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Sculpture : Neige et glace – Art éphémère et précaire

FJCOWRD, la vachoune de mer, un monstre marin laiteux est une vache algivore unique des abysses du Fjord du Saguenay. Sa crème fraîche salée est l’ingrédient secret pour fabriquer le meilleur fromage poétique au goût d’aurore boréale en Amérique du Nord (Texte de Fanny-Fay Tremblay-Girard)

Qui n’a pas construit des forts de neige ou creusé des tunnels durant son enfance ? Lorsque je sculpte la neige, c’est souvent ces souvenirs qui me reviennent. J’adore la neige, le froid et la lumière hivernale. Nous sommes nés dans la bonne région pour en profiter à fond et se compter chanceux d’avoir encore un hiver. Voici l’histoire d’un groupe d’amies jouant dans la neige pendant des heures interminables.

FJCOWRD, la vachoune de mer, un monstre marin laiteux.

La neige et la glace sont plus qu’un matériel de création. C’est un élément, de l’eau qui tombe sous forme de précipitations et dont l’état change selon la température. C’est fascinant et magnifique.

Mon nom est Joëlle, de Ferland-et-Boilleau et je sculpte la neige depuis une quinzaine d’années, à intervalle plus ou moins régulier et plus intensément depuis les 5 dernières années. Je sculpte avec tout un groupe d’artistes provenant de partout au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ces sculpteurs et sculpteures se sont démarqués au fil des ans à travers la province (l’hôtel de glace de Québec et le carnaval de Québec, entre autres.) et un peu partout dans le monde.

Joëlle Gagnon, Marie-Claude Paris-Tanguay et Fanny-Fay Tremblay-Girard.

Je reviens tout juste de Stillwater au Minnesota. Un endroit magnifique aux mille lacs et rivières où se tenait le World Snow Sculpting Championship. J’y étais avec deux partenaires artistes sculpteures de talent, Fanny-Fay Tremblay-Girard (originaire de Ferland-et-Boilleau et résidente de Sainte-Rose-du-Nord) et Marie-Claude Paris-Tanguay (originaire de Roberval et également résidente de Sainte-Rose-du-Nord)

Une aventure épique ! Nous sommes premièrement arrivées à destination avec 24 heures de retard, sans outils et sans vêtements d’hiver ! Grâce à la générosité des autres sculpteurs et des gens de l’organisation, on a tout de même pu commencer la compétition en même temps que les autres équipes venues de partout dans le monde.

Notre équipe, Les FjordWitches (les sorcières du fjord), a sculpté aux côtés des Atlanteens de France, de Teamuk du Royaume-Unis/pays de Galles et pays de l’ouest, de Mexicaine de Neige du Mexique, de Famille de l’Équateur, d’Izmit de la Turquie, de House of Thune du Minnesota, Colima du Mexique, Flozen de la Floride, de Dakota du Dakota du Nord, de Funland de la Finlande et de Taniwah des Territoires-du-Nord-Ouest.

La compétition se déroulait du mercredi au dimanche et les gagnants étaient déterminés par les autres artistes sculpteurs. Quelle surprise nous avons eu et quelle reconnaissance de nos pairs lors de la remise des prix ! Nous avons remporté la première place avec FJCOWRD : La Vachoune de mer, un monstre marin. En plus de la fierté de remporter un championnat du monde, il faut savoir que notre équipe était entièrement féminine ! Peut-être même une première pour une première place dans un championnat du monde, qui sait ?

L’équipe du Dakota du Nord a remporté la 3e place alors que l’équipe de la Turquie était en 2e position. Enfin l’équipe Colima du Mexique est repartie avec le prix du public. Toutes des équipes avec beaucoup de talent. La compétition était forte et les projets de qualité. Nous sommes fières d’avoir représenté nos villages, notre région et le Québec. Nous sommes aussi fières d’avoir représenté les autres femmes sculpteures d’ici !

J’aimerais en profiter pour souligner la pouponnière artistique de sculpteurs sur neige qu’est le Saguenay-Lac-Saint-Jean et particulièrement Saguenay en neige, anciennement Jonquière en neige. Jusqu’à maintenant, je n’ai jamais vu un événement d’une telle ampleur au niveau du nombre de sculptures réalisées au même endroit (des centaines…) par des professionnels, des amateurs avec du talent à revendre, des étudiants en arts du Cégep des élèves du secondaire et même des gens avec des « limitations » physiques. Une grande partie des sculpteurs d’ici qui maintenant rayonnent sont passés par Saguenay en neige.

