois, et c’est pourquoi nous avons remis en fonction la télévision communautaire locale.

À partir du mois de décembre, il y aura un horaire de rediffusion d’évènements publics ayant eu lieu dans le village. Des gens ont apporté de bonnes vieilles cassettes VHS, mémorisant archives et souvenirs tels que des parades de mode, des défilés de robes de mariée ou des samedis de rire, organisés à l’époque par des gens de chez nous, lors des débuts de la Société développement touristique de Rivière-Éternité.

Dans la programmation, il y aura aussi des spectacles de la troupe de musique Éternissime, un concert de l’école de musique du Bas-Saguenay et des prestations en direct d’une soirée karaoké et de chansons de Noël. Tout en respectant évidemment les mesures recommandées par la santé publique. De plus, un groupe d’Éternitois a fait la demande de remettre sur pied des bingos diffusés comme cela se faisait il y a plusieurs années.

La direction municipale a accepté, constatant que certains de ses citoyens s’ennuient suite à l’arrêt des activités de sac de sable et de l’âge d’or. Le bingo aura lieu tous les deuxièmes mercredis de chaque mois. Il ne faut pas oublier que nous avons la bibliothèque municipale qui est ouverte à tous les mardis de 18h00 à 19h30 et les samedis de 9h30 à 11h30. Beaucoup de nouveaux livres ont été achetés. Il y en a pour tous les goûts et pour tous les groupes d’âges. La joujouthèque a aussi repris ses activités les mardis sur les heures d’ouvertures de la bibliothèque.

Pour terminer, la municipalité incite ses concitoyens à prendre de l’air pur et mettre en place des initiatives pour maintenir de saines habitudes de vie, et ce même en période de confinement. C’est pourquoi la patinoire du Centre communautaire et des loisirs sera disponible dès que la température le permettra. Ne vous gênez pas aussi d’utiliser la piste cyclable pour y faire de la marche, de la raquette ou du ski de fond. 

Bref, il y a presque tout pour ne pas s’ennuyer dans ce beau village de Rivière-Éternité.

Ces petits moments de grâce qui nous définissent…

Jeanne Gaudreaullt (guitare), Wyatt Pelletier, Maelya Savard (guitare) et Kim Houde (piano)

Jeanne Gaudreault avec une partie de la première récolte de l’école.

« Moi, j’adore quand Mme Diane joue du piano.  J’adore tenir les mains de mes amis et chanter.  Cela me fait du bien. » Propos de Jeanne Gaudreault

Il était une fois, dans la rumeur d’un matin de novembre. Madame Diane joue un air connu sur son piano centenaire. M. Maxime, l’enseignant d’anglais, se met à chanter :

Quand on lit des livres,

Que le temps s’arrête,

Que les histoires, à elles seules, nous captivent.

Chaque jour, en classe.

Et même dans le gymnase.

Un peu partout…

Tous ensemble,

Nous on lit!

Azaly Pelletier dans l’alcôve de lecture

Tantôt calmes et discrets, tantôt vibrants et fébriles, les instruments de musique de Mme Diane suscitent l’enchantement tout comme le bâtiment qui continue de se transformer sous nos yeux.

Les alcôves de lecture entre les classes mettent en valeur les livres qui nous accompagnent au quotidien.

Nous occupons maintenant les espaces de collaboration entre les classes, le gymnase et le lab-créatif. Tous ces espaces abritent la rêverie et attisent le désir de se retrouver à nouveau ensemble pour collaborer.  

L’engouement des élèves de 3e cycle pour les sciences est marqué. Récemment, ils ont même assisté à la conférence d’un volcanoloque de Mexico lors d’une activité d’Écoles en Réseau!  

L’environnement continue d’être un levier d’apprentissage et une source inépuisable d’expériences.  Entre les randonnées littéraires, les sorties à vélo, le jardinage, les sciences et les mathématiques, les contacts directs avec la nature nous stimulent et nous émerveillent toujours autant! 