Mes séjours à l’étranger m’ont démontré que le Québec, ainsi que la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, possède une grande expertise avec la neige et la glace et un grand nombre de sculpteurs de talents. On a grandi dedans, la neige pour nous c’est une deuxième nature ! Notre force, notre endurance au froid et notre créativité se démarquent. Soyons fières !

Métissé les liens : Une femme aînée tisse ici une paire de raquette de babiche, transmission d’un savoir ancien provenant du vieux et doux caribou.

Je tiens aussi à mentionner que lors du concours de sculptures sur neige de Saguenay en neige la fin de semaine du 1, 2 et 3 février, une autre équipe avec laquelle je travaille, Éric Tremblay de Saint-André-du-Lac-Saint-Jean et Thomas Meloche originaire de Saint-Félicien et résident à Sainte-Rose-du-Nord, a remporté la troisième place et le prix du public avec l’œuvre Métissé les liens.

Les cuisines se métissent, les langues, les pratiques artistiques, les imaginaires, les cultures. Les sociétés naissent et vivent de rencontres et d’échanges. Le métissage porte d’autres façons d’être et d’apprendre le monde.

Merci pour la transmission, le savoir ancestral qui a permis d’apprivoiser ce territoire sacré.

Je vous invite à suivre ces artistes dans leur créations hivernales de neige et de glace. Pour ma part, je partirai bientôt pour Yellowknife, dans les Territoires-du-Nord-Ouest afin de travailler à la création du château de neige du SnowKing festival et de participer au concours de sculpture.

On se revoit au printemps !

Florian Gaudreault, la résilience comme ligne de vie

Aujourd’hui je rencontre Sylvie Gaudreault dans la maison familiale de leur grand-père François pour qu’elle me parle de son frère Florian, décédé en décembre dernier. Florian Gaudreault est né le 2 juin 1952. C’était l’aîné d’une famille de 5 enfants dont les parents, Rémi Gaudreault et Pâquerette Côté, ont toujours vécu sur le chemin Saint-Louis à Petit-Saguenay. Comme beaucoup à cette époque, Florian a quitté l’école à l’âge de 16 ans pour aller travailler dans le bois pour la Compagnie Price avec son père. Ils partaient toute la semaine. Les chantiers commençaient au printemps et s’arrêtaient souvent juste après les fêtes.

Antonin et son frère Florian.

En septembre 1973, un terrible accident changera à jamais la vie de toute la famille. Un arbre tombe sur Florian qui venait tout juste d’avoir 21 ans. Il passera le reste de sa vie en chaise roulante.

Florian de dos sur un chantier de la compagnie Price

Loin de se décourager, Florian s’est très vite engagé dans la communauté. Tout d’abord sur un Conseil de surveillance et déontologie à la Caisse Populaire pendant plusieurs années, puis aux Chevaliers de Colomb avant de s’impliquer dans un comité pour la mise en place du Transport Adapté. Sylvie se souvient : « On se débrouillait avec nos petites fourgonnettes mais ce n’était pas l’idéal. Au début, mon père avait fabriqué un gros panneau pour pouvoir entrer le fauteuil roulant. Il y a eu ensuite deux rampes moins lourdes et à la fin, un système qui permettait de baisser le plancher. Le Transport Adapté a débuté le 17 janvier 2000, et mon frère a participé activement durant cinq années à la création de ce service. Par la suite, tout au long de sa vie, quand cela lui était possible, il était le représentant des usagers aux rencontres du Conseil d’Administration. Florian de son côté se servait essentiellement du Transport Adapté pour ses sorties locales. »

À travers les années, il a donc fait partie de différents comités et c’est toujours avec une grande rigueur qu’il s’acquittait de ses tâches. Peu de temps après son accident, un médecin lui avait suggéré la lecture comme passe-temps, notamment le livre La vie de Martin Gray. Des livres et des revues qui lui ouvraient de nouveaux horizons et lui permettaient de discuter avec tous les gens qu’il rencontrait. « Son ouverture envers les autres agissait comme un aimant, se souvient Sylvie avec une touche d’émotion dans la voix. Si jamais on le perdait de vue, il suffisait de regarder autour et de chercher un regroupement de personnes, c’est certain qu’on allait le retrouver là ! »

Il y aurait tant à dire sur ce personnage au courage et d’une curiosité toujours en action, et celui qui aimait tant lire était très fier de s’être fait « patenter » par son jeune frère un gadget qui lui permettait de signer et même d’écrire des cartes de vœux.

C’était bien sûr avant l’arrivée des ordinateurs !

Dans l’autobus du Transport Adapté avec Annie Simard.

Le Transport Adapté

Le Transport Adapté dessert les villages du Bas-Saguenay, en priorité pour les personnes à mobilité réduite, mais s’il reste de la place, il peut devenir un transport collectif offert à tous depuis 2006. « Si je n’ai pas quelqu’un à mobilité réduite à transporter, je ne suis pas dans l’obligation d’offrir le service, mais c’est très rare. On fait le trajet jusqu’à Ville de La Baie 4 fois par semaine, c’est juste le mercredi qu’on n’y va pas. Le départ se fait le matin de Petit-Saguenay, et le mieux pour avoir des informations, c’est d’appeler au 418 272-1397 », me confirme la directrice de ce service. « J’ai également un permis de transport nolisé, ce qui nous permet d’emmener des jeunes de la Maison des Jeunes à leurs activités en soirée. »

Mon fort de rêve !

Pendant le mois de janvier, les élèves de 3e année de l’école Fréchette ont eu la chance de réaliser une écriture sur le thème de : Mon fort de rêve. Avant, ils ont pu regarder le film « La guerre des tuques » de 1984 pour se donner des idées. Ils ont ensuite dessiné un plan de leur fort et finalement, ils ont eu à le décrire. Voici deux textes d’élèves.

Mon fort se situe dans ma cour. Je construirai les murs avec mes mains et je les lisserai.

J’entrerai et je sortirai avec les escalades. Mon fort aura 9 mètres de hauteur et 9 mètres de largeur. Je n’ai pas de fenêtre. J’aurai un tunnel glissade en colimaçon. J’aurai, dans la tour de gauche, des marches qui mènent à une trappe d’observation. J’aurai un drapeau rouge et bleu. Mon fort aura une forme carrée. Deux tours occuperont les devants avec, au sommet, deux pignons en bois rouge. Sur les pignons, il y aura deux balles lumineuses jaune, beige et orange.

Pour mes améliorations, j’aimerais ajouter un labyrinthe devant ma porte. J’ai aussi un canon à neige. J’adore mon fort. J’ai hâte de m’amuser à le construire!

Félix Savard, 3e année

Mon fort se situe chez moi, dans une butte de neige. Pour construire mon fort, j’aurai besoin d’un canif, d’une pelle, d’un gratte glace, d’une visseuse et de plusieurs vis.

L’entrée et la sortie c’est le pont secret. À l’intérieur, il va y avoir une armoire de survie, un frigo naturel, des chauffe-pieds, une table, une bouteille d’eau et un endroit où dormir. Les murs feront deux mètres de hauteur et 1,5 de large. Le passage secret est en-dessous du long pont secret. Dans mon fort, il va y avoir deux petites fenêtres. Les décorations sont de petits drapeaux rouge vif clair et bas. Ils sont accrochés à un bâton.

Mon grand moyen de défense ce sont des balles de neige blanche. Mon amélioration est d’utiliser de grosses planches de bois fin.

Nathan Thibeault, 3e année

Des nouvelles de Fréchette

Le 30 janvier dernier, les élèves du 2e cycle de l’école Fréchette et des autres écoles du Bas-Saguenay se sont rassemblés pour participer à diverses activités organisées par l’Agir, la municipalité et l’école de St-Félix d’Otis. Lors de cette journée, ils ont pu rencontrer une artiste, Élisabeth Gravel. Ils ont aussi participé à un atelier avec l’auteur Kévin Girard. Deux autres ateliers étaient organisés à l’extérieur. Les élèves ont pu faire du Yoga dans la Yourte de St-Félix avec Mme Jessica Lecompte et expérimenter les Skis Oaks. Tous ont adoré leur journée et ont eu beaucoup de plaisir!

Classe 3e année, Fréchette 

Nature et écriture – Les 5 sens

Voici l’activité que nous avons faite en cinquième année et en sixième année. Durant cette activité, notre classe est allée dehors dans le but d’écrire un texte lié à nos observations mettant en éveil tous nos sens. Pour ce faire, nous avons utilisé un tapis isolant et un porte-document rouge, isolant et imperméable. Nous avons commencé l’écriture dans la piste cyclable. Tous nos sens étaient présents.