Un petit échantillon de nos premières récoltes. Saurez-vous identifier ces légumes?

La légende d’Édouard

C’est l’histoire d’une montagne qui doit son nom à Édouard Moreau, un innu originaire d’Essipit.

C’est l’histoire d’une montagne qui doit son nom à Édouard Moreau, un innu originaire d’Essipit. Elle faisait partie de son territoire de chasse, qui allait jusqu’aux Hautes Gorges de la Malbaie. Édouard vivait avec sa famille dans son camp, il trappait, pêchait et chassait pour se nourrir. Il faut savoir qu’en 1838, lors de la fondation de la municipalité de L’Anse-Saint-Jean, vivaient sur le territoire les familles innues Moreau, Saintonge, Hapenta et Denys. Édouard Moreau travaillait sur ce que l’on appelait à l’époque Le sentier des sauvages, la seule route capable de relier la région de Charlevoix. Il trappait avec Apulée Dallaire (1831-1908), grand-père du dénommé Horace, le dernier coureur des bois de la région.

Horace Dallaire (1892-1989), un fameux raconteux, admirait profondément les connaissances de ses amis innus avec qui il a appris à vivre dans les bois. 

Édouard Moreau a non seulement laissé son nom à la montagne, mais également à un lac, le lac Moreau, situé à côté du Lac Anna, du nom de sa femme. Voici à ce sujet un extrait du livre Le peuple rieur de Serge Bouchard : Dans son livre sur les Innus du Saguenay, Florence Parcoret rapporte des faits très intéressants à propos des familles d’Essipit du XIXe siècle. Flavien Moreau (qui signait Papien Mono), le fils de Joseph, le premier des Moreau, a chassé sur un territoire immense entre L’Anse-Saint-Jean et Grande Baie, sur la rive sud du Saguenay, de 1850 à 1895. Il a passé sa vie dans ces paysages grandioses, chasseur-trappeur, guide, gardien de rivière, garde-chasse, s’adonnant à toutes les activités reliées au caractère sauvage du territoire. Il y demeurait avec sa femme innue, Marie-Louise Régis. Son fils Édouard suivit les mêmes chemins. Hélas, son territoire de chasse devint un club privé très sélect en 1900. Il est mort au pied d’une montagne qui porte son nom aujourd’hui, le mont Édouard.

Si le livre de Serge Bouchard parle d’une fin tragique pour Édouard, Horace lui se souvient que la famille Moreau est retournée vivre à Essipit. Et c’est là que l’histoire devient légende et ne rime pas forcément avec vérité !

Les cuisines collectives

Jeanne Gagné, Emilie Cormier, Sylvianne Claveau, Linda Vaillancourt, Lynda Clouston et Linda Durand préparent des boîtes de Noël pour les personnes aînées de la communauté.

La dernière année a été particulièrement mouvementée pour le Groupe d’Actions Communautaires et ses bénévoles. Avec l’arrivée de la pandémie, l’organisme a dû adapter ses services pour répondre à ses membres et particulièrement aux besoins de la population aînée.

Lynda Clouston, Émilie Cormier, Linda Vaillancourt et Sylvianne Claveau en pleine préparation des boîtes de Noël.

Depuis près de 40 ans, le Groupe organise annuellement un dîner de Noël pour les citoyens aînés du village. Ce dîner convivial et festif est toujours bien attendu, offrant une belle occasion de fraterniser et se rencontrer. En raison de la pandémie, le Groupe a dû repenser le projet. C’est ainsi que plusieurs femmes bénévoles se sont réunies autour d’un projet de cuisine collective. Elles avaient en tête de préparer de belles boîtes de Noël, boîtes qui seront distribuées à une cinquante de résidences avant les fêtes.

Linda Durand et Émilie Cormier pas mal fières de leurs tartes en devenir !