Blanche et Maéva, 5e année

 

Les effets de la nature sur le mental

Ici, à L’Anse-Saint-Jean, nous avons plein de ressources pour bouger à l’extérieur. Nous en avons plusieurs, mais cela serait trop long de toutes les nommer. Je peux quand même vous en nommer quelques-unes comme le ski, le ski de fond, la raquette, le patin et plus encore! Tout ce que je viens de nommer sont des sports d’hiver, toutefois nous avons aussi plusieurs activités sportives en été. Cette année, j’ai vécu beaucoup de stress et quand j’ai recommencé à faire du ski, tout ce stress a diminué et m’a fait beaucoup de bien. Ce que je veux dire, c’est que la nature fait beaucoup de bien au mental! Quand on est dans la nature, tout ce qu’on a dans la tête disparaît. Lorsqu’on vit des choses difficiles, la nature peut nous sauver. Bref, le sport est important pour être bien!

Raphaëlle, 6e année

La vie de Salmo 

 

Il y a quelques jours, une incroyable livraison a été apportée à l’école Fréchette. Ce colis était en fait des œufs de saumon placés dans un bocal. Avant de mettre les nouveaux habitants dans l’aquarium, nous avons fait flotter le bocal afin qu’ils puissent s’acclimater à la température de celui-ci. Ainsi, ils n’ont pas subi de choc thermique. Ces petits saumons ou alevins vésiculés ne sont pas ici que pour faire joli. Ils y sont aussi pour nous apprendre leur vie, leur évolution, ce qu’ils consomment ou bien à quel degré doit être l’eau pour leur survie. Nous les garderons jusqu’au stade d’alevin dont la mesure est de 63 cm et moins. Après cette étape de leur vie presque achevée, les petits alevins seront relâchés dans la rivière Saint-Jean par les élèves pour qu’ils deviennent des tacons, puis des saumoneaux, etc.

Estelle Boudreault, 6e année

 

Les plaisirs de l’activité physique avec M. Yan

Monsieur Yan est notre enseignant d’éducation physique. Il est joyeux, aimable, actif et drôle. Il prépare souvent des parcours et nous emmène dehors jusqu’au sommet des montagnes. Quand la pente est abrupte, il nous encourage à continuer de grimper. Nous aimons faire des randonnées en raquettes et nous nous sentons en sécurité avec lui. Il fait souvent des blagues ou des défis originaux. L’autre jour, il nous a demandé de le recouvrir de neige poudreuse. C’était très drôle! Chaque cours avec lui nous procure beaucoup de joie. Ce texte, nous l’avons écrit à son image et en plein air, naturellement!

Les élèves de 2e cycle

 

La visite d’un auteur

Le 18 janvier dernier, l’auteur Keven Girard est venu visiter l’école Du Vallon afin de discuter des processus d’écriture ainsi que de la démarche de création avec les élèves du 1er au 3e cycle. Cet écrivain a publié une quinzaine d’ouvrages pour enfants et adolescents, dont des livres illustrés, des romans d’épouvante et des romans de science-fiction. Ce fût une expérience enrichissante et très appréciée par les élèves.

L’activité en réseau avec le 2e cycle

Les élèves du 2e cycle ont vécu une activité rassembleuse avec d’autres écoles du Bas-Saguenay. Celle-ci était divisée en quatre plateaux. Pour débuter, un atelier d’écriture était vécu avec l’auteur Keven Girard et un second en art (la technique de collage) avec Élisabeth Gravel. Le plein air était également mis de l’avant avec une séance de yoga dans la yourte ainsi qu’une promenade en ski dans les sentiers à proximité. Ce fut une expérience enrichissante et formatrice pour l’ensemble des élèves.

Le mentorat avec l’ensemble de l’école

Comme toujours, le mentorat est au cœur des pratiques pédagogiques de l’école Du Vallon.  Le volet lecture et écriture permettent de consolider plusieurs apprentissages travaillés en classe. C’est une pratique gagnante qui permet d’apprendre autrement.

Le plein air au Bas-Saguenay

Le 30 janvier dernier, les élèves du 2e cycle de 4 écoles du Bas Saguenay, Saint-Félix, St-Gabriel, Fréchette et Du Vallon, ont eu la chance de vivre une journée sous le thème du plein air et de la création. L’école Saint-Félix était l’hôte pour cette première journée collective.

Ce fut l’occasion pour nos jeunes de faire de nouvelles rencontres et de tisser des liens. Au cours de la journée, tous les groupes ont eu la chance de vivre 4 ateliers. Un atelier de yoga à la yourte, animé par Jessica Beaulieu-Lecomte, qui a su s’adapter aux jeunes et les garder actifs.

Ensuite, un atelier d’initiation au ski raquette où les élèves, sous les judicieux conseils de M. Simon Villeneuve et M. Guillaume Houle, enseignants, ont pu expérimenter cette activité dans les sentiers derrière l’école, sous un soleil radieux. Un grand coup de cœur pour plusieurs! Puis, deux autres ateliers se déroulaient dans l’école. Un de création littéraire avec Kevin Girard, auteur jeunesse de la région. Nos jeunes se sont amusés à jouer avec les mots et les sons à la manière des auteurs. C’est sous le thème de l’hiver et de la tempête que plusieurs ont réussi à écrire de courtes compositions avec de belles sonorités. Enfin, Élisabeth Gravelle, artiste multidisciplinaire a permis à nos jeunes de laisser libre cours à leur créativité en leur suggérant comme atelier de créer leur carnet de notes, à leur image, par le collage.

La bonne humeur et la collaboration étaient au rendez-vous tant chez les jeunes que chez les adultes! Nous tenons à souligner la collaboration de plusieurs acteurs ayant contribué au succès de cette journée. Tout d’abord l’Agir, la municipalité de St-Félix et la MRC du Fjord pour son implication financière via le programme initiatives culturelles, l’implication de tous les enseignants stagiaires et TES et enfin nos bénévoles en citoyenneté responsable de la polyvalente des Grandes-Marées. En effet, trois étudiants sont venus nous prêter main forte en accompagnant les jeunes dans les diverses activités et en s’occupant de préparer un bon chocolat chaud à déguster dehors entre deux activités. Quel bonheur!

Une journée permettant les échanges et la collaboration au sein de nos écoles du Bas-Saguenay et de notre communauté. Assurément, il y aura une suite à cette première expérience!

Pascale Tremblay, enseignante école St-Félix 3-4e année

Commentaires des élèves

Ce qui m’a plu dans l’activité c’est le ski oak parce qu’on est en hors-piste. Mon accompagnatrice était ma professeure Mme Pascale. Les écoles qui sont venues faire l’activité sont Du Vallon, Saint-Félix, Saint-Gabriel et Fréchette.

Malik 4e année

L’activité que j’ai le plus aimée c’était le ski raquette parce que l’on était en hors-piste et on pouvait créer des pistes. Les accompagnateurs qui étaient avec nous dans cette activité étaient notre prof d’éducation physique, M. Guillaume et un autre prof M. Simon. Dans mon groupe il y avait deux amies de mon école, les autres étaient des élèves des autres écoles. J’aimerais qu’il y ait plus d’activités comme celles-ci!

Élisabeth 4e année

Des ateliers de cuisine à St-Gabriel

À l’école Saint-Gabriel, tous les jeunes ont la chance de suivre et surtout de participer à des ateliers culinaires accompagnés de notre technicienne en gestion alimentaire, Mme Josée Delisle.

Nous aimerions démontrer l’impact et l’intérêt que suscitent ces ateliers chez les élèves en faisant une mention spéciale à Émile St-Hilaire, élève de 6e année.

Il a fait le transfert de ses connaissances acquises de l’école à la maison en demandant à ses parents de lui acheter le matériel et les ingrédients nécessaires pour refaire l’atelier du 16 janvier dernier, la fabrication de pâtes fraîches.

Je vous laisse sur une photo d’Émile ainsi que sa grand-mère qui a pu goûter ses pâtes, elle était très fière de lui et toute l’équipe de l’école aussi.

Bravo Émile!

Soigner notre bien-être

Crédit photos : Cécile Hauchecorne

Il y a mille manières de comprendre l’expression  » se réapproprier notre santé ». Une des façons de la lire, c’est de se dire que depuis quelques siècles, nous avons collectivement transféré notre compétence à prendre soin de nous et à nous soigner à quelques personnes, qui détiennent les connaissances générales et techniques.

Nous nous sommes peu à peu départi-es des compétences pour lire nos corps, ou poser nos diagnostics, ce qui nous rend intimement dépendants des systèmes de santé publics et privés, qui peuvent être dispendieux pour certains ménages, qui peuvent être surchargés, ou qui peuvent être difficiles à rejoindre. De la même façon, les molécules que nous ingérons pour nous soigner proviennent d’usines pharmaceutiques et plus du jardin. Peu à peu, la médecine conventionnelle s’est imposée comme modèle dominant du soin. On a d’ailleurs l’habitude d’opposer « médecine conventionnelle » et « médecine traditionnelle », sans qu’il soit question ici d’établir la supériorité d’une technique par rapport à l’autre.