Ces merveilleuses bénévoles ont préparé entre autres des pâtés à viandes et à la dinde, ainsi qu’une variété de desserts. De plus, les élèves de l’école St-Gabriel prépareront de belles cartes de souhaits et notre groupe de tricoteuses ajoutera des pantoufles en laine. Une belle initiative collective réalisée dans l’espoir d’apporter du bonheur et de la joie dans une période des fêtes éprouvante pour plusieurs.

Besoin urgent de nouveaux élèves!

L’état d’alerte a sonné pour l’école Marie-Médiatrice. Dans les premiers jours du mois de novembre, une rencontre virtuelle a eu lieu entre le personnel enseignant, la direction de l’école, les parents des élèves, la direction municipale, le maire, un conseiller municipal, la responsable de la garderie en milieu familial et une personne du regroupement AGIR. Force est de constater que le nombre d’élèves diminue dramatiquement. Donc, le sujet principal de discussion à cette rencontre: Quelles sont les solutions pour sauver notre école!

Cette inquiétude plane depuis plusieurs années. Des actions ont été mises en place afin d’attirer de nouveaux élèves à Marie-Médiatrice. Du côté de la direction de l’école et la Commission scolaire, certaines initiatives ont connu un franc succès, comme lorsque vers 2012, l’école prenait le tournant d’école à pédagogie alternative. S’en est suivi la mise en place de l’école à projet Faune et Flore.

Du côté municipal, des actions ont été mises en place pour sauver l’école, comme celles d’assumer les coûts du transport des élèves provenant des autres municipalités, et d’assurer le déneigement de la cour en échange d’un local dédié à la bibliothèque municipale, l’engagement du personnel pour assurer le service de garde (matin, midi, soir et journées pédagogiques), le prêt de personnel pour la comptabilité du Club des Petits déjeuners.

Suite à cette rencontre du début novembre, de nouvelles orientations et actions seront mises en place, comme la réalisation d’une vidéo promotionnelle présentant le milieu. Un sous-comité a été formé pour monter ce projet dont la municipalité assumera les coûts.

Ce n’est pas par manque de volonté que l’école est en état d’alerte, plusieurs démarches ayant déjà été réalisées. Le réel problème est le manque de jeunes enfants dans le milieu. Pourtant, la plupart des maisons à vendre ont toutes trouvé preneur, de jeunes couples ou familles décident de venir s’installer ici, et nous en sommes très fiers ! Cependant, on remarque que tout près de 30% des enfants d’âge scolaire ne sont pas inscrits à l’école du village. Il faut réfléchir à ce que l’on doit faire pour les courtiser. Des éléments afin de faciliter la vie des jeunes familles ont pourtant été mis en place dans les dernières années, comme d’allonger les heures du service de garde pour accommoder les parents qui travaillent à la Ville de Saguenay.

La municipalité continue d’envisager d’autres options pour attirer de nouvelles familles. Dans les prochains mois, elle considérera l’éventualité de développer un quartier de mini-maisons sur son territoire, un type d’habitation qui attire une clientèle à la recherche de petits coins paisibles.

Ainsi la municipalité va également répertorier et promouvoir les terrains vacants pour de futures constructions résidentielles. Avec la crise sanitaire, plusieurs personnes désirent s’éloigner des grands centres pour venir vivre en nature, un retour aux sources.

Rivière-Éternité pense également offrir des subventions ou compensations aux familles qui s’inscriront à Marie-Médiatrice. Ces pratiques se font déjà dans des municipalités voisines, afin d’attirer le plus de jeunes possible.

C’est donc un cri du cœur que nous lançons à toute la population du Bas-Saguenay. Cette bataille ne pourra pas se gagner seul. Une école dans une municipalité est un service vital et essentiel au développement de celle-ci. La municipalité de Rivière-Éternité portera donc ce combat à bout de bras et utilisera toutes les ressources disponibles afin d’atteindre les objectifs visés. Toutes personnes, partenaires ou réflexions qui pourraient aider à augmenter le nombre d’élèves à l’école Marie-Médiatrice seront pris en considération. L’union fait la force !    