La médecine moderne a permis un allongement significatif de l’espérance de vie et le recul de nombreuses maladies mortelles, principalement en Occident. C’est la médecine à laquelle nous avons affaire en Amérique du Nord, et c’est également celle à qui on accorde du crédit. De l’autre côté de cette fausse frontière, nous avons les médecines dites « alternatives » (et elles sont « alternatives » parce qu’elle ne sont pas « conventionnelles« ), expression qui rassemble des pratiques aussi nombreuses que variées.

L’objectif ici n’est pas non plus de faire une revue des différentes pratiques de soin, alternatives et conventionnelles, ni d’en évaluer l’efficacité en fonction de la façon ou par qui elles sont réalisées. Plutôt de comprendre ce que les pratiques « alternatives » de soin peuvent apporter dans le processus de réappropriation collective de notre santé.

Pour Camille Teste, professeure de yoga en France, et autrice de l’essai Politiser le bien-être, il ne fait aucun doute que nous avons besoin de la présence de ces soins alternatifs dans nos vies, particulièrement dans le contexte actuel d’économie globalisée et de crise environnementale.

Nous l’entendons tous∙tes et presque chaque jour : la planète subit un système de production qui génère gaz à effet de serre et pollutions, qui détruit les habitats et les écosystèmes naturels, jusqu’à mettre en danger notre survie et celle du monde tel que nous le connaissons. Nous pouvons ainsi tous∙tes être sujets à l’éco-anxiété, cette angoisse paralysante qui survient quand nous prenons conscience de l’état du monde, de notre participation active à ce système et l’apparente impossibilité d’en sortir. Cette peur existentielle s’accompagne de tous les petits combats ordinaires de la vie : travailler, parfois loin, parfois dans des conditions difficiles ou stressantes, s’occuper de sa famille, de sa carrière, faire l’épicerie en pleine inflation, etc., et elle s’ajoute aux injonctions quotidiennes : sois créatif∙ve, garde la face, sois positif∙ve, sois en forme, sois tonique, musclé∙e, mince, cultivé∙e…

Face à cette surstimulation omniprésente, à cette accélération permanente de la société, nos corps sont fatigués et trop souvent oubliés. Le domaine du « bien-être »* apparaît ainsi comme un outil de lutte. Si nous sommes épuisé∙es, comment avoir le temps et l’énergie de nous interroger sur ce que nous voulons comme société, sur ce que nous voulons produire, et comment nous voulons le faire ? Ralentir, prendre le temps de sentir notre corps, de réapprendre à le lire, de comprendre ce qui nous fait du bien. Se reposer, respirer, se recentrer, pour retrouver notre pouvoir d’action et de l’énergie pour nos relations sociales.

Camille Teste relève aussi des éléments qui peuvent dévier les pratiques de bien-être de leur objectif. Cette mise en perspective, argumentée et sourcée, nous permet de considérer la mesure des enjeux liés à ce domaine, et nous permet de prendre de la distance vis-à-vis de nos propres pratiques et de nos croyances individuelles.

La médecine alternative, c’est un marché. Cela permet de comprendre pourquoi on peut sentir un « effet de mode », pourquoi, dans la plupart des cas, l’accès aux soins alternatifs coûte cher, ou encore pourquoi on peut redouter le charlatanisme. La santé physique, émotionnelle et mentale de la population rapporte, et beaucoup ! Le « bien-être » est le domaine avec la croissance économique la plus importante ces dernières années.

Si la médecine alternative est un marché, cela veut dire que l’on va chercher à nous faire consommer. Comme pour un paquet de gâteaux, le marketing travaille à savoir ce qui nous fera acheter des produits, des programmes ou des pratiques, censés nous apporter équilibre et bonheur. Or, si l’équilibre et le bonheur sont atteignables, nous devenons responsables de notre bonheur individuel, et donc de notre échec à l’être.

Et si nous sommes individuellement responsables, alors nous cherchons à en faire plus, rallongeant ainsi notre to-do-list quotidienne déjà saturée. Ces activités censées nous apporter équilibre et détente peuvent devenir des sources alimentant notre charge mentale.

S’il pouvait bénéficier à tout le monde d’intégrer au quotidien des disciplines relaxantes et du mouvement, les espaces de pratiques ne sont pas exempts de rapports de domination excluant les personnes défavorisées, non-blanches, non-valides, non-jeunes ou non-minces par exemple. Les personnes qui ne rentrent pas dans le moule sont écartées.

Pour Camille Teste, le travail pour une société plus égalitaire et la réappropriation de notre santé doit se faire avec tout le monde, à travers des pratiques qui émancipent, qui nous libèrent et qui nous relient, à nos communautés et à nos territoires. Politiser le bien-être, c’est redonner un nouveau souffle à ces pratiques alternatives, parce qu’elles nous font du bien, nous rendent autonomes et permettent de tisser de nouveaux liens.

 

* expression qui désigne, de la même manière que « médecine alternative », un ensemble de pratiques disparates, qui visent à nous procurer un équilibre mental, physique et émotionnel, en lien ou non avec une recherche spirituelle.

« Le « bien-être » : danger ou solution ? »  Entretien avec Camille Teste

 Politiser le bien-être (2023). Teste, Camille. Editions Binge Audio.

Retour sur le colloque « Villes créatrices de santé » de l’UQAC

Les arbres ont de multiples bienfaits sur la santé (anti-stress, oxygène, purification de l’air, favorise activité physique, etc.). Source : Arbres Canada

L’événement éco-conseil des étudiants au Diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en éco-conseil de l’UQAC s’est tenu le 26 janvier dernier sous le thème « Villes créatrices de santé ». Cette journée, ponctuée de conférences, d’ateliers et de périodes d’échanges, offrait l’occasion de réfléchir à la question suivante : Comment une ville périphérique peut aménager son espace pour faire face à la question climatique afin de promouvoir une santé collective ?  Le colloque tombait à pic avec la thématique de ce numéro du Trait d’Union !

Dans le cadre de son plan d’action, En Mouvement Saguenay-Lac-Saint-Jean – Table intersectorielle régionale sur les saines habitudes de vie (TIR-SHV), cherche à renforcer l’engagement et la mobilisation du milieu municipal pour la création d’environnements favorables à la qualité de vie. C’est pourquoi ils ont offert 20 places gratuites aux acteurs municipaux (élu·es, employé·es municipaux) de la région pour l’inscription au colloque. La municipalité de Petit-Saguenay a saisi l’opportunité pour m’envoyer, en tant que directrice de développement, participer au colloque. J’étais accompagnée de Gabrielle Desrosiers de l’AGIR. Cet article est l’occasion de résumer ce que nous avons entendu au colloque et qui pourrait servir la santé collective de l’ensemble des communautés du Bas-Saguenay.

La journée du 26 janvier fut riche en apprentissages. Les conférenciers se sont succédé les uns aux autres pour discuter de santé, d’urbanisme, d’aménagement du territoire, de changements climatiques et même de médias. Parmi eux, il y avait : Johanne Elsener, présidente à Santé Urbanité ; Jérôme Martinez, coordinateur professionnel de l’équipe du Centre de référence sur l’environnement bâti et la santé (CREBS) à Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) ; Louis Mazerolle, urbaniste à la firme Atelier Urbain ; Martin Lavallière, professeur et chercheur en kinésiologie à l’UQAC ; Émilie Lapointe, chargée de projet en agriculture urbaine et verdissement urbain à Eurêko ; des conseillers du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) et de l’INSPQ.

Le colloque était axé sur les centres urbains, comme Ville Saguenay, mais de nombreuses idées ou savoirs peuvent tout de même s’appliquer ou se transposer à nos milieux ruraux. En premier lieu, selon une étude de l’institut canadien pour les recherches avancées, les soins de santé sont responsables à 25% de la santé d’un individu. L’environnement physique (cadre de vie, pollution, etc.) y est à 10%, l’environnement social et économique (salaire, habitation, activités, etc.) à 50% et la biologie et la génétique à 15%. Ainsi, les municipalités ont un rôle à jouer dans la santé collective au travers des aménagements, de l’urbanisme, des activités économiques, des loisirs et des sports qui font partie des environnements physique, social et économique mentionnés par cette étude.

Source : Canadian Institute for Advanced Research, 2002.

En outre, l’organisation mondiale de la santé (OMS) considère les changements climatiques comme la plus grande menace du 21e siècle pour l’humanité, mais la lutte aux changements climatiques serait aussi la plus grande opportunité d’amélioration de l’état de santé de la population mondiale. La menace se traduit par des vagues de chaleur, des inondations, l’apparition de nouvelles espèces de faune et de flore porteuses de maladies, les feux de forêt, ou encore la pollution de l’air. L’opportunité, d’un point de vue municipal, peut se traduire par un sentiment d’urgence déployant des moyens par le gouvernement en faveur de solutions porteuses pour nos petites collectivités rurales.