Nouveaux secteurs de ski de montagne à Petit-Saguenay

L'équipe de bénévoles identifie le parcours des sentiers pour arriver à l'un des magnifiques points de vue. Crédits photos : Manon Landry

C’est au cœur du village de Petit-Saguenay qu’une toute nouvelle zone skiable a été aménagée durant l’automne. Il vous est possible dès maintenant de dévaler deux nouvelles pentes, de niveau intermédiaire à expert, en pratiquant ce qu’on appelle du ski de montagne. Ce type de ski se pratique en autonomie, c’est-à-dire sans patrouille, avec des sentiers d’ascension que l’on grimpe en plaçant des peaux de phoque sur ses skis avant de redescendre dans la poudreuse.

Ce nouvel aménagement d’un secteur de ski, c’est Marc-André Houde qui en est l’initiateur. Ce projet est un partenariat entre la Fédération Québécoise de la Montagne et de l’Escalade (FQME) et la municipalité de Petit-Saguenay. La COOP Accès Chic-Chocs est venue directement de Gaspésie pour aménager les pistes situées sur des terres publiques, ainsi que sur un lot de Jean-Yves Côté, qui a gracieusement collaboré au projet.

Natif de Petit-Saguenay, Marc-André Houde pratique le ski depuis des années. C’est un skieur de haut niveau détenant une expérience considérable dans le domaine du ski de montagne. Ces parcours l’amènent naturellement à ce nouveau projet, celui de développer des pentes skiables à Petit-Saguenay. Son engouement pour le ski de montagne s’est développé dès son plus jeune âge. Marc-André s’amusait avec son ami Benoît à taper des pistes de ski à bosses, avec un « jump » et avec un tracé « downhill » sur la colline, près de la maison familiale. Qui aurait cru qu’il réaliserait enfin ce rêve de défricher « pour vrai » une montagne de ski dans son patelin d’enfance !

« L’idée au départ, c’était de revitaliser et de créer un secteur skiable proche du village afin d’y accroître le développement économique. Ce ne sont pas les belles montagnes qui manquent ici. On aurait pu en développer d’autres, mais celle-ci a été choisie pour son accessibilité. C’est une très belle montagne pour pratiquer ce genre de sport. Elle est située au centre du village, facile d’accès et juste derrière l’Aréna Roberto Lavoie, avec la possibilité d’un accès à des services pratiques comme un espace de repos à l’intérieur. Il y a une grosse demande pour ce type de sport. Le mont Édouard est très populaire et souvent ça déborde, alors les gens décident de ne pas venir. Avec un nouveau point de ski de montagne à 12 km du mont Édouard, on risque de créer un achalandage additionnel et de faire découvrir un autre bel endroit pour pratiquer ce sport au Bas-Saguenay », explique Marc-André Houde avec enthousiasme.

Deux stationnements sont accessibles pour les skieurs, devant l’Aréna et sur le chemin d’accès de la tour de cellulaire, située derrière la source d’eau potable de la municipalité. Il est à noter que cette nouvelle offre de ski en autonomie peut se faire en toute sécurité grâce à un plan de mesures d’urgences complet.

Pour skier sur ce nouveau territoire en toute sécurité, il suffit de s’inscrire sur le site de la FMQE.

Au temps des barricades

Les travailleurs forestiers déversent un chargement de bois sur la route 170, en face de la pharmacie et allument un immense feu.

Un comité d’irréductibles (indépendant de la Corporation du Mont-Édouard qui continue de piloter le dossier par les voies normales) est mis sur pied avec la ferme intention d’aller « brasser la soupe autrement ».  C’est ainsi qu’à la fin novembre 1989, ces travailleurs forestiers, avec Claude Boudreault en tête, déversent un chargement de bois sur la route 170, en face de la pharmacie et allument un immense feu; la route régionale est bloquée, une voie de contournement par la rue du Coin est prévue pour les urgences seulement, et tout le trafic régulier est immobilisé. Les anjeannois sont solidaires du geste posé et se relaieront au feu pour surveiller le barrage.

Du jour au lendemain, le bureau du pharmacien devient le bunker des résistants et les appels arrivent d’abord de la Sûreté du Québec, ensuite du cabinet du ministre Blackburn demandant d’aller chercher Claude Boudreault sur le barrage et les échanges fusent. La porte du bureau a beau être fermée, on entend Claude qui se débat avec le ministre et la ferveur que celui-ci déploie dans son argumentation est on ne peut plus convaincante : la survie du village est en cause.

Au cours de cette période de siège, des équipes se relaient jour et nuit pour alimenter le feu et s’assurer que personne ne viendra démanteler le barrage. Après l’une de ces discussions enflammées avec le ministre, Claude sort du bureau en disant : « Ça marche, le ministre Blackburn va venir nous rencontrer cet après-midi, il viendra au Colibri et arrivera en hélicoptère. » Et, comme de fait, ce dernier atterrit vers 2 heures dans le stationnement et rencontre les citoyens rassemblés dans la grande salle. Le message qu’il livre est le suivant : « Votre projet est bien ficelé et en bonne voie d’approbation finale. Il faut d’une part s’arrimer avec le Fédéral et d’autre part, trouver une façon de bien le présenter pour ne pas avoir aussi à dire oui à 5 ou 6 autres projets de même nature dans d’autres régions du Québec. Pour ce faire, nous demandons que vous cessiez vos moyens de pression, que vous débloquiez la 170 et consentiez à une trêve jusqu’à la fin de janvier.»

Le tout est accepté de bonne foi, la barricade est levée vers le 8 décembre, mais avant de quitter, les forestiers locaux prendront la peine d’installer un gigantesque sapin de Noël sur le terrain à gauche de la pharmacie. Il sera décoré avec plein de lumières apportées par tout un chacun et deviendra le symbole de la ténacité et du courage des gens de chez nous; pendant plus d’un mois et demi, chaque camionneur étranger ou pas (les nouvelles vont vite dans cette confrérie) qui circulera dans le secteur se fera un devoir de klaxonner en passant pour manifester son appui à « la cause ».

Du financement occulte est trouvé sans peine pour l’essence des équipements et machines et pour nourrir les bûcherons délinquants.

 Fin janvier, aucun signe de vie ni des fonctionnaires, ni du ministre et la patience des « résistants » ne tient plus. Les gens d’ici sont décidés à prendre les grands moyens pour faire ce qu’ils savent le mieux faire : ils vont commencer le déboisement du bas de la montagne, sans autorisation et même avec l’appui public des maires du Bas-Saguenay, Laurent-Yves Simard de L’Anse en tête, secondé par Hermé Lavoie de Petit-Saguenay et Eugénie Bouchard de Rivière-Éternité.

Du financement occulte est trouvé sans peine pour l’essence des équipements et machines et pour nourrir les bûcherons délinquants. Les travaux s’amorcent, un « camp de batch » (qui fait office de cuisine, de quartier général et de pôle de rassemblement) est érigé; pendant qu’on déboise le bas de la pente familiale no 9, un hélicoptère de la SQ survole régulièrement le chantier et des agents relèvent les numéros de plaque des automobiles des travailleurs dans le stationnement.

La tension est palpable partout dans le village. Le curé Clément Harvey, en appui à ses paroissiens, commence un jeûne intégral et, à son huitième jour, accueille le journaliste Louis Lemieux de Radio-Canada, qui vient tenir une émission en direct du presbytère, offrant ainsi une visibilité nationale.