Tout au long du colloque, les conférenciers nommaient des pistes de solutions pour qu’une municipalité améliore sa santé collective. Nous pouvons nommer la modernisation des vieux poêles à bois pour limiter l’émission de particules fines, le verdissement et les canopées urbaines dans les centres villageois, les jardins pluviaux, l’accès public à des plans d’eau, la mobilité active et les transports collectifs, les unités d’habitation accessoires pour loger des aînés et favoriser la densification, le principe du design urbain universel (parasols, bancs assis/debout, toilettes publiques, déneigement des trottoirs, passages piétons, etc.) et la sécurité des déplacements, ainsi que les lieux de rencontre et d’échange nécessaires à la santé mentale. D’ailleurs la nouvelle Politique nationale de l’architecture et de l’aménagement du territoire (PNAAT) propose de nombreuses actions en ce sens. Des financements seront ouverts au cours des prochaines années pour nos milieux.

Finalement, le colloque se terminait avec une présentation d’Olivier Niquet, que vous avez sûrement déjà entendu comme animateur à Radio Canada. Ayant fait des études en urbanisme, son sujet était : Le traitement médiatique des enjeux d’aménagement urbain est-il bon pour la santé ? Il constate que les médias ont tendance à utiliser la majorité silencieuse. Ils mettent en valeur les « coups de gueule » de citoyens mécontents, contre des pistes cyclables par exemple, pour faire de l’audimat. Ainsi, dans son discours, Olivier Niquet valorise les médias donnant la parole à tous et toutes et favorisant les initiatives bonnes pour la santé… En bref, continuez de lire le Trait-d’Union !

Le comité rassembleur

Un nouveau comité a pris naissance à l’automne dernier dans la municipalité de Rivière-Éternité. Ce comité est une initiative de la municipalité, du réseau des Éclaireurs et de l’organisation communautaire du CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La mission de ce comité est de tenir différentes activités suite aux sinistres vécus au cours des derniers mois et dont la population est restée très touchée et ébranlée. Différentes interventions sont donc ainsi proposées afin de trouver de nouvelles opportunités et aller de l’avant. Ce sont des activités de bienveillance qui sont organisées et ciblent les différentes classes sociales, car chacun a vécu les événements différemment.

Le comité rassembleur

Ce comité est composé de quatre ressources du CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean : Myriam Laberge, organisatrice communautaire, Pier-Michaël Guimond, agent de liaison en santé publique, Mélanie Pilote, intervenante psychosociale et Emmanuelle Arth, agente de planification, de programmation et de recherche pour la Santé publique. Sonia Simard, adjointe à la direction de la municipalité de Rivière-Éternité, Stéphane Monast, agent loisirs et communautaire, Caroline Simard, intervenante ITMAV Bas-Saguenay, Isabelle Gagnon, du comité des familles, Marie-Chantale Bergeron, enseignante à l’école Marie-Médiatrice et Véronique Vandal du Parc national du Fjord-du-Saguenay se joignent également à ce comité dynamique.

Une première activité en novembre.

Les résidents de Rivière-Éternité étaient invités à décorer une boule de Noël en y inscrivant un vœu pour la communauté. Une cinquantaine de personnes se sont rencontrées afin de confectionner leurs boules dans une ambiance féérique de novembre. D’autres ont préféré décorer leur ornement dans le confort de leur maison ou dans d’autres contextes. Le 3 décembre dernier, la population fût invitée dans le Parc des Artistes où un arbre de Noël géant était illuminé. Les Éternitois étaient invités à installer leurs ornements dans le sapin, s’en est suivi des chants de Noël, un feu de joie accompagnés de nombreux et réconfortants échanges.

Une grande partie de la population et des employés de la SÉPAQ s’étaient réunis pour partager ce moment précieux. Ce rassemblement a permis de signifier toute la force et la résilience des familles au terme des événements tragiques de juillet dernier. Cette activité fut émouvante, ce qui a fait du bien et nous rappelle toute la force et la fragilité de la vie.

D’autres activités dans ce même sens auront lieu dans les prochains mois. Une marche commémorative, une œuvre collective, des rassemblements et des échanges, des activités artistiques sont également en tête de liste afin de continuer cette belle démarche. Le tout se terminera le 1er juillet 2024, au 1er anniversaire de la tragédie ayant entrainé la mort de deux visiteurs du Parc, une activité commémorative aura lieu pour clore cette année de catastrophes. À ce moment, le comité aura atteint ses objectifs d’accompagnement et pourra évaluer s’il a lieu de continuer.

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