Et…finalement dans l’après-midi du 16 février 1990, les bulletins régionaux commencent à clamer la nouvelle, le projet du Mont-Édouard est officiellement accepté et sera réalisé. C’est l’euphorie à L’Anse-Saint-Jean et le paroxysme est atteint en soirée lorsque le ministre Blackburn débarque dans l’arrière-pays de Périgny au Club des Copains survolté, alors que c’est la fête au village et fort probablement dans une bonne partie de la région. L’Anse-Saint-Jean, contre toute attente, a relevé le pari de l’impossible !

Et, preuve que ledit projet était admirablement bien ficelé dans tous ses détails, moins de 300 jours après cette annonce officielle, le même ministre appuie sur le bouton de démarrage de la première remontée. L’immense chalet, les remontées mécaniques, le système d’enneigement, les structures d’accueil, tout est en place et fonctionnel. Le 8 décembre 1990 les premiers skieurs dévalent les pentes du Mont-Édouard. Ceux qui ont vécu ces événements en éprouvent encore des frissons ! C’est hier, c’était il y a 30 ans !

Les élèves de Saint-Félix au mont Édouard

Nos souvenirs au mont Edouard

Nous avons tellement d’anecdotes au mont Édouard, que nous avons eu de la difficulté à choisir. Voici notre top trois :

Mon souvenir le plus douloureux

 J’ai commencé à faire du ski en maternelle. La pente école est la première piste que j’ai faite. Il y avait un tapis roulant qui nous montait jusqu’en haut. Un matin, je suis montée sur le tapis roulant. Le moniteur ne nous avait pas dit qu’il fallait qu’on se penche un peu. Alors, je me suis mise debout et j’ai glissé tout en bas. Une chance qu’il n’y avait personne derrière moi parce que je suis arrivée tout en bas de la pente et je suis tombée. Ça m’a fait très mal « ouille, ouille, ouille »!

                      Anne-Frédérique Brassard

Mon souvenir le plus drôle

J’étais au mont Édouard avec mon professeur et mes amis. Nous descendions la pente de ski A. Jusque-là, tout allait bien. Mais j’ai voulu sauter sur une butte de neige sans savoir que la neige n`était pas assez solide. Je suis partie à tout allure pour sauter très haut, mais mes deux skis se sont pris dans la butte de neige et je suis tombée. Par chance, je n’ai pas eu d’égratignures, ni rien de grave. Je trouve ce moment drôle, car je me souviens de revoir mes deux skis dans la butte de neige et tout le monde qui rit en cœur. Ce moment est gravé dans ma mémoire, car ce jour-là je me suis beaucoup amusée et j’ai bien rigolé : « Hi,hi,hi »!.

 Léanne Lavoie

Mon plus beau souvenir

Mon plus beau souvenir c’est quand j’ai reçu ma première médaille. Nos enseignantes nous ont amené dans une grande salle de réception avec des bancs confortables. C’était en fin de journée, le soleil entrait par les fenêtres et il nous éblouissait. Nous étions avec nos amis à la table, on parlait de tout et de rien. Avant de nous donner nos magnifiques médailles, nos professeurs ont apporté du popcorn et un cocktail pour tout le monde. Quand les enseignantes donnaient nos petits trophées, nous avions tous hâte d’entendre notre nom pour gagner notre médaille. La fierté dans notre visage était présente : « Yahou» !                                                        

Kellyann Lépine Rioux

Les pistes du mont Édouard

Les pistes du mont Édouard sont très belles. Chaque année, j’ai de plus en plus de joie quand je descends les pistes. Elles sont nommées par des numéros : il y en a de 1 à 9. Aussi il y a des pistes plus compliquées que d’autres. Il y a deux sortes de télésièges : Le A et le B. Le B est pour les débutants et les intermédiaires, alors que le A est pour un plus haut niveau de compétence en ski et en planche à neige.  En plus, les pistes ont des bosses et des sauts à faire sur le côté. Au Mont-Édouard, en plus d’avoir de merveilleuses pistes, il y a un énorme chalet et de merveilleux moniteurs qui enseignent très bien le ski et la planche à neige.

Charli Debeaupte

Les sous-bois du mont Édouard

Ce que je préfère au mont Édouard, ce sont les sous-bois. Il y a la passerelle, la forêt des toutous, le petit bois partie 1 et le petit bois partie 2. Pour la passerelle, c’est un énorme sous-bois de 20 minutes. La forêt que l’on traverse est très dense.

La forêt des toutous est nouvelle de l’an passé. Comme le nom le dit, il y a plusieurs toutous. Aussi, il y a quelques sauts. Dans le petit bois 1, il y a un saut à la fin et pour Le petit bois 2, il y a une longue passerelle.

Voilà quelques descriptions des merveilleux sous-bois du mont Édouard!

Cyriac Perron

Suivre ses rêves, le plus intéressant des parcours !

Marilou St-Pierre et sa maman Cécile, lors de la collation des grades en 2018, cérémonie honorant la réussite de son doctorat.

Marilou St-Pierre commence son parcours dans le domaine des communications à l’école Fréchette en créant avec d’autres élèves du secondaire un journal étudiant. C’est ainsi que cette native de Rivière-Éternité est repérée en 2004 par la toute nouvelle équipe du Trait d’Union.

Depuis, la scolarité de Marilou est un sans-faute qui l’amène vers une thèse de doctorat sur le parcours professionnel des journalistes sportives québécoises de 1970 à 2015. Celle qui donne de nombreuses conférences, écrit des articles scientifiques et travaille en recherche, est très fière de son cheminement universitaire, qu’elle poursuit encore aujourd’hui avec un postdoctorat à l’université d’Ottawa. « J’ai toujours pu bénéficier du soutien de mes parents, il n’a jamais été question de : qu’est-ce que tu vas bien pouvoir faire avec ça dans la vie ? Mes parents me faisaient confiance, ils voyaient que j’avais une certaine facilité à l’école, mais surtout du plaisir ! »

« Le soutien parental, du milieu aussi, c’est excessivement important et positif. Les métiers en communication, on n’a pas toujours au bout de la ligne un métier fixe, on ne devient pas dentiste ou architecte, mais ce sont des formations qui nous préparent à différents rôles ! On devrait toujours valoriser la connaissance, on doit chercher un métier bien sûr, mais l’éducation ne devrait pas être uniquement cela », poursuit celle qui lit toujours le Trait d’Union quand elle vient faire un tour dans la région. Ce n’est pas juste pour vous lancer des fleurs, mais je trouve que le journal a vraiment bien évolué ! Si j’étais encore étudiante au Bas-Saguenay, j’aimerais m’y impliquer ! »

Marilou voudrait également dire aux jeunes de ne jamais se laisser mettre des bâtons dans les roues, surtout pour des raisons du genre : je ne suis pas capable, c’est trop difficile ou pire encore, à quoi tout cela va me servir ! « Si c’est ce que tu aimes, faire de la musique, tu vas peut-être te dire que tu ne trouveras jamais de travail dans ce domaine. Mais tu sais quoi ? Tu vas apprendre tellement d’autres choses. Quand on fait un cursus scolaire, on finit toujours par apprendre bien plus que juste de la matière ! Ça nous aide à développer une réflexion critique, une ouverture d’esprit, c’est important de ne pas juste voir les études dans une optique fonctionnaliste. »

Foncez les jeunes et faites dont ce que vous aimez !

« J’ai vraiment eu la chance d’avoir des parents formidables qui ne m’ont jamais mis de bâtons dans les roues. À la fin de mon secondaire, j’avais d’excellentes notes, mais j’avais envie d’aller en Arts et Lettres. C’est ça que j’aimais. Les mathématiques, je n’avais pas de misère mais ça ne venait pas titiller en moi ce qui venait me chercher en créant une composition en français. Mes parents ont cru en moi, ils ont vu que c’est ce qui m’allumait et ils m’ont dit vas-y ! »

